Démontrer la capacité de l'hydrogène à décarboner les activités spatiales et terrestres, tel est l'objectif du programme Hyguane, présidé par l'Agence spatiale européenne. Le ravitaillement de son premier camion à hydrogène à Lyon (Rhône), qui rejoindra ensuite la Guyane, confirme l'avancée du projet qui doit entrer dans sa phase opérationnelle en juin 2027.Alors que l'hydrogène vert peine à trouver sa voie dans la décarbonation industrielle et les mobilités terrestres en France métropolitaine, la molécule trace sa route en Guyane. Dès 2027, cette énergie décarbonnée pourrait remplacer 10 à 20% de l'hydrogène gris, aujourd'hui utilisé par le centre spatial guyannais (CSG) pour les lanceurs d'Ariane 6.
C'est en tout cas l'ambition portée par le programme Hyguane. Mené par un consortium d'acteurs (Air Liquide, MT-Aerospace, Be.blue, le CNES, l'ESA ainsi que les université de Guyane et de Liège) - et présidé par l'Agence Spatiale Européenne (ESA), celui-ci ambitionne de démontrer la capacité de la molécule à décarboner des usages spatiaux et territoriaux.
Si son lancement opérationnel est prévu dans un an, un jalon symbolique a été franchi le 24 juin dernier avec l'avitaillement du premier camion à hydrogène commandé par l'ESA, à l'Aéroport Lyon Saint-Exupéry. Une démonstration qui témoigne aussi de « l'existence d'un véritable écosystème et d'une filière industrielle hydrogène, qui aujourd’hui fait ses premiers pas et montre que cela fonctionne », met en avant Antoine Madoui, cofondateur de la holding Nerius Invest, partie prenante du projet.
Photovoltaïque et hydrogène vert
Contrairement à l'hydrogène actuellement utilisé par le centre spatial guyannais (CSG), et produit à partir de méthanol issu de gaz nature par Liquide Spatial Guyane (filiale d'Air Liquide), la molécule verte sera produite par électrolyse de l'eau grâce à un électrolyseur de 1,2 MW, qui alimenté par un parc photovoltaïque de 5MWc, raccordé et exploité par le Centre national d'études spatiales (CNES).