Dividendes : les entreprises du CAC 40 plus généreuses que jamais avec leurs actionnaires

Maxime Heuze

Le résultat cumulé des sociétés du CAC 40 a diminué de 12,4 % entre 2023 et 2024.
Benoit Tessier

Maxime Heuze

Le résultat cumulé des sociétés du CAC 40 a diminué de 12,4 % entre 2023 et 2024.
Benoit Tessier
Les entreprises françaises se montrent généreuses envers leurs actionnaires. Alors que le résultat cumulé des sociétés du CAC 40 a diminué de 12,4 % entre 2023 et 2024, selon le dernier baromètre EY, ces dernières ont maintenu leurs dividendes. 73 milliards d'euros ont ainsi été versés aux investisseurs en 2024, autant qu'en 2023.
Moins de revenus, mais autant de dividendes, une stratégie qui a fait s'envoler le taux de distribution des entreprises tricolores à un niveau jamais atteint. Il est passé de 49 % en 2023 à 54 %. Autrement dit, les entreprises françaises ont versé plus de la moitié de leur bénéfice net à leurs actionnaires l'année dernière.
Ces choix semblent peu stratégiques puisqu'ils diminuent les réserves des entreprises et donc leurs capacités à investir. Mais « les dividendes permettent d'attirer des actionnaires épargnants qui seront là pour du long terme et pas juste pour spéculer », explique à La Tribune, Christopher Dembik, économiste chez Pictet asset management. Une stratégie de diversification qui doit en principe réduire la volatilité des cours des sociétés lors des crises.
Cette politique pro dividende est surtout l'apanage des entreprises matures, et sans fortes perspectives de croissance des bénéfices, qui se concentrent dans certains secteurs comme l'énergie, la banque ou les services aux collectivités. Or, après le luxe, ces secteurs sont les plus importants du CAC40. La récente hausse du taux de distribution est d'ailleurs surtout liée « aux banques qui ont versé plus de dividendes l'année passée » grâce à leurs bons résultats, pointe Nicolas Klapisz, associé chez EY et auteur du rapport.
Ne pouvant pas promettre de croissance aussi forte que des valeurs technologiques ou du luxe, les sociétés matures utilisent l'argument d'un dividende autour de 4 % pour séduire leurs investisseurs. Elles sont ainsi appréciées en tant que valeurs de rendement. L'indice parisien compte au moins 15 entreprises considérées comme des valeurs de rendement. Une concentration expliquant la croissance de la redistribution ces dernières années.
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En comparaison, Goldman Sachs s'attend à ce que le taux de redistribution du S&P500 américain s'affiche à 30 % cette année. Les sociétés américaines redonnent donc une bien moindre part de leurs bénéfices à leurs actionnaires. « Mais elles passent davantage par des rachats d'actions. C'est donc une stratégie différente mais qui amène au même résultat de contenter les actionnaires », note Christopher Dembik.
Maxime Heuze