Les profits avant les clients: un rapport d'enquête accable les banques australiennes

Australie
Reuters

Australie
Reuters
Corruption, fraude, frais excessifs, tromperie... Les banques australiennes ont, elles aussi, beaucoup de choses à se reprocher. La Commission royale d'enquête sur les services financiers a rendu public ce vendredi 28 septembre un rapport intermédiaire en trois volumes dans lequel elle accable le secteur financier australien qu'elle qualifie de « cupide », peu regardant sur les manquements, au point de flirter bien souvent avec l'illégalité.
Dans ce volumineux rapport de près de 1.000 pages, cette commission ad hoc, mise en place en décembre dernier par le gouvernement australien, fait état de cas alarmants de pratiques abusives des banques australiennes, tels que ces prélèvements de frais à des clients morts depuis dix ans ou encore des employés acceptant des enveloppes en liquide pour octroyer des prêts douteux. La commission vise particulièrement les quatre grandes banques australiennes : Commonwealth Bank of Australia, Westpac Banking, Australia and New Zealand Banking Group, National Australia Bank, qui font partie des institutions financières réalisant les bénéfices les plus importants au monde.
Ayant longtemps eu la réputation d'être parmi les plus sûres au monde aux yeux des investisseurs, les banques australiennes ont vu leur image écornée d'année en année.
Les quatre grandes banques visées ont fait l'objet d'un examen minutieux lors d'auditions organisées cette année et seront interrogées sur ce rapport par une commission parlementaire dans le courant du mois d'octobre.
Les écarts de conduite ont été nombreux chez celles qu'on appelle les « Big Four ». à l'image de l'affaire des enveloppes de liquide à la National Australia Bank. En juin dernier, Reuters avait également fait savoir que la plus grande banque d'Australie, Commonwealth avait accepté de payer 700 millions de dollars australiens (environ 430 millions d'euros) pour mettre fin à des poursuites pour infractions aux législations sur le blanchiment et le financement du terrorisme, alors qu'en mai, elle reconnaissait avoir eu un comportement « inadmissible » dans une affaire de manipulations de taux interbancaires en 2012.
Dans un communiqué, la Commonwealth Bank of Australia a assuré qu'elle fournirait des réponses concernant les accusations contenues dans le rapport.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Aucune recommandation n'a été formulée par les enquêteurs pour corriger le tir, mais le rapport final de la Commission d'enquête royale, qui accuse les régulateurs d'avoir fermé les yeux face aux manquements des banques, pourrait mener à des réformes réglementaires majeures pour les banques et les assureurs.
Le ministre du Trésor Josh Frydenberg a déclaré que ce rapport montre que « les banques et autres institutions financières ont placé les profits avant les gens. » Il a estimé que « le régulateur a trop souvent cherché une issue négociée plutôt que passer à l'étape d'après, poursuivre en justice.»
Le gendarme financier, la Commission australienne des valeurs mobilières et des investissements (ASIC), a assuré qu'il s'efforcerait de mettre en place un système de sanction plus sévère.
À lire également
La Commission d'enquête royale doit rendre son rapport définitif en février prochain. A la Bourse de Sydney, les valeurs bancaires ont plutôt bien réagi, l'absence d'annonce de mesures ayant rassuré les investisseurs.
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie