Le gigantesque incendie qui ravage la Gironde continue de gagner du terrain. Avec 220 000 personnes évacuées, 42 000 hectares détruits et des infrastructures de transport toujours paralysées, les autorités préviennent que le feu pourrait encore progresser et qu’aucun retour des habitants n’est envisageable à ce stade.Les incendies qui frappent la Gironde ont franchi un nouveau seuil ce week-end. Les autorités ont ordonné l’évacuation de 55 000 habitants supplémentaires, portant à 220 000 le nombre total de personnes déplacées depuis mercredi. Dans le même temps, le feu a atteint 42 000 hectares, l’un des plus importants bilans enregistrés en France depuis les grands incendies de 1949, les flammes menaçant désormais les abords de Bordeaux.
Les transports fortement perturbés
La progression du brasier continue de perturber les principaux axes de circulation. L’autoroute A63 demeure fermée sur une longue portion entre Bordeaux et l’Espagne, tandis que le trafic ferroviaire au sud de Bordeaux reste interrompu jusqu’à nouvel ordre. Ces coupures affectent aussi bien les déplacements des particuliers que les échanges de marchandises avec la péninsule Ibérique.
Une mobilisation appelée à durer
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a averti dans un entretien exclusif accordé à La Tribune Dimanche que l’incendie serait « long à combattre » et qu’aucune réintégration des zones évacuées ne pourrait intervenir tant que le feu ne serait pas fixé. Il a par ailleurs affirmé sur le réseau X ce matin que « la situation demeure très défavorable »en Gironde, mais aussi dans les Landes et le Var. Au total, 1 400 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires et 1 700 membres des forces de sécurité sont mobilisés. Pour la première fois, un avion de transport militaire A400M a été engagé dans la lutte contre les flammes grâce à un système permettant de larguer jusqu’à 20 000 litres d’eau ou de retardant.
Avec près de 98 000 hectares brûlés depuis le début de l’année en France, les incendies de l’été 2026 atteignent un niveau inédit. Les conditions de sécheresse et les phénomènes extrêmes observés ces derniers jours compliquent le travail des secours et entretiennent le risque de nouvelles reprises de feu.