Armement : les quatre contrats clés malaisiens visés par l'industrie française
Michel Cabirol, à Kuala Lumpur
Michel Cabirol, à Kuala Lumpur
« La Malaisie garde dans la région le plus grand potentiel en matière de défense », estime l?attaché de défense à l?ambassade de France, Pierre Delbrel. D?où, selon lui, « l?importance et la qualité des coopérations industrielles » à venir entre les sociétés malaisiennes et françaises. Dans les faits, les industriels tricolores sont en piste pour quatre grands contrats qui devraient être attribués dans les prochains mois et prochaines années par Kuala Lumpur.
Le plus chaud concerne l?armement des corvettes, dont le design de DCNS a été sélectionné en décembre dernier par le maître d??uvre malaisien Boustead Naval Shipyard (BNS). MBDA (37,5 % EADS, 37,5 % BAE Systems et 25 % Finmeccanica) est en course et propose le missile surface-air VL Mica et le missile mer-mer, l Exocet Block 3. La valeur du contrat est estimée à 400 millions d?euros environ. « La Malaisie devrait choisir d?ici avant l?été », explique à la « tribune.fr » un industriel tricolore. MBDA a d?autant plus de chance que le système de combat choisi par la Marine royale malaisienne est celui de DCNS (SETIS) aux dépens de celui de Thales (Tacticos) à l?issue d?un combat âpre entre les deux groupes pourtant très liés depuis la montée du groupe d?électronique dans le capital du groupe naval (de 25 % à 35 %). Selon des observateurs, le système de combat de DCNS permet une meilleure intégration des missiles de MBDA alors que celui de Thales est plus ouvert aux missiles américains, notamment Raytheon.
Le Tigre dans le viseur de Najib
Ce sera aussi le cas pour l?avion de combat, dont l?appel d?offre (MRCA) sera repoussé après les élections. A ce jour, une demande d?information (RFI) a été lancée en 2011 pour 18 appareils. Dassault Aviation (Rafale) ainsi que les américains Boeing (F-18) et Lockheed Martin (F-16), le consortium européen Eurofighter (Typhoon), le russe Sukhoi (Sukhoi 35) et le suédois Sab (Gripen) seront bien présents pour remplacer les Mig 29, qui ont déçu les Malaisiens par le manque de fiabilité de la maintenance. Selon certains, le F-16 et le Gripen seraient déjà hors-jeu. D?autres évoquent une prime politique à l?avion américain le F-18, qui équipe déjà l?armée de l?air malaisienne, en vue d?équilibrer les achats entre la France et les Etats-Unis, qui sont exaspérés par les choix en faveur de Paris de Kuala Lumpur, qui scrute l?appel d?offre indien (M-MRCA), favorable pour le moment à Dassault Aviation.
Déclin de la France ?
Selon un observateur de l?export dans la région, la France pourrait entrer dans une période de déclin en Malaisie. Notamment en raison d?un éventuel départ de Najib Razak, qui s?est toujours montré favorable à la technologie française, si celui-ci était battu aux élections législatives. Pour autant, les industriels français pourront toujours faire jouer leurs liens que les entreprises locales. Dassault Aviation va devoir s?y mettre rapidement. Il pourra compter d?ores et déjà sur le partenariat entre Thales, présent dans le pays depuis 40 ans, et le groupe malaisien Sapura dans les communications militaires depuis 1996. En mai 2011, Thales a d?ailleurs obtenu via son partenaire un contrat de plus de 200 millions d?euros portant sur l?intégration d?une architecture électronique de pointe pour les 257 nouveaux véhicules 8x8 blindés de l?armée malaisienne.
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Michel Cabirol, à Kuala Lumpur
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