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La mégabanque née du rachat de Credit Suisse par UBS envisage de tailler fortement dans ses effectifs

latribune.fr

Publié le 03 avril 2023 à 09:01 - Mis à jour le 03 avril 2023 à 09:02

Le logo de la banque suisse ubs, a zurich

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Selon l'hebdomadaire SonntagsZeitung, qui cite plusieurs sources internes, les responsables de ce nouveau géant bancaire helvétique envisagent de supprimer 20 à 30% des emplois. Au total, entre 25.000 et 36.000 postes dans le monde sont sur la sellette, dont 11.000 maximum rien qu'en Suisse. L'objectif est d'éviter les doublons - UBS et Credit Suisse ayant des profils similaires - avant leur rapprochement, résultant des déboires du second.

Le rachat de Credit Suisse par sa compatriote UBS pourrait avoir des conséquences sociales très lourdes. Selon les informations de l'hebdomadaire SonntagsZeitung, citant des sources internes anonymes, la mégabanque issue de l'opération se traduirait par une suppression de 20 à 30% des emplois. Les responsables de cette nouvelle entité envisageraient en effet la disparition de 25.000 à 36.000 postes dans le monde.

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Rien qu'en Suisse, jusqu'à 11.000 postes seraient concernés, croit savoir l'hebdomadaire. Le journal ne précise toutefois pas la période sur laquelle ces suppressions d'emplois sont prévues, ni les activités les plus touchées au sein des deux géants bancaires.

Des chiffres bien supérieurs à ceux prévus initialement

Les risques de doublons sont considérés comme importants. Les profils d'UBS et de Credit Suisse sont en effet perçus comme très similaires. Active comme UBS dans la gestion de fortune et la banque d'affaires, Credit Suisse s'appuie sur l'activité locale, qui propose notamment des hypothèques et des crédits aux PME.

En Suisse, sa banque de détail compte 95 agences, contre environ 200 chez UBS. Credit suisse y emploie environ 17.000 personnes. Selon l'édition dominicale du tabloïd Blick, la marque Credit Suisse devrait exister encore trois ou quatre ans avant de disparaître.

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Avant le rachat, UBS employait un peu plus de 72.000 personnes, contre plus de 50.000 chez Credit Suisse. Ces chiffres de suppressions de postes, s'ils se confirment, se révèlent bien plus importants que ceux initialement prévus par Credit Suisse dans le cadre de son plan de restructuration (9.000 postes supprimés d'ici 2025) avant que les autorités helvétiques ne poussent UBS à racheter, dans l'urgence, sa rivale menacée d'effondrement, le 19 mars dernier.

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Une enquête ouverte par le parquet fédéral

Les informations dévoilées par la presse interviennent alors que les actionnaires de Credit Suisse doivent se retrouver mardi à Zurich pour l'Assemblée générale de la banque. Ceux d'UBS ont rendez-vous le lendemain également à Zurich. La fusion des deux géants helvétiques se fait sans l'aval de leurs actionnaires respectifs. De fait, les autorités suisses ont levé l'obligation de les consulter au nom de l'intérêt supérieur de la place financière suisse.

Dimanche soir, le parquet fédéral suisse a confirmé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances qui ont mené au rachat. Le ministère public a souligné, dans un courriel adressé à l'AFP, qu'il voulait ainsi s'assurer que la place financière suisse reste « propre ». Il y indique vouloir se pencher sur les informations très précises parues dans la presse internationale pendant les négociations, censées être secrètes.

« Identifier toute infraction pénale »

Il dit avoir « émis des ordres d'enquête » après avoir procédé « à un état des lieux de la situation avec l'ensemble des services internes concernés » et avoir « pris des contacts avec les autorités nationales et cantonales ».

«Le ministère public de la Confédération souhaite s'acquitter de manière proactive de son mandat et de sa responsabilité de contribuer à une place financière suisse propre», précise encore le courriel.

Le secteur bancaire et la finance en général pèsent lourd dans le PIB du pays et emploient des dizaines de milliers de personnes. Le parquet explique qu'il veut « avoir une vue d'ensemble des nombreux aspects des événements relatifs au Credit Suisse - notamment ceux relatés dans les médias - et sécuriser et évaluer les informations disponibles ».

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« Il s'agit d'analyser et d'identifier toute infraction pénale qui pourrait relever de la compétence » du parquet, selon le courriel. « Dans ce cadre, différentes instances internes et externes ont été mandatées ou contactées dans le but d'éclaircir et de rassembler des informations », précisent encore les services du procureur général, Stefan Blättler.

Credit Suisse racheté pour une bouchée de pain

Lors du week-end des 18 et 19 mars, UBS, numéro un bancaire en Suisse, s'est vu pressuré par les autorités de régulation suisses et le gouvernement fédéral pour reprendre coûte que coûte Credit Suisse, sa rivale de toujours. Le soutien verbal de la Banque centrale suisse et son prêt massif de 50 milliards de francs suisses (CHF), alloué le mercredi précédent, n'avaient rien fait pour rassurer les investisseurs.

Considéré comme le maillon faible du secteur bancaire en Europe, affaibli par les scandales, encombré d'un plan de restructuration qui n'avait pas convaincu et plombé par plus de 7 milliards de francs suisses de pertes en 2022, Credit Suisse risquait la faillite après avoir vu le prix de son action dévisser plusieurs jours d'affilée et avoir du mal à accéder sur le marché aux liquidités indispensables pour continuer à mener ses affaires.

Sergio Ermotti chargé de piloter la fusion

Après d'intenses négociations secrètes, mais dont des éléments précis ont fuité dans la presse internationale, UBS a accepté d'acheter Credit Suisse pour 3 milliards : une bouchée de pain. Et avec de solides garanties financières de l'Etat fédéral et de la Banque centrale en cas de découverte de mauvaises surprises dans les livres de comptes, qu'UBS n'avait matériellement pas eu le temps d'examiner en détail.

Ce n'est que le dimanche 19 mars au soir que le gouvernement suisse a finalement brisé son silence, annonçant le rachat qui a donné naissance à un mastodonte bancaire comme la Suisse n'en a jamais connu.

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UBS vient de renommer à sa tête son ancien directeur général Sergio Ermotti pour piloter cette fusion, qui présente des risques massifs. La « priorité numéro une est de stabiliser la situation », selon le groupe.

(Avec AFP)

latribune.fr

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