Lyf Pay cherche à devenir une appli tout-en-un pour être incontournable

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Les clients de 12 magasins parisiens Bio c' Bon peuvent scanner les produits en rayons avec leur smartphone, payer depuis leur mobile et sortir du magasin sans passer par la caisse.
Les clients de 12 magasins parisiens Bio c' Bon peuvent scanner les produits en rayons avec leur smartphone, payer depuis leur mobile et sortir du magasin sans passer par la caisse. (Crédits : Juliette Raynal)
L'application de paiement mobile Lyf Pay déploie une fonctionnalité d'encaissement mobile dans 12 magasins parisiens de l'enseigne Bio c' Bon. Elle espère étendre ce service de "scan & go" dans une dizaine d'enseignes au cours des prochains mois et planche sur d'autres cas d'usage. Objectif : enrichir le plus possible son application, qui a été téléchargée 2,5 millions de fois, pour doper son utilisation.

Les clients de douze magasins parisiens Bio c' Bon peuvent désormais zapper la case "passage en caisse". Après une année de tests auprès d'un millier de personnes, l'enseigne de produits bio a officialisé, ce mardi 3 décembre, le déploiement d'un service d'encaissement mobile permettant aux clients de scanner les produits en rayons avec leur propre smartphone et de procéder au paiement depuis leur mobile avant de quitter le magasin, en évitant ainsi les files d'attente en caisse.

Contrairement à Monoprix, qui a concocté une application maison, baptisée Monop' Easy, Bio c' Bon n'a pas développé sa propre appli mais s'appuie sur l'application de paiement mobile et de fidélisation Lyf Pay. Issue de la fusion des applications Fivory et Wa!, cette co-entreprise est détenue par BNP Paribas et Crédit Mutuel (Alliance Fédérale, ex-CM11-CIC), à 44% du capital chacun, aux côtés d'Auchan et Casino.

Pour étoffer son offre de services, Lyf Pay, qui emploie 160 personnes, a fait l'acquisition, en juin dernier, de la startup Neos, justement à l'origine d'une solution de scan de produits et d'encaissement mobile. "Neos avait déjà déployé sa solution dans les magasins Bio c' Bon. Au cours des derniers mois, nous avons migré sa technologie et les informations de l'enseigne dans notre application", précise Christophe Dolique, CEO de Lyf Pay.

Déploiement dans une dizaine d'enseignes

Le service dit de "scan & go" est proposé gratuitement aux clients des magasins Bio c' Bon dans une logique de fidélisation. Il est aujourd'hui limité à 15 articles par panier, mais couvre tous les produits du magasin, y compris ceux en vrac et les fruits et légumes (le client doit indiquer les fruits dont il s'agit, puis les peser sur une balance en libre service pour renseigner le poids dans l'application).

"Nous prévoyons d'étendre ce service à nos 130 magasins français au cours de l'année 2020", indique Frank Chastanet, directeur commercial de Bio c' Bon.

Lyf Pay, qui n'est pas encore rentable, se rémunère en prélevant une commission à chaque utilisation de la fonctionnalité. Elle espère déployer ce service dans une dizaine d'enseignes au cours des prochains mois, dont Sephora et La Grande Epicerie (groupe LVMH) où était déjà présente l'application Neos. Le service d'encaissement mobile pourra aussi être déployé auprès des enseignes de ses actionnaires Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival, etc.) et Auchan, même si certaines disposent déjà de leur propre application d'encaissement, comme Monop'Easy pour Monoprix et Casino Max pour Casino.

2,5 millions de téléchargements mais quid de l'utilisation ?

L'appli de paiement planche également sur un service permettant de partager et payer l'addition d'un repas au restaurant avec ses amis directement depuis son smartphone, sans avoir à solliciter un serveur.

"Notre objectif est d'enrichir notre application pour qu'elle soit utilisée le plus souvent possible et qu'elle devienne incontournable. Le paiement mobile est un élément, mais derrière il faut intégrer des expériences", explique Christophe Dolique.

Car si Lyf Pay met en avant ses 2,5 millions de téléchargements, l'entreprise ne communique aucune statistique sur l'usage réel de son application. Or, un détenteur de smartphone installe en moyenne une trentaine d'applications mais n'en n'utilise régulièrement que 8.

Agrégation de services

Lyf Pay propose aujourd'hui de payer en magasin (dans une trentaine d'enseignes), d'intégrer ses cartes de fidélité, de dématérialiser ses tickets de caisse, de créer des cagnottes et de réaliser des paiements entre amis. Cette logique d'agrégation de services qui tend vers l'appli "tout-en-un", très populaire sur le marché chinois avec des applications comme Alipay (Ant Financial) et Wechat (Tencent), vise aussi à accélérer l'adoption des paiements mobiles en France qui peine à décoller face aux paiements par carte. Ces derniers représentent aujourd'hui 53% des volumes de transactions dans l'Hexagone.

"Le paiement mobile simple n'apporte pas une énorme valeur ajoutée par rapport à une bonne expérience d'achat avec une carte bancaire sans contact", avait ainsi rappelé Sophie Heller, directrice en charge de l'innovation et de l'expérience client chez BNP Paribas, lors d'une rencontre avec la presse fin novembre.

Lyf Pay n'est pas la seule appli de paiement mobile en France à adopter cette approche du "tout-en-un". Lydia, qui s'est développée sur le remboursement entre amis, propose désormais une batterie de fonctionnalités allant du paiement en magasin par QR code à la création de comptes partagés. En juin dernier, elle affirmait avoir séduit 2,5 millions d'utilisateurs.

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