« La banque d'un monde qui change » - la signature publicitaire de BNP Paribas - veut désormais « construire la banque de demain en accélérant la transformation digitale » : c'est l'un des piliers du nouveau plan stratégique 2017-2020, en partie dévoilé ce mardi, et qui sera présenté en détail le 20 mars prochain. Dans un environnement de taux d'intérêt bas, qui pèse sur les revenus de la première banque de la zone euro et de tout le secteur, ce programme de transformation est intimement lié à la réduction des coûts, que le groupe s'engage à accentuer, comme le réclament les investisseurs, déçus par les résultats annuels robustes, mais jugés sans éclats. Or en 2017 et en 2018, les revenus de la banque de détail seront encore en recul, à cause de l'effet de latence de la baisse des taux.
[Environ 1 milliard d'euros par an seront investis dans le plan de transformation et financés par des économies]
Le patron de la première banque française en termes de bilan n'a pas détaillé ces investissements et la nature de l'accélération. Car il y a un an, il avait indiqué que le groupe dépensait déjà « plus d'un milliard d'euros dans le digital chaque année ». Ces nouveaux investissements, de l'ordre d'un milliard par an, se situeront « principalement dans le digital », la nouvelle expérience client et l'efficacité opérationnelle.
La banque prévoit donc de recourir à l'intelligence artificielle et au machine learning (l'apprentissage automatique). Elle compte aussi créer « un parcours client plus harmonieux, plus rapide, plus efficace » et développer « davantage les interfaces clients digitales » : son objectif est d'atteindre 50% de ventes avec interaction digitale en 2020, contre 17% aujourd'hui dans la division "marchés domestiques" (banque de détail en France, Italie, Belgique, Luxembourg, Arval, Leasing, etc). Il y aura, sans surprise, encore des fermetures d'agences (236 en France depuis 2012 sur un réseau de 1.964) mais au rythme des départs naturels, afin « d'éviter les plans brutaux ou désordonnés » a insisté Jean-Laurent Bonnafé. Pas d'annonce fracassante à la ING, dont le plan drastique pour devenir le « Spotify de la banque » passe par plusieurs milliers de suppressions d'emplois et 600 fermetures d'agences en Belgique.
[Quelques uns des axes dévoilés mardi par BNP Paribas]
Si la maison bicentenaire de la rue d'Antin n'apparaît pas la plus convaincue du secteur par le potentiel de la banque en ligne, elle compte malgré tout accélérer dans ce domaine. « Hello Bank! est un beau succès » a estimé Philippe Bordenave, le directeur général délégué : cette offre digitale lancée par BNP en 2013, qui n'est pas tout à fait une banque en ligne comme Boursorama, société autonome et filiale de Société Générale, revendique 2,5 millions de clients en Europe, dont 1,5 million en Allemagne (où DAB a été fusionnée avec Consors) et 284.000 en France.
En 2016, 10% des revenus des particuliers sur les cinq marchés « domestiques » (Allemagne comprise) ont été générés par Hello Bank!, soit « plusieurs centaines de millions d'euros » a indiqué le DGA.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

[Hello Bank! by BNP Paribas est l'offre 100% digitale de la banque de la rue d'Antin. Elle pourrait être déclinée sous d'autres marques]
Le groupe bancaire, premier de la zone euro, a d'ailleurs l'ambition de « développer des banques digitales » à partir de ses activités de crédit à la consommation, en capitalisant sur sa large base de clients, en lançant notamment « Hello Bank by Cetelem ». Au risque de s'auto-concurrencer un peu.
À lire également
L'objectif affiché est de « construire une banque un peu plus digitale et plus efficace » : l'exemple donné est celui du plafond des cartes bancaires, qui serait une forte cause d'irritation.
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer