C'était une mesure dont la concrétisation était vivement attendue. Depuis ce mercredi 1ᵉʳ juillet, l'Union européenne contrôle ardemment les importations d'acier sur son sol grâce à un nouveau règlement approuvé ces dernières semaines par Bruxelles. Dans les faits, l'Union européenne a réduit de 47 % globalement le volume d'importations d'acier autorisées sur son sol sans application de droits de douanes et l'institution a relevé à 50 % ces pénalités financières pour les importations dépassant les quotas décidés.
C'est ce nouveau règlement qui a – en grande partie – permis l'investissement majeur de 1,3 milliard d'euros d'ArcelorMittal dans un premier four électrique sur son usine de Dunkerque. Et pour cause, la sidérurgie européenne tourne au ralenti ces dernières années et plusieurs sites sur le continent ont été fragilisés. La faute aux surcapacités de production mondiales, qui tirent les prix vers le bas, en partie liées à la pression de l'acier chinois. Une nouvelle étude de l'OCDE, dévoilée il y a quelques jours, dresse un constat alarmant de la situation.
« Les perspectives de l’acier de l’OCDE 2026 prévoient que les surcapacités sidérurgiques mondiales atteindront 745 millions de tonnes en 2028, soit 319 Mt de plus que la production d’acier actuelle des pays de l’OCDE. D’après ces projections, les augmentations de capacité de production d’acier atteindront 139 Mt d’ici à 2028, ce qui représente une hausse de 5,7 % par rapport aux niveaux de 2025, tandis que la croissance annuelle de la demande devrait rester faible, avoisinant 0,9 % », écrit-elle dans son rapport.