Alstom, un premier succès pour Montebourg ?

Alors que le ministre de l'Economie avait été désavoué sur le dossier Florange et avait échoué sur SFR, il pourrait tenir avec Alstom le premier grand succès de son interventionnisme. Mais la partie n'est pas totalement gagnée
(Crédits : reuters.com)

Le gouvernement a désamorcé la "bombe Montebourg" dans le dossier Alstom et évité un clash dévastateur comme celui de Florange, en laissant son ministre engranger seul le premier grand succès de son interventionnisme, même si GE n'avait pas forcément sa préférence.

"C'est une victoire pour Alstom, une réussite pour la France et un succès politique indéniable pour le retour en force de l'Etat dans l'économie", s'est félicité Arnaud Montebourg, après avoir annoncé le choix de l'américain General Electric (GE).

Montebourg savoure son succès

Le ministre savourait son grand premier succès, après l'échec de son intervention sur Florange et SFR: sa gestion du dossier a fait monter les enchères entre GE et le tandem Siemens/Mitsubishi et permis à l'Etat d'obtenir d'importantes concessions. "Pour Montebourg, c'est une victoire: il a obtenu ce qu'il demandait dans la lettre qu'il avait adressée à au PDG de GE Jeffrey Immelt, quand il a posé les conditions pour la reprise d'Alstom", a déclaré à l'AFP une source proche du dossier.

Le contraste avec Florange

Le choix de GE, Montebourg a été chargé de l'annoncer lui-même, chez lui, à Bercy. Un contraste avec l'arbitrage du dossier Florange à fin 2012, quand le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait écarté d'un revers de main le projet de nationalisation porté à bout de bras par son ministre... sans exprimer la moindre reconnaissance pour ses efforts.

Hier, le chef du gouvernement Manuel Valls a pris soin de féliciter M. Montebourg à deux reprises, la première avant même l'annonce du choix de GE et la seconde immédiatement après sa conférence de presse.

La bombe Montebourg aurait menacé d'exploser

"En termes de méthode, c'est l'anti-Florange, c'est une décision partagée par chacun", a assuré le Premier ministre, lors d'un déplacement en Saône-et-Loire, les terres de son ministre de l'Economie.

Il est vrai que face à la fronde de députés de la gauche du PS, dont plusieurs sont proches de M. Montebourg, M. Valls pouvait difficilement se permettre, trois mois après son arrivée à Matignon, l'explosion de la "bombe Montebourg", titre de la Une du Nouvel observateur de cette semaine.

L'hebdomadaire prévenait clairement que le ministre de l'Economie démissionnerait si la décision sur Alstom ne lui convenait pas ou si les orientations économiques du gouvernement n'étaient pas modifiées à la rentrée. Une menace que le ministre avait déjà brandie avec fracas après l'arbitrage défavorable de Florange. "Que Montebourg ait des interrogations sur la politique du Président de la République, ça c'est certain. Mais avec Valls il y a un pacte, ils ont besoin l'un de l'autre", a toutefois expliqué à l'AFP un député socialiste, rappelant que le Bourguignon avait renforcé sa position au gouvernement lors du dernier remaniement.

Electron libre

De son côté, l'Elysée s'est félicité de "la fluidité dans la méthode et le résultat", ainsi que la "cohérence gouvernementale" dans la gestion du dossier Alstom. "L'Etat a été très professionnel", insiste-t-on, comme pour mieux marquer la différence avec Florange.

"Une entrée dans le capital et une alliance avec un grand groupe étranger, ça devient la marque Montebourg pour sortir une société française de son isolement", a confié une source proche du dossier, rappelant l'exemple de PSA. Il n'empêche qu'Arnaud Montebourg est resté fidèle à son image d'électron libre, en livrant le choix du gouvernement vendredi... à sa manière. Le ministre a d'abord annoncé l'entrée de l'Etat au capital d'Alstom, puis en énuméré la longue liste des conditions fixées à la reprise de ce fleuron de l'industrie française. Il n'a donné le choix de l'exécutif que bien plus tard, au détour de l'une de ses dernières phrases, après avoir bien insisté sur le "sérieux" de l'offre concurrente de Siemens qui "a montré qu'Alstom méritait une alliance plutôt qu'un rachat-absorption".

Changement de style

"Le gouvernement dans sa diversité a tranché, sous l'autorité du président de la République", a-t-il fini par lâcher. Des mots choisis qui laissaient entendre qu'il ne partageait pas cet avis. Mais il est vrai que M. Montebourg s'est bien gardé d'exprimer publiquement sa préférence pendant les deux mois de l'affaire Alstom, confirmant le changement de style amorcé depuis l'échec de Florange.

Mais une fois encore vendredi, il s'en est toutefois pris à l'une de ses cibles préférées: la Commission européenne, dont il fustigé "la vision très idéologique" de la concurrence qui a empêché le rapprochement avec Siemens.

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Commentaires 14
à écrit le 23/06/2014 à 15:20
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Je ne comprends pas bien, s'il y avait 2 Md€ d'argent mobilisable, que ne l'ont-ils utilisé pour réduire la dette ??? Au lieu de se livrer à un peu plus de cet interventionnisme étatique qui a mis le pays dans la situation déplorable où il est aujou...

à écrit le 23/06/2014 à 13:27
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Montebourg est payé à la commission ou en enveloppe discrète ?

à écrit le 23/06/2014 à 8:58
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Exclusif : enregistrements de la NSA "Allo François, c'est Arnaud. Tu vas rire : j'ai oublié de demander le prix à Martin... Peux-tu arranger le coup ?"

à écrit le 22/06/2014 à 13:03
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Montebourg prétend que l'achat de 20 % du capital d'Alstom ne coûtera rien aux contribuables. N'importe quoi, l'État pour payer va vendre des participations dans d'autres groupes. Autrement dit, l'État s'appauvrit CQFD, le contribuable aussi. Et puis...

à écrit le 22/06/2014 à 11:43
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Les actions sont dans le long terme c'est à dire pas celui du petit politicien, avide de médias. Concernant Alstom souvenons nous l'ex président avait déjà sauvé !!!!cette entreprise dans le court terme pas dans le temps. Laissons le temps faire son ...

à écrit le 22/06/2014 à 11:36
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on ne voit absolument pas où est l'exploit et ce que cela changera au fonctionnement actuel

à écrit le 22/06/2014 à 9:44
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c'est pas bien de jouer avec l'argent des autres surtout pour en tirer une gloire personnelle ...

à écrit le 22/06/2014 à 8:22
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La seule question est à quoi prendre une participation anciennement appartenant à Bouygues va pouvoir accroitre le business d'Alstom? Pour l'instant, on a du mal à croire que les prises de participation dans Peugeot ou Alstom vont servir l'innovation...

à écrit le 22/06/2014 à 6:47
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Des incompétents dites vous mais il n'y a que cela dans ce gouvernement. Il n'a meme plus de socialiste que son nom. Ils appélent a voter pour un banquier. C'est lamentable !!!!!

à écrit le 21/06/2014 à 18:42
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On parlera de succés lorsque tout sera bouclé, et on verra à quel prix les 20% ont été achetés.

à écrit le 21/06/2014 à 16:32
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Pourquoi essayez vous de faire croire aux français que cet INCOMPETENT NOTOIRE sauve quoi que ce soit. Il sauverait la France en laissant sa place à quelqu'un de compétent . Ce serait le meilleur service qu'il pourrait rendre à la France.

à écrit le 21/06/2014 à 16:26
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Le vrai premier succès d'un état TOTALITAIRE qui intervient pour satisfaire lego de deux ou trois personnes qui ne savent pas gérer un budget et résorber un déficit abyssal. Les français vont continuer à payer puisque l'état n'a plus d'argent SCANDA...

le 23/06/2014 à 15:01
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C'est l'Etat qui possède tout l'argent que vous croyez avoir. Il ne fait que vous le prêter, momentanément, et il vous le reprend quand il veut : les caisses sont encore bien remplies !

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