Conforama : les syndicats s'inquiètent du licenciement du directeur général Frank Deshayes

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Une enseigne Conforama. La direction de l'entreprise a décidé, mardi 9 juillet, de révoquer son directeur général.
Une enseigne Conforama. La direction de l'entreprise a décidé, mardi 9 juillet, de révoquer son directeur général. (Crédits : Reuters)
Le conseil d'administration de Conforama, une semaine après l'annonce d'un vaste plan social, a révoqué mardi 9 juillet, le directeur général du groupe Frank Deshayes, ce qui a "décuplé" les inquiétudes des syndicats, a-t-on appris auprès de représentants de FO et de la CGT.

L'anxiété gagne les syndicats après le licenciement précipité mardi 9 juillet par la direction général de Conforama, de Frank Deshayes, directeur général de l'entreprise spécialisée dans l'ameublement. En cause, le voile qui entoure cette décision s'émeut FO. "Le directeur général Frank Deshayes a été révoqué par le conseil d'administration (CA) ce (mardi) midi. On ne sait pas les raisons", a indiqué Mouloud Hammour de FO, secrétaire du comité central d'entreprise (CCE), confirmant une information du ParisienCette révocation "est un camouflet pour lui et pour nous car c'était l'un des seuls interlocuteurs encore loyaux pour les salariés. Il se démenait pour nous", a regretté M. Hammour.

De surcroît, les représentants du personnel au conseil n'ont pas eu le temps de siéger à ce conseil d'administration car ils n'ont été convoqués qu'à "11 heures" pour une réunion "à midi pour débarquer M. Deshayes", a précisé pour sa part Abdelaziz Boucherit de la CGT.  Désormais, "il n'y a plus au CA que des représentants des créanciers. Notre crainte est décuplée" car ce départ "ne va pas dans le sens d'une reprise de la marche de l'entreprise", a estimé M. Boucherit. "On ne croit pas vraiment à un plan de relance. Conforama est plutôt dans une optique d'économies à faire sur la masse salariale" pour permettre "aux créanciers de retrouver un peu de cash", a-t-il considéré.

Un plan de relance insuffisant pour les syndicats

Conforama, détenu par le groupe sud-africain Steinhoff, avait annoncé le 2 juillet le lancement d'un plan de restructuration prévoyant la suppression de 1.900 postes (sur 9.000 environ actuellement), ainsi que la fermeture de 32 magasins de l'enseigne Conforama et celle de 10 magasins Maison Dépôt. Ce projet doit être détaillé jeudi devant le CCE du groupe d'ameublement et d'électroménager. Cette réunion marquera l'ouverture de la procédure d'information-consultation des représentants du personnel.

Interrogée mardi par l'AFP, la direction a seulement souligné qu'"il n'y a qu'un seul plan", celui "annoncé le 2 juillet", pour "redresser Conforama" et permettre que "l'entreprise ne perde plus d'argent à horizon deux ans". "Ce plan de relance est loin d'être suffisant. Quand vous diminuez drastiquement les effectifs, quand il n'y a pas d'interlocuteurs pour les clients, vous ne pouvez pas espérer une relance", a jugé M. Boucherit. "La confiance des fournisseurs s'est amenuisée" et "le parc immobilier (du groupe) est gagé quasiment à 100%", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les syndicats ont été reçus mardi par le délégué interministériel aux restructurations, a-t-on appris auprès du ministère de l'Economie. "Toutes les organisations syndicales représentatives ont été reçues" mardi à Bercy, après la direction lundi, a déclaré M. Hammour. "On leur a exprimé notre colère et on leur a demandé d'avoir un regard très attentif sur la mise en place du plan social et des mesures d'accompagnement", a-t-il souligné.

Cette réunion "ne nous a pas rassurés sur le rôle de l'Etat", qui dit "n'avoir aucun levier pour faire pression sur des entreprises privées", a indiqué M. Boucherit. Pour expliquer la mise en place de ce plan de restructuration, les dirigeants de Conforama invoquent d'importantes pertes cumulées, de "près de 500 millions d'euros" en France depuis 2013. Le groupe est détenu depuis 2011 par Steinhoff, lui-même en proie à de graves difficultés financières. Le plan de restructuration devait initialement être présenté le 2 juillet au CCE. Mais celui-ci n'avait pas pu se réunir, les représentants du personnel ayant refusé d'y participer après que la direction avait modifié le lieu de la réunion.

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