Pourquoi les banques cèdent aux sirènes du « cloud »
Juliette Raynal
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L'espace de stockage de votre smartphone est saturé. Impossible de prendre une nouvelle photo, d'ajouter un autre titre à votre bibliothèque de musique ou de télécharger une nouvelle application. Deux options se présentent alors à vous : l'achat d'un nouveau téléphone dont la capacité de stockage est plus importante, ou le recours à un service comme iCloud d'Apple. Dans ce cas, vos photos ne sont plus stockées physiquement dans votre appareil, mais dans les nuages ou plus exactement, et dans cet exemple précis, dans un serveur d'un centre de données de l'entreprise californienne. Ces informations deviennent alors accessibles à la demande et en temps réel via une simple connexion Internet. C'est ce qu'on appelle le cloud computing, ou informatique dans les nuages en bon français.
Cette technologie, que, nous particuliers, utilisons quotidiennement sans même nous en rendre compte, en consultant notre messagerie en ligne, en jouant à des jeux vidéo en réseau ou en visionnant un film en streaming, est également utilisée par les entreprises de tous les secteurs industriels, attirées par une informatique moins onéreuse et plus souple, y compris les banques.
À l'horizon 2022, BNP Paribas, accompagnée d'IBM et de Microsoft, entend basculer 80% de son informatique dans les nuages. Même trajectoire pour la Société Générale, qui prévoit de migrer 80 % de son informatique d'ici à 2020, contre 65% aujourd'hui. Les autres grands établissements tricolores restent, eux, beaucoup plus discrets. Crédit Agricole, le groupe BPCE, La Banque Postale et le Crédit Mutuel n'ont pas répondu à nos sollicitations. « Toutes les banques françaises ont engagé des réflexions sur le cloud », assure cependant Philippe Poirot, directeur de la stratégie et des offres du département industrie financière de Microsoft. « Nous travaillons avec chacune d'entre elles », poursuit-il.
Cette tendance s'observe également en dehors de nos frontières. 97% des banques ont entamé une réflexion sur leur stratégie cloud et 57% d'entre elles ont dépassé le stade de l'expérimentation, selon l'étude Cloud and Clear d'Accenture, menée auprès de 35 banques de détail dans le monde, dont la moitié se situe en Europe.
Juliette Raynal