Wirecard dépose le bilan, Orange Bank pourrait mettre fin à son partenariat avec la fintech munichoise

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Markus Braun, PDG de la fintech munichoise Wirecard, fournisseur indépendant de solutions d'externalisation et de marque blanche pour les transactions de paiement électronique, en avril 2019. L'opérateur télécoms français Orange a fait savoir jeudi matin que sa banque en ligne pourrait mettre fin à son partenariat avec Wirecard en août prochain. Ce partenariat permet aux clients d'Orange Bank d'accéder à des services de paiement mobile via Google Pay et Apple Pay.
Markus Braun, PDG de la fintech munichoise Wirecard, fournisseur indépendant de solutions d'externalisation et de marque blanche pour les transactions de paiement électronique, en avril 2019. L'opérateur télécoms français Orange a fait savoir jeudi matin que sa banque en ligne pourrait mettre fin à son partenariat avec Wirecard en août prochain. Ce partenariat permet aux clients d'Orange Bank d'accéder à des services de paiement mobile via Google Pay et Apple Pay. (Crédits : MICHAEL DALDER)
L'ouverture ce jeudi d'une procédure de dépôt de bilan pour la fintech munichoise laisse les créanciers face à une dette de 3,5 milliards d'euros. À Paris, Orange a fait savoir jeudi matin que sa banque en ligne Orange Bank pourrait mettre fin à son partenariat avec Wirecard en août prochain.

La société allemande de paiements électroniques Wirecard, au centre d'un scandale depuis la découverte d'un trou de 1,9 milliard d'euros dans ses comptes, a annoncé jeudi qu'elle demandait l'ouverture d'une procédure de dépôt de bilan.

Elle laisse ainsi ses créanciers face à une dette de 3,5 milliards d'euros qui ne leur sera pour l'essentiel probablement jamais remboursée, dont 1,75 milliard empruntés à quinze banques et 500 millions auprès d'investisseurs obligataires, a déclaré une source proche des discussions avec les créanciers.

"Cet argent s'est envolé", a déclaré une source proche d'un créancier. "On pourra peut-être récupérer quelques euros dans quelques années, mais on passe la perte dans nos comptes dès maintenant."

La cotation du titre a été provisoirement suspendue à la Bourse de Francfort juste avant cette annonce. À la reprise, son cours a plongé de près de 80%.

Refus des auditeurs de certifier les comptes

Au total, depuis que les auditeurs d'EY (Ernst & Young) ont refusé il y a une semaine de certifier les comptes de l'entreprise pour l'année 2019, 97% de la capitalisation boursière de Wirecard s'est envolée.

Le scandale a conduit à la démission de Markus Braun, président du directoire de l'entreprise depuis 2002, soupçonné par la justice allemande d'avoir gonflé le bilan du groupe afin de le rendre plus attractif aux yeux des investisseurs et des clients. Il a été remis en liberté conditionnelle contre une caution de 5 millions d'euros.

Jan Marsalek, ancien directeur général adjoint, est lui aussi soupçonné. Il serait aux Philippines, où se joue une partie du scandale Wirecard.

Les services du procureur de Munich, qui ont annoncé avoir effectué une perquisition au siège de l'entreprise le 5 juin, se disent prêts à examiner "tous les délits possibles".

Dans un communiqué, Wirecard explique avoir entamé cette procédure de dépôt de bilan devant un tribunal de Munich "en raison d'une insolvabilité imminente et d'un surendettement". La société ajoute étudier l'opportunité de lancer des procédures similaires pour ses filiales.

Un scandale qui rappelle celui d'Enron

"Nous pensions que Wirecard était une entreprise digne de confiance dirigée par des gens qui savaient ce qu'ils faisaient", a commenté une troisième source, comparant l'affaire Wirecard au scandale Enron, géant américain du courtage en énergie emporté à la suite de la découverte en 2001 de fraudes et de manipulations financières.

Le trou de 1,9 milliard d'euros représente un quart du bilan de cette 'Fintech' munichoise, fondée en 1999 et dont la chute survient moins de deux ans après son admission dans le prestigieux indice DAX de la Bourse de Francfort, au sein duquel elle avait remplacé la Commerzbank (CBKG.DE) en septembre 2018.

Wirecard, dont la capitalisation boursière a atteint jusqu'à 28 milliards de dollars, est la première société cotée au DAX à tomber.

Vingt ans après sa création, l'entreprise, concurrente de sociétés comme Ingenico (INGC.PA) ou PayPal , emploie quelque 5.800 salariés dans 26 pays. Elle gère des paiements électroniques pour les consommateurs et pour les entreprises et avait déjà été fragilisée par une série d'accusations de fraude comptable.

Début 2019, le Financial Times avait ainsi publié une série d'articles évoquant de possibles malversations financières et irrégularités comptables de la part d'employés du groupe allemand à Singapour. Le journal économique disait s'appuyer sur une enquête menée par un cabinet juridique sur des accusations formulées par un lanceur d'alerte anonyme.

Orange Bank pourrait mettre fin à son partenariat

À Paris, Orange a fait savoir jeudi matin que sa banque en ligne pourrait mettre fin à son partenariat avec Wirecard en août prochain. Ce partenariat permet aux clients d'Orange Bank d'accéder à des services de paiement mobile via Google Pay et Apple Pay.

"On avait enclenché une réflexion il y a plusieurs mois pour revoir globalement notre politique. Le sujet Wirecard était embarqué, on avait prévu d'en parler à nos clients en août et on ne change rien à ce calendrier", a déclaré Paul de Leusse, le directeur général d'Orange Bank, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2020 à 11:12 :
Polluer par les pop up de la tribune et la validation des cookies : insupportable à chaque page ... je zappe .
a écrit le 26/06/2020 à 22:17 :
La brigade financière allemande n'avait rien vu. LOL
a écrit le 25/06/2020 à 23:31 :
Ernst & Young (EY) a racheté "à la casse" Arthur Andersen après le scandale ENRON et juré qu'on ne les y reprendrai plus (les Commissaires Aux Comptes). 20 ans après, bis repetita placent, ces boîtes font de nouveau autant de conseil que de certification des comptes et se "compromettent" tous les jours. Ceci dit, ce sont tout de même les entreprises et administrations complaisantes qui sont les premières responsables ...
a écrit le 25/06/2020 à 17:34 :
Et la Loi permet même à Orange de porter plainte contre les malversations de wirecard exigeants des dommages et intérêts de la part des fautifs mais solidarité oligarchique oblige jamais ils n'iront chercher ce dédommagement.
Réponse de le 25/06/2020 à 18:09 :
Comment demander des dommages et intérêts à une société insolvable ?
Vous pouvez nous expliquer ?
Réponse de le 25/06/2020 à 18:36 :
Quel est le préjudice pour Orange ?
Je n'en vois pas...
Réponse de le 25/06/2020 à 19:31 :
Quand on s'associe entre multinationales on engage forcément des forces de travail pour gérer cette collaboration, le but étant de faire prospérer les deux protagonistes, des frais ont été engagés obligatoirement dans cette direction or cette affaire met par terre ce projet toute la faute revenant uniquement à wirecard.
Réponse de le 26/06/2020 à 8:17 :
wirecard a deposé le bilan. Quel interet de faire un proces a une entreprise qui ne paiera pas car plus un sou en caisse ?

C est comme si j allais faire un proces en dommage te intert au SDF du coin car il a pissé sur mon portail ... a part faire gagner de l argent a des avocats, ca ne sert a rien, car le SDF est insolvable ...
Réponse de le 26/06/2020 à 8:38 :
"Quel interet de faire un proces a une entreprise qui ne paiera pas car plus un sou en caisse ?"

Les actionnaires eux n'ont pas déposé le bilan et ils ont plein dem illiards dans leurs paradis fiscaux d'une part permettant ainsi de leur mettre leur responsabilité sous leur nez, pour une fois, cela leur rendrait service même s'ils sont incapables de le comprendre.

Mais comme je disais la solidarité oligarchique fera que jamais cette demande de dommage et intérêts ne se fera notre système de castes fonctionnant de la sorte depuis maintenant bien trop longtemps. Notre système économique est bien trop simpliste pour en attendre quoi que ce soit de productif.

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