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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Robinhood, la Fintech américaine qui réinvente le boursicotage

Juliette Raynal

Publié le 24 juillet 2019 à 12:30

Des employés de la Fintech Robinhood basée à Menlo Park, en Californie.

Des employés de la Fintech Robinhood basée à Menlo Park, en Californie.

Robinhood

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Valorisée 7,6 milliards de dollars, la startup californienne vient de lever 323 millions de dollars portant à 862 millions de dollars le montant total des financements récoltés depuis sa création en 2013. Son appli de courtage en ligne, qui permet d'investir dans des actions et des cryptomonnaies sans frais, revendiquait 6 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis fin 2018, dont beaucoup sont des novices en investissement.

Robinhood, la startup californienne qui permet de négocier des actions gratuitement depuis une appli mobile, se rapproche doucement mais sûrement d'un cap symbolique : celui d'une valorisation à 10 milliards de dollars. La Fintech a officialisé, lundi 22 juillet, une nouvelle levée de fonds de 323 millions de dollars la valorisant 7,6 milliards de dollars, contre 5,6 milliards lors de la précédente d'un montant de 363 millions de dollars, en mai 208.

Ce nouveau tour de table a été mené par le fonds du milliardaire russo-israélien Yuri Milner DST Global. Le fonds spécialisé dans les Fintech Ribbit Capital, mais aussi Sequoia, Thrive Capital et New Enterprise Associates participent également à cette augmentation de capital. Depuis sa création en 2013, Robinhood a récolté 862 millions de dollars de financement selon le décompte de Crunchbase et d'après le site The Information, elle pourrait rapidement finaliser un nouveau tour de table encore plus conséquent. Celui-ci la propulserait alors dans le club des "décacornes" (entreprises non cotées en Bourse valorisées plus de 10 milliards de dollars, quand les "licornes" en valent un seul), rejoignant ainsi des sociétés comme Stripe, valorisée 20 milliards de dollars.

Bitcoin, fonds indiciels, options

Accessible uniquement sur smartphone, l'application Robinhood, qui a le statut de courtier, permet d'acheter et de vendre des actions de sociétés cotées aux Etats-Unis sans frais de courtage. Elle cible les jeunes adultes en leur proposant une autre expérience de l'investissement en Bourse, souvent perçu comme complexe et coûteux. Pour les fondateurs de l'entreprise, Baiju Bhatt et Vlad Tenev, passer un ordre doit être aussi simple qu'une autre transaction électronique, comme envoyer un email. Elle compte parmi ses concurrents, les applications Stash et Betterment.

La moyenne d'âge des 6 millions d'utilisateurs revendiqués par la startup fin 2018 est de 32 ans et un certain nombre d'entre eux sont des novices et investissent ainsi pour la première fois en Bourse. Les adeptes de Robinhood ont également la possibilité d'investir dans des fonds indiciels, ou dans des produits plus risqués comme les options et les cryptomonnaies, notamment le bitcoin et l'ether. Aujourd'hui, la plateforme Robinhood Crypto permet d'investir dans sept cryptomonnaies différentes depuis 39 Etats américains.

La Fintech entend utiliser les fonds levés pour développer de nouveaux services financiers et une centaine de postes est actuellement à pourvoir sur LinkedIn. Toutefois son hypercroissance lui a joué des tours.

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Un "Robin des Bois" aux pratiques controversées

En décembre dernier, la société a annoncé le lancement imminent de comptes chèque et de comptes épargne présentant des taux de rémunération attractifs, dont les dépôts des clients seraient assurés par la Securities investor protection corporation (le fonds de protection des investisseurs) à hauteur de 250 000 dollars. Mais, au lendemain de cette annonce, le directeur général du SIPC a informé la presse que les comptes de Robinhood n'étaient pas assurés. En réponse, la Fintech a suspendu le lancement de cette nouvelle offre.

Pis, la Fintech, au nom lourd de sens et qui dit s'être construite au lendemain de la crise financière en opposition aux pratiques opaques de Wall Street, aurait justement bâti son modèle d'affaires sur ces dernières. Selon les informations de Bloomberg, Robinhood tirerait une large partie de ses revenus (plus de 40%) de firmes de trading à haute fréquence.

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L'agence a révélé que la startup avait recours à une pratique controversée, mais courante chez les courtiers en ligne, que l'on appelle "Payment for order flow". Concrètement, la rémunération qu'un courtier reçoit ne vient pas de son client, mais d'une entreprise tierce qui souhaite influencer la manière dont le courtier achemine les ordres des clients. Cela signifie que les ordres des utilisateurs ne transitent pas sur une bourse publique, comme le New York Stock Exchange (NYSE) par exemple, mais via des "market makers", des opérateurs intermédiaires en charge d'assurer la liquidité des titres. Cette méthode peu transparente est régulièrement critiquée par les régulateurs et les défenseurs des consommateurs, qui y voient des risques de conflits d'intérêt au détriment des investisseurs particuliers. Sur son blog, Robinhood a reconnu avoir recours à cette méthode invoquant "une meilleure qualité d'exécution" des ordres. La Fintech n'a toutefois pas révélé le montant exact des revenus qu'elle tirait de cette pratique.

Juliette Raynal

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