Paris vise le rang de troisième exportateur mondial d'armement

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La France a engrangé près de 8 milliards d'euros de commandes de défense à l'exportation en 2009 et espère en signer pour 10 à 12 milliards cette année, afin de devenir le troisième exportateur mondial du secteur.

L'année 2009 aura été un bon millésime pour les ventes d'armement françaises. La France a signé près de 8 milliards d'euros de commandes de défense à l'exportation en 2009 (en hausse de 21% sur l'exercice précédent) et espère signer pour 10 à 12 milliards de nouvelles commandes cette année, afin de devenir le troisième exportateur mondial du secteur, a détaillé ce lundi le Délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon, en présentant le rapport 2009 de l'institution qu'il dirige.

L'année 2009 s'inscrit comme une année record pour la DGA (Délégation générale pour l'armement du ministère de la défense) qui aura passé 20,9 milliards d'euros d'engagements pour équiper les armées françaises, montant en hausse de 123% sur un an, dont 1,3 milliard au titre du plan de relance de l'économie. "Nous sommes en quatrième position derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et probablement la Chine. Notre ambition est bien de devenir troisième exportateur mondial", a fait valoir Laurent Collet-Billon.

Concernant les grands programmes, le DGA a également indiqué que la France espérait parvenir à un accord sur le financement de l'A400M cette semaine ou durant celle du 15 au 21 février. Les sept pays de l'Otan à l'origine du programme d'avion de transport militaire, mis en difficulté par des retards et des dépassements de budget, négocient depuis plusieurs semaines avec les dirigeants d'EADS et de sa filiale Airbus, constructeur de l'appareil. "Nous voulons aller le plus vite possible. Un accord est possible cette semaine ou dans deux semaines", a souligné Laurent Collet-Billon, avant d'ajouter que les Etats étaient "décidés à maintenir le rythme des discussions (avec EADS)".

Le directeur du développement international de la DGA, Jacques de Lajugie, a de son côté indiqué que "la France avait donné son accord pour la vente d'un navire BPC (Bâtiment de projection et de commandement)" de type Mistral à la Russie et que la vente de trois autres navires Mistral était actuellement à l'étude. "La France est en train d'examiner la nouvelle mouture de cette demande", a expliqué Jacques de Lajugie, sans donner davantage de détails.

La possible vente de BPC à la Russie a suscité des inquiétudes au sein de plusieurs pays membres de l'Otan, notamment ceux dont les frontières jouxtent celles de la Russie. En novembre, la Lituanie avait écrit à la France en vue d'obtenir des explications sur cette initiative. Fabriqué par DCNS, société de construction navale militaire dont le spécialiste de l'électronique de défense Thales contrôle 25%, ce navire de type Mistral, conçu pour transporter des hélicoptères et des chars d'assaut, est estimé par les analystes entre 300 et 500 millions d'euros.

Par ailleurs, la France a engagé des discussions avec plusieurs pays dans l'espoir de placer un premier contrat à l'exportation pour l'avion de combat Rafale produit par Dassault Aviation. Interrogé sur les perspectives de l'appareil aux Emirats arabes unis, où Dassault négocie la vente de 60 Rafale, Jacques de Lajugie a répondu espérer la concrétisation d'un accord cette année, "voire au premier semestre". Dassault s'est positionné sur plusieurs grands appels d'offres, notamment au Brésil où une décision est également attendue en 2010.

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