8 heures de vol pour les drones solaires de SunBirds
Olivier Barrellier / Cleantech Republic
Olivier Barrellier / Cleantech Republic
Cleantech Republic : Pourquoi trouve-t-on encore très peu de drones solaires ?
Laurent Rivière : D'abord parce qu'il fallait disposer de cellules solaires présentant des rendements suffisamment élevés tout en étant facilement intégrables sur l'extrados d'une aile. Ensuite parce que la conception d'un vecteur à la fois performant, fiable et industrialisable, est un véritable challenge qui demande la maitrise de nombreuses disciplines : aérodynamique, matériaux, mécanique du vol, automatisme, télécom, photovoltaïque, électronique, logiciel, pilotage... Ajoutons enfin la réglementation de ce secteur naissant, encore mouvante et incertaine, et de plus, très hétérogène d'un pays à l'autre ; ou encore la contraignante logistique douanière appliquée aux matériels "dual" c'est-à-dire en partie considérés comme militaires.
Vous visez donc directement un marché mondial. Pour quelles applications ?
Effectivement, pendant nos deux ans de R&D, l'un de mes associés s'est entièrement consacré à l'étude du marché et au business development. Et ce, avant même que notre prototype ne prenne l'air ! Nous avons donc déjà des prospects, et une bonne vision de leurs besoins. Si les applications sont très nombreuses (cartographie, pollution, archéologie, travaux publics, humanitaire, incendies, sécurité et maintenance industrielle, forces de l'ordre...), nous avons identifié l'agriculture comme marché stratégique, en particulier dans des régions où les exploitations comptent facilement plusieurs milliers d'hectares. Citons par exemple l'Amérique Latine ou l'Australie.
Concrètement qu'allez-vous proposer à ces exploitations agricoles ?
Nous sommes clairement un concepteur/fabricant de vecteurs solaires à voilure fixe, auxquels nous adjoignons des charges utiles - typiquement des caméras- issues du marché. Nos clients seront donc principalement des fournisseurs de services d'agriculture dite "de précision" pour les grandes exploitations. Totalement autonome, notre drone peut rester huit heures en vol, dans un rayon de quinze kilomètres, et prendre par exemple les clichés nécessaires à une analyse multi spectrale des cultures : l'étude des différents rayonnements permet en effet de diagnostiquer les maladies, les besoins en arrosage, ou encore la maturité des plantes.
Huit heures c'est bien. Mais le record mondial est de plus de 80 heures...
Non, huit heures c'est très bien ! Ce record de 80 heures est effectivement détenu par le consortium Atlantik-Solar qui regroupe des laboratoires de recherches suisses. C'est un excellent démonstrateur, entièrement tourné vers l'autonomie, au détriment évident de la robustesse, de la charge utile, et bien sûr du passage à l'échelle industrielle. A l'inverse, notre "SB-4 Phoenix" est un outil de travail, conçu pour être produit en série.
Justement, à quand les premières productions ?
Nous finalisons actuellement les dernières modifications du prototype et pensons raisonnablement réaliser les premiers assemblages, ici à Toulouse, dès 2016. Assemblage car, à l'instar d'un constructeur automobile, nous confions à des sous-traitants la production des systèmes et sous-systèmes conçus et spécifiés chez nous. Au final, notre drone sera estampillé "Made in France" avec plus de 90 % de composants hexagonaux.
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Au final à quel prix les proposerez-vous et avec quels objectifs ?
Un drone nu sera vendu 50 000 €, auxquels il faut ajouter un ou plusieurs capteurs, dont les prix sont éminemment variés : de 300 € pour une simple "GoPro", à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les modèles les plus spécialisés. Notez bien que ces prix seront régulièrement revus à la baisse (et les performances à la hausse) grâce aux effets classiques de l'industrialisation (volumes, progrès technologique, internalisation...). On peut ainsi imaginer un prix de l'ordre de 30 000 € à terme. Dans ces conditions, nous misons sur la vente d'une dizaine de vecteurs en 2016. L'étape suivante consistera à doper le développement commercial et la R&D. Nous préparons donc déjà notre première levée de fonds, qui s'établira entre 500 000 et un million d'euros.
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SunBirds en bref...
Caractéristiques du drone SB-4 Phoenix

Olivier Barrellier / Cleantech Republic
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