EADS à l'offensive sur l'Airbus A350 et sur les ravitailleurs américains

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Financement du programme d'Airbus A350, contrat pour les avions ravitailleurs américains, commandes et livraisons depuis le début de l'année, EADS et Airbus ont fait ce jeudi un point complet.

Le groupe européen d'aéronautique, d'espace et d'armement EADS, maison-mère d'Airbus, annonce qu'il disposera bientôt des fonds pour construire le nouveau long courrier Airbus A350 XWB qui doit concurrencer le nouveau Boeing B787 "dreamliner" (avion de rêve). Par ailleurs, il n'a pas besoin de partenaire pour répondre à l'appel d'offres de l'armée américaine pour des ravitailleurs, a déclaré son président exécutif, Louis Gallois. "Sur l'A350, nous sommes en train de nous accorder sur des prêts remboursables avec différents pays européens", a déclaré Louis Gallois, président exécutif de la maison-mère d'Airbus.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a jugé en mars "illégales" des aides publiques européennes versées à Airbus, dont l'A350 XWB (Extra Wide Body) est destiné à concurrencer le prochain 787 Dreamliner de Boeing, auquel le groupe européen dispute la domination du marché mondial de l'aviation. Mais les "prêts remboursables ne sont pas considérés comme illégaux, ils sont acceptables s'ils sont accordées sous certaines conditions", a affirmé Louis Gallois. Le groupe d'aéronautique et de défense a rencontré de grandes difficultés dans la construction de son très gros porteur A380, dont les livraisons ont pris plus de deux ans de retard.

Les Etats-Unis avaient contesté devant l'OMC des aides accordées à EADS par la France, l'Allemagne, l'Espagne et la Grande-Bretagne pour un montant de 205 milliards de dollars (167,6 milliards d'euros) en vingt ans. L'Union européenne a rétorqué que ses aides étaient légales et a accusé à son tour Boeing d'avoir obtenu d'importantes subventions d'agences fédérales américaine, dont la Nasa, et d'exonérations de taxes, pour 24 milliards de dollars. "Pour l'instant, nous tenons le calendrier de production et de livraison de l'A350 que nous avons annoncé au début du programme - à savoir un premier vol fin 2012 et les premières livraisons en 2013", a déclaré Louis Gallois.

NE PAS MANQUER LES RAVITAILLEURS...

La bataille juridique autour des aides dont bénéficient l'un et l'autres des groupes concerne aussi l'appel d'offres lancé par l'US Air Force pour une flotte d'avions ravitailleurs. Des parlementaires américains ont affirmé que cinq milliards de subventions européennes avaient été consacrés au développement de l'A330, dont la cellule sert de base au ravitailleur proposé par EADS. Cet appel d'offres fait l'objet d'un feuilleton au long cours, puisqu'une première décision favorable à EADS, alors associé à Northrop Grumman, avait été contestée et annulée.

Northrop Grumman s'est depuis retiré de la course mais Louis Gallois a assuré mercredi qu'EADS avait toujours l'intention de remporter ce marché et n'avait pas besoin de partenaire pour y parvenir. "Nous n'avons pas besoin d'un autre partenaire important comme Northrop Grumman et nous trouvons des fournisseurs spécifiques pour les équipements particulièrement sensibles", a-t-il déclaré. "C'est une opportunité que nous ne pouvons pas manquer et je pense que nous pouvons gagner, nous travaillons pour être prêts le jour de l'offre, le 9 juillet", a-t-il ajouté.

...ET NE PAS TUER LA CROISSANCE

Selon le dirigeant d'EADS, les pays européens pourraient quant à eux partager une flotte commune de ravitailleurs afin de réduire les coûts. Mais cette volonté d'économies ne doit pas les conduire à faire des coupes dans les projets militaires transnationaux, a-t-il prévenu. "Je comprends que les pays ont besoin d'économiser de l'argent mais je ne veux pas voir la capacité de recherche et développement remise en question et je veux éviter l'effet domino qu'entraînerait une réduction de différents programmes et la déstabilisation de nombreux programmes multinationaux", a-t-il dit. "Tout le monde doit prendre garde à ne pas tuer la faible croissance que nous connaissons désormais en Europe." EADS est parvenu en mars à un compromis avec les sept pays clients de son avion de transport militaire A400M et l'avenant au contrat devrait être signé "d'ici la fin de l'été", a assuré Gallois.

Airbus a annoncé dans la journée de ce jeudi avoir engrangé depuis le début d'année 81 commandes brutes (73 nettes soit 8 annulations) et a livré 206 avions. Boeing fait mieux avec 139 commandes brutes et 111 nettes après 28 annulations et 146 livraisons.

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