Taux d’intérêt : Trump veut (encore) dicter sa conduite à la Fed
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Le président américain veut que la Fed baisse ses taux au plus vite pour accompagner la hausse des droits de douane qu'il a décidée.
Kevin Lamarque
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Le président américain veut que la Fed baisse ses taux au plus vite pour accompagner la hausse des droits de douane qu'il a décidée.
Kevin Lamarque
Donald Trump n'a pas renoncé à son bras de fer avec la Banque centrale américaine (Fed). Sur son réseau Truth Social, le président des États-Unis a jugé, ce mercredi, que « les taux doivent baisser, c'est quelque chose qui doit se faire main dans la main avec les droits de douane à venir ! ».
De quoi mettre la pression sur le président de la Fed, Jerome Powell qui a estimé, mardi, lors de son audition semestrielle devant une commission du Sénat, qu'il ne voyait « pas d'urgence » à baisser les taux d'intérêt de l'institution dans l'immédiat.
Si Jerome Powell n'est en rien pressé, c'est qu'il a pu constater que l'inflation restait encore « quelque peu élevée » aux États-Unis, au-delà de la cible de 2 % à moyen terme que prévoit le mandat de la Fed.
Pire, selon l'indice CPI publié ce mercredi, les prix ont même accéléré en janvier dans le pays pour le quatrième mois d'affilée, s'inscrivant à +3 % sur un an. Et ce, alors que les analystes s'attendaient plutôt à un ralentissement, autour de +2,8 %, en janvier.
Dans le détail, sur un mois, les prix ayant le plus augmenté sont ceux des assurances automobile, des véhicules d'occasion, des loisirs, des soins médicaux, des billets d'avion ou encore des frais de communication.
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Autant d'éléments qui confortent la Fed dans l'idée de faire une pause dans la baisse des taux d'intérêt. Car après une diminution d'un point de pourcentage de ses taux lors de ses trois dernières réunions de 2024, la Fed a choisi fin janvier de marquer un arrêt, préférant s'assurer de l'évolution de l'inflation malgré la bonne tenue de l'économie américaine avec 2,8 % de croissance en 2024 et un taux de chômage autour de 4 %.
Pour la Banque centrale, les perspectives de l'économie américaine pour 2025 sont rendues complexes par la politique de Donald Trump. Un des responsables de l'institution a même estimé qu'elles étaient « hautement incertaines, en particulier en matière de politiques fiscale, commerciale, migratoire et réglementaire ».
Et parmi les éléments perturbateurs, les droits de douane mis en place par l'administration Trump arrivent en haut de la pile. Début février, le président américain a annoncé, puis suspendu pour un mois, 25 % de droits de douane sur les produits mexicains et canadiens, ainsi que 10 % de droits de douane, en plus de ceux déjà existants, sur les produits chinois, qui ont, eux, été maintenus. Lundi, il a aussi signé un décret imposant à compter du 12 mars 25 % de taxes sur l'acier et l'aluminium entrant aux États-Unis.
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Selon l'agence de notation Fitch, ces droits de douane, et le climat d'incertitude qu'ils créent, devraient peser sur l'économie américaine cette année, avec un effet tant sur les dépenses des consommateurs, principal moteur de la croissance aux États-Unis, que sur les investissements, qui viennent nourrir la croissance à venir.
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