Le géant du trading Charles Schwab va racheter son rival TD Ameritrade pour 26 milliards de dollars

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(Crédits : Reuters)
Le courtier en ligne leader aux Etats-Unis a officialisé ce lundi l'acquisition de la filiale de la banque canadienne Toronto Dominion. La guerre des prix et la concurrence des startups de la Fintech sont en train de recomposer le paysage du courtage aux Etats-Unis.

[Article publié le 21/11 et mis à jour  le 25/11 à 13h40]

Wall Street vole de record en record mais les temps sont durs pour les spécialistes du trading. Le leader américain du courtage en ligne Charles Schwab a frappé un énorme coup le mois dernier en annonçant qu'il éliminait tous les frais sur les opérations en actions et sur les fonds indiciels, faisant plonger les titres de ses concurrents TD Ameritrade et E*Trade en Bourse, qui ont dû s'aligner. Une nouvelle vague de la guerre des prix qui sévit sur le marché depuis l'essor de la gestion passive (les ETF ou "trackers" qui répliquent les indices) et l'émergence de startups de la Fintech comme Robinhood voulant démocratiser le boursicotage.

Dans ce paysage en pleine recomposition, Charles Schwab a approché son rival TD Ameritrade, en vue de le racheter pour quelque 26 milliards de dollars : l'annonce officielle a été faite ce lundi 25 novembre, confirmant une information publiée jeudi 21 novembre par Fox Business. Si les deux entreprises n'avaient pas fait de commentaires, le marché y a cru tout de suite. L'action TD Ameritrade avait bondi de 18% pour se caler non loin du prix évoqué. Charles Schwab capitalise plus de 61 milliards de dollars.

L'opération se ferait uniquement par échange d'actions. Le premier actionnaire de TD Ameritrade, la banque canadienne Toronto Dominion, et quelques autres, représentant en tout 52% du capital, ont déjà accepté d'apporter leurs titres à l'offre.

Avec cette acquisition, Charles Schwab va quasiment doubler le nombre de comptes de clients, passant de 12 à 24 millions, augmenter de 1.300 milliards ses actifs à 5.000 milliards de dollars et son chiffre d'affaires de 5 milliards à 17 milliards de dollars.

Le rachat de TD Ameritrade, le numéro deux, basé dans le Nebraska, par Charles Schwab, le numéro un, établi à San Francisco, va générer des économies d'échelle, notamment vis-à-vis de ses utilisateurs conseillers en gestion de patrimoine indépendants, dont il deviendrait le premier prestataire en matière de conservation d'actifs. Schwab anticipe des synergies de coûts de 1,8 à  2 milliards de dollars et s'attend à un impact positif de 10% à 15% sur son bénéfice par action trois ans après la finalisation de l'opération, prévue au second semestre 2020.

Le siège du nouvel ensemble fusionné sera installé dans le nouveau campus de Schwab au Texas, à Westlake.

Guerre des prix et baisse des taux

Le mois dernier, TD Ameritrade avait dû s'aligner sur son concurrent et supprimer les frais (4,95 dollars par opération), amputant largement son chiffre d'affaires, composé à 35% de commissions (contre 7% seulement pour Schwab). Et des rumeurs, alimentées par l'annonce du départ en février 2020 du directeur général Tim Hockey, avaient commencé à circuler, plutôt sur un rapprochement avec E*Trade voire sur une sortie de la Bourse par TD Bank.

TD Ameritrade ne lui cherche plus de successeur : le directeur financier Stephen Boyle a été nommé ce jour DG par interim. Il a défendu la logique de cette absorption.

« S'associer à Schwab pour saisir cette opportunité de transformation constitue le bon sens stratégique et financier pour TD Ameritrade. Nous partageons une histoire commune : un parcours depuis 1975 qui a rendu Wall Street plus accessible et des rêves financiers plus réalisables pour des millions d'Américains » a fait valoir Stephen Boyle, qui considère que l'entreprise « associée à une firme respectée comme Schwab » pourra ainsi « faire plus que ce que nous pouvions faire séparément ».

Les acteurs du secteur sont également fragilisés par la baisse des taux d'intérêt : Charles Schwab a généré l'an dernier environ la moitié de ses revenus des intérêts.

Le Pdg de Schwab, Walt Bettinger, a souligné que les deux courtiers partageaient les mêmes valeurs, alliant bas coût, qualité de service et technologie.

« L'une des ambitions de Chuck Schwab [le fondateur, âgé de 82 ans] a toujours été de créer un Schwab fort et indépendant, capable de servir ses clients pendant de nombreuses années » a-t-il déclaré, dans le communiqué. « Nous sommes convaincus que la combinaison de nos deux grandes sociétés nous positionne pour être compétitifs et gagner du terrain dans le secteur des services d'investissement à long terme - à très long terme.  »

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