Ravitailleurs américains : EADS dépose son offre

 |   |  467  mots
Le groupe européen d'aéronautique et de défense espère remporter ce contrat estimé à 35 milliards de dollars. Mais le calendrier pourrait lui être fatal.

EADS a déposé son offre dans le cadre de l'appel d'offres pour le renouvellement des avions ravitailleurs de l'US Air Force. Ce contrat, qui porte sur 179 appareils, est estimé à près de 35 milliards de dollars. Boeing devrait soumettre une offre d'ici vendredi, la date de clôture pour la présentation des offres. La semaine dernière, la société américaine U.S. Aerospace avait annoncé s'être alliée à Antonov, le constructeur aéronautique public ukrainien, pour se porter candidat.

Le Pentagone a avancé de quelques semaines le choix pour ses futurs ravitailleurs, entre le B767 de Boeing et le KC-45 d'Airbus (également connu sous le nom de A330 MRTT). La décision devrait ainsi tomber en pleine campagne pour les élections de mi-mandat, qui doivent permettre de renouveler une partie du Congrès. Si tel est le cas, les responsables d'EADS ne se font aucune illusion sur l'issue de la compétition.

Après le retrait de Northrop Grumman début mars, qui estimait la compétition biaisée en faveur de Boeing, EADS avait entamé des discussions avec de potentiels partenaires américains. Le groupe européen d'aéronautique et de défense ne cherchait plus de partenaire principal. Il préfèrait au contraire avoir à ses côtés une équipe de sous-traitants américains, qui pourrait notamment comprendre General Electric et Honeywell.

"Nous allons proposer un ravitailleur ultramoderne et performant pour répondre à la décision du Pentagone d'encourager la compétition autour de cet investissement majeur pour le contribuable américain", avait expliqué fin avril Ralph Crosby, le président d'EADS North America. "Notre KC-45 représente la seule véritable solution à même de répondre aux besoins de ravitaillement extrêmement pointus de l'USAF. Qui plus est, cette solution est à moindre risque car déjà en service et en production. Ce point est essentiel car nos militaires méritent de recevoir la meilleure solution adaptée à leurs missions, et ce au meilleur prix."

EADS et Northrop avaient remporté en février 2008 ce contrat portant sur 179 avions ravitailleurs. Mais cette décision avait été annulée suite à une plainte de Boeing. Les deux alliés avaient par la suite accusé l'administration américaine d'avoir reformulé le cahier des charges de manière à favoriser leur concurrent, provoquant le retrait de Northrop.

Pour calmer les critiques européennes, le Pentagone avait prolongé de 60 jours le délai de remise des offres alors que les responsables d'EADS en réclamaient 90. "Trois mois, c'était un délai déjà très juste, mais 60 jours cela relève de la mission impossible pour déposer une offre conforme (compliant)", confirmait-on dans le groupe. D'autant qu'EADS doit s'approprier toute la partie de maîtrise d'oeuvre du programme qu'il avait laissée à Northrop Grumman.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :