Dans un marché du paiement mobile encore confidentiel mais en plein développement en France, Lyf Pay espère s'imposer comme le premier portefeuille électronique des commerçants. Dix-huit mois après son lancement, l'application de paiement mobile, née de la fusion de Fivory (lancé en 2014 par Crédit Mutuel, rejoint par Auchan, Total, Mastercard et Oney) et de Wa ! (soutenu par BNP Paribas et Carrefour), a passé le cap du million de téléchargements. Elle prévoit d'atteindre 1,3 million d'ici à la fin de l'année et 400.000 comptes avec carte bancaire.
Lyf Pay fait valoir qu'elle est la deuxième application de paiement la plus téléchargée en France (sous Android) avec une "part de marché" de 22%, derrière PayPayl (38%) et juste devant Lydia (21%), puis Pumpkin (8%), selon les données du spécialiste de la mesure d'audience App Annie. L'application, qui permet de payer avec un QR code et intègre des programmes de fidélité, a également indiqué qu'elle ambitionnait d'atteindre, d'ici à fin 2021, plus de 3,5 millions de comptes intégrant les données de carte bancaire.
Déjà accepté dans les magasins Carrefour et Auchan, ainsi que Casino depuis avril, Lyf Pay aspire à devenir une solution de paiement mobile générique de la grande distribution. Elle souhaite notamment tirer parti de « l'audience naturelle » et de « l'implantation géographique » de Casino, qui compte 9.000 magasins dans l'Hexagone et une dizaine de millions de clients fidèles, représentant donc 60 millions de transactions chaque mois, a rappelé Julien Lagubeau, directeur général adjoint en charge des opérations du Groupe Casino. Toutefois, les clients utilisent la solution de paiement en passant d'abord par l'application du grand distributeur.
Ce partenariat se double d'une opération capitalistique : le groupe de distribution va prendre une participation de 5% dans Lyf Pay. L'application compte déjà à son capital les banques BNP Paribas et Crédit Mutuel (environ 44% de prise de participation chacune), ainsi que Auchan et Oney (5%). Total et Mastercard se partagent le reste et Carrefour s'est retiré du capital début 2018.
L'adoption de Lyf Pay aurait aussi progressé dans les domaines de l'associatif (étudiant, sportif, etc.), de la vente directe et de l'événementiel. Selon Christophe Dolique, lors du dernier festival d'été de cette année, l'application avait été utilisée par 40% des "payeurs", contre 12% l'année précédente.
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Selon Lyf Pay, la stratégie gagnante serait de miser sur le « tout-en-un ». L'application, qui propose le paiement en magasin et l'achat en ligne, compte ajouter notamment « les services de partage [paiement entre amis, dons, etc.] avant la fin de l'année et les cagnottes fin janvier 2019 », a indiqué Cyril Bourgois. Cette proposition de valeur « tout-en-un » permettrait à Lyf Pay de rivaliser avec les solutions de paiements mobiles américaines et chinoises (Alipay, WeChat Pay), qui dominent le marché mondial, selon Thierry Laborde, directeur général adjoint et responsable des marchés domestiques de BNP Paribas.
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Le paiement mobile est encore confidentiel en France. En octobre dernier, le Groupement Cartes bancaires a évalué à 10 millions le nombre de transactions réalisées depuis un smartphone sur l'ensemble de l'année, soit même pas 0,1% des paiements par carte effectués dans l'Hexagone.
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