Frédéric a pris sa guitare, Loïc son chat et ses trois chiens, Baptiste son lapin, Françoise « juste un livre ». Ils sont 6 000, des communes de Saint-Médard-en-Jalles, de Saint-Aubin, d’Andernos, du Haillan, d’Arès, de Lège ou d’Eysines, à avoir trouvé un abri au parc des expositions de Bordeaux. Depuis mercredi, ce sont, en tout, 167.000 habitants et vacanciers qui ont été évacués entre le bassin d’Arcachon et la métropole. Un exode jamais vu en France depuis la Seconde Guerre mondiale.
« Un état de guerre », c’est l’impression qu’a eue Michèle, 75 ans, en découvrant, à 1 heure du matin samedi, les milliers de lits « Picot » et de matelas installés dans un hall de 20 000 mètres carrés. « Nous sommes des déplacés, dit-elle, assise sur l’un de ces lits de camp. Des réfugiés climatiques. » Comme tous ceux que nous avons rencontrés, elle loue l’organisation mise en place par la municipalité, le dévouement des bénévoles, des policiers et des infirmiers chargés de les accueillir, et salue « la bonne humeur ambiante malgré tout et, surtout, la solidarité ». Mais la retraitée se dit « déçue » de l’action « de l’ensemble des politiques pour faire reculer le réchauffement » : « Les premiers rapports du Giec ne datent pourtant pas d’hier… »