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Bras de fer chez Airbus entre direction et syndicats

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Publié le 23 avril 2010 à 07:00

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L'appel à un arrêt de travail ce vendredi a été suivi par des milliers de salariés. Direction et syndicats en désaccord sur la politique salariale campent jusqu'ici sur leurs positions.

Va-t-on vers une paralysie d'Airbus France ? Ce vendredi matin, l'appel à un arrêt de travail d'une heure trente, a semble-t-il été largement suivi par les salariés de Toulouse.  "Nous sommes entre sept et dix mille salariés réunis. L'usine est vide", a assuré Jean-François Knepper, délégué de Force Ouvrière.

La tension est montée de plusieurs crans chez l'avionneur. Cette année, les négociations ont viré au bras de fer entre syndicats, unis au sein d'une intersyndicale, et direction, qui a jusqu'ici campé sur des objectifs de modération salariale par rapport à 2009 où les salariés français de l'avionneur avaient obtenu 3,5 %. Lors de la deuxième réunion, la direction d'Airbus a proposé une hausse globale de 1,5% aux syndicats, qui ont eux demandé lors de la première rencontre entre 3,5 % et 5 % d'augmentation salariale ainsi que des efforts pour l'emploi. Inacceptable pour les deux côtés, qui jouent, pour l'heure, la carte de la détermination. Qui va céder le premier ?

Les syndicats font monter la pression. L'intersyndicale, qui s'est formée à l'issue de la deuxième réunion, a appelé à « un mouvement de grève massif de 10h00 à 11h30 » vendredi matin à Toulouse, Saint-Nazaire et Nantes à l'occasion de la dernière séance de négociations. En fonction des résultats, elle décidera, dès lundi des suites à donner à son mouvement sur les trois sites d'Airbus en France. "Il vaut mieux un bon accord à froid qu'un mauvais à chaud", prévient-on chez FO, premier syndicat d'Airbus. Alors qu'en Allemagne l'avionneur a prévu d'embaucher 800 personnes à Hambourg, selon FO, l'intersyndicale a également mis l'accent au cours de la négociation sur le problème de l'emploi. "On veut de l'emploi, nous aussi", indique le premier syndicat. Sans grand succès, non plus. La direction semble s'être seulement engagée à embaucher la promotion 2009 "Fabrice Brégier" (environ 80 diplômés) de l'école d'Airbus qui forme aux métiers de l'aéronautique. "Le compte n'y est pas", grince-t-on. "Nous, on n'a même pas le choix de choisir entre salaire et emplois. Ils veulent casser la politique sociale mise en place depuis les années 1970 et la remplacer par une gestion ultralibérale à l'anglo-saxonne", regrette-t-on chez FO.

Coté direction, on privilégie pour l'heure la fermeté. "Cette année, les revendications des syndicats ressemblent à la lettre au Père Noël" résume l'un de ses porte-parole à La Tribune. A quelques mois des élections, aucune organisation syndicale ne peut prendre le risque d'être moins agressive et nous avons donc eu une surenchère entre syndicats. Nous avons pourtant besoin de mettre de la rationalité dans les discussions". Dans ce cadre, EADS est prêt à assumer une signature unilatérale de la politique salariale chez Airbus et des conséquences qui peuvent en découler dans la principale filiale du groupe. Chez l'avionneur, on confirme que les propositions syndicales ont été "déraisonnables". Mais on laisse une porte ouverte. "En fonction de la qualité des discussions vendredi, nous essaierons d'être à l'écoute des syndicats" souligne-t-on.

Pourtant, la direction d'Airbus avait déjà bien pris la peine, comme chaque année d'ailleurs, de déminer une négociation à risques, qui coïncide avec la préparation des élections des délégués du personnel et des comités d'établissement. Elles doivent se dérouler à Nantes en mai, à Saint-Nazaire en juin et à Toulouse en décembre. Lors de cette phase de concertation, la direction d'Airbus, lors de rencontres bilatérales avec chaque syndicat, avait proposé une hausse salariale de 1,9 %. Mais la surenchère des syndicats n'avait pas permis de concrétiser cet accord.

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Une fois l'accord signé, la négociation salariale pourra alors commencer dans les autres divisions du groupe EADS, dont certaines pourront proposer des hausses salariales beaucoup plus substantielles que chez Airbus, qui pâtit de ses pertes. Cet accord servira donc de "référentiel", explique-t-on à La Tribune.

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