Sous la pression des assureurs, le secteur de l’expertise auto se consolide à un train d’enfer. Dernier exemple en date : l’annonce de la fusion entre le Normand Creativ’, filiale du groupe Adenes, et l’Occitan KPI. Le rapprochement donne naissance à un ensemble de près d’un millier de collaborateurs.L'expert auto franc-tireur serait-il une espèce en voie de disparition ? Mis sous pression par les assureurs, le secteur se concentre entre les mains d'un nombre de plus en plus réduit d'acteurs, depuis quelques années. Le mouvement connaît une accélération. En témoigne l'annonce faite ce lundi, par le groupe parisien d'expertise en assurance Adenes de la fusion entre sa filiale normande Creativ' et le Nîmois KPI, lui-même né en 2016 du rapprochement de plusieurs cabinets. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué mais l'intention est claire.
Le nouvel ensemble, qui revendique le titre de « leader indépendant de l'expertise automobile », cherche à peser davantage dans un paysage dominé de la tête et des épaules par le groupe BCA, fondé il y a plus de 60 ans par les assureurs. Bientôt doté d'une marque commune, il pourra compter sur 900 collaborateurs et un réseau de 80 agences en France. Soit une force de frappe proche celle de son concurrent à qui il entend manifestement mordre les mollets. « Nous nous plaçons dans un posture offensive », confirme Romain Caillet, directeur général adjoint de Creativ'.
Des dommages de plus en plus complexes
Le mariage, sous l'égide d'Adenes, est aussi commandé par la multitude d'enjeux auxquels doit faire face le secteur. A commencer par le virage technologique de l'écosystème automobile. Si la promesse des « véhicules autonomes zéro accident », chiffon rouge pour les experts, semble avoir du plomb dans l'aile, les intéressés doivent composer avec l'évolution rapide des sinistres. « Ils sont beaucoup moins mortels mais de plus en plus complexes et marqués par une flambée du coût des réparations », souligne Nicolas Ponce de Leon, président de KPI.
D'où l'obligation faite aux entreprises du secteur d'optimiser leur organisation pour réduire leurs propres coûts, tout en montant en compétences. A l'instar des garagistes, les experts doivent être en capacité d'effectuer des diagnostics sur des voitures ou des camions transformés en véritables logiciels sur roues, comme le rappelle Romain Caillet. « Cela n'est pas un hasard si nous recrutons de plus en plus d'ingénieurs et de spécialistes de l'informatique embarquée pour traiter les données extraites des véhicules », observe t-il.