A380 : de nouveaux retards de livraisons qui pèsent sur la rentabilité

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Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
La cadence de production des A380 a été ralentie de façon provisoire, passant de 2,7 à 2,3 appareils par mois. L'objectif de livrer une trentaine de gros porteurs ne devrait pas être atteint en 2012. Ce nouvel aléa devrait aussi repousser après 2014/2015 la date à partir de laquelle chaque appareil produit sera rentable.

Décidemment, rien n'aura épargné le programme A380. Des retards initiaux provoqués par une industrialisation très mal maîtrisée aux microfissures détectées en début d'année sur les ailes du géant des airs, l'avion vedette d'Airbus aura eu une maturation industrielle turbulente. Et surtout très lourde pour les finances du groupe EADS. Ces désormais célèbres microfissures sur les ailes de tous les A380 en service (72 actuellement) ont finalement entraîné une baisse de cadence de production des appareils sur la chaîne d'assemblage de Toulouse qui,  elon des sources concordantes, est passée de 2,7 à 2,3 appareils par mois, et même à 2,17, selon d'autres sources. Chez Airbus, on confirme en tout cas ce nouveau retard dans la production.

En début d'année, Airbus avait annoncé qu'il comptait livrer environ trente A380 en 2012, à la faveur de la montée en cadence de sa production, selon son directeur commercial John Leahy . "On n'est plus sûr de pouvoir les faire", précise-t-on aujourd'hui chez Airbus. En 2011, l'avionneur avait livré 26 appareils (18 en 2010), dépassant son objectif de 25. "On devrait être dans les mêmes eaux que l'an dernier", souligne-t-on. Fin 2011, Airbus avait pourtant estimé que le rythme de production devait avoir doublé entre 2010 et 2013 pour atteindre 3,5 unités par mois. Ce ne sera donc pas le cas.

Une cadence de trois en 2013

Les cadences de production devraient remonter à trois appareils par mois à compter de 2013, assure le constructeur toulousain. Actuellement, l'avionneur a dû provisoirement redéployer une cinquantaine de salariés de la chaîne A380 vers d'autres activités en raison de la baisse de la production. "Nous avons un plan de rattrapage" en vue de limiter l'impact industriel et financier de ce nouvel aléa, assure-t-on à Toulouse.

Toutefois, le calendrier concernant la rentabilité par appareil, programmée par Airbus fin 2014 selon nos informations, semble aujourd'hui caduc. La date à laquelle chaque appareil produit gagnera de l'argent serait repoussé après 2015, estime-t-on chez Airbus. Pour l'heure, le coût des réparations, temporaires, par avion, serait de l'ordre de 1 millions d'euros pour une centaine d'appareils en service et en fabrication. En mars, EADS a annoncé avoir passé une provision de 105 millions d'euros dans ses comptes 2011 pour réparer ces microfissures.

La compagnie aérienne Emirates, premier opérateur mondial d'Airbus A380, chiffre à 90 millions de dollars d'ici la fin mars son manque à gagner depuis la découverte de microfissures sur ses appareils. A ce jour, l'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (EASA), sur les préconisations d'Airbus, recommande de remplacer cinq équerres de fixation par aile (sur 2.000 environ) qui se trouvent dans les ailes (là où il y a notamment le carburant) toutes les 1.300 heures de vol. Soit 10 équerres par avion.

Trop tôt pour établir l'addition

" Il est trop tôt pour annoncer un calendrier sur le point d'équilibre par appareil d'autant que nous n'avons pas encore entériné une solution" pour la réparation définitive des ailes, estime une autre source. Un kit de réparation sera déployé dans les compagnies aériennes opérant l'A380 à partir du dernier trimestre de cette année. Les clients, qui vont immobiliser le moins possible leurs appareils, pourraient pour certains être tentés de ne le faire qu'en début d'année en attendant une visite d'envergure, comme la "check C" qui dure une semaine et revient tous les 15 à 18 mois. A cette occasion, la carlingue est examinée par ultrasons afin de découvrir toute éventuelle fissure. En outre, toutes les pièces importantes du moteur, tous les câblages ainsi que les instruments du cockpit sont soigneusement contrôlés.

Une solution de réparation définitive imminente

Une solution définitive de réparation doit être finalisée dans les prochains jours, explique-t-on à "latribune.fr" de sources concordantes. "De façon imminente", précise-t-on même chez Airbus. Elle devra être ensuite certifiée par l'EASA. La semaine dernière, une réunion importante sur le plan technique s'est tenue au siège de l'EASA à Cologne, en Allemagne. Le 18 avril, Airbus, toutes les compagnies opérant l'A380 ainsi que les autorités nationales ont fait un bilan complet sur ce dossier. "Les causes du problème ont bien été identifiées, Airbus a compris l'origine des microfissures", explique-t-on à "latribune.fr".

Ce qui a permis d'avancer vers une solution de réparation définitive... qui pourrait être mise en ?uvre à partir du quatrième trimestre. "Airbus est capable de mettre en ?uvre une réparation définitive". Selon nos informations, à cette occasion,  l'EASA sortira « d'ici à fin mai » une nouvelle directive de navigabilité fixant les intervalles entre les inspections des autorités pour les A380 (actuellement toutes les 1.300 heures de vol) ainsi que leurs modalités. Cette directive déterminera également la mise en oeuvre du "retrofit" (la réparation définitive) des A380, selon les différents cas de figure : appareils en service, en fabrication ou en cours de livraison.

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Commentaires
a écrit le 26/04/2012 à 11:14 :
au boulot, les gars ! J'ai 10 actions EADS a faire fructifier , moi !!!
a écrit le 26/04/2012 à 11:11 :
Les problèmes d'industrialisation renvoient à l'Allemagne qui n'avait à un moment donné pas les compétences nécessaires mais souhaitait les les acquérir en vertu des compensations, et renvoie aussi aux problèmes de gouvernance récurrents. Ce qui se passe en automobile où il suffit d'avoir une belle carrosserie pour vendre ne peut malheureusement s'appliquer à l'aéronautique où seule la technologie parle.
a écrit le 26/04/2012 à 6:28 :
Gage du sérieux de la part d'Airbus. Cette situation est identique dans le secteur automobile, ce-là arrive de temps en temps. Aucun constructeur n'est épargné.
a écrit le 25/04/2012 à 19:59 :
comme tout, cela va aller beaucoup mieux après le deuxiéme tour !!!!
Réponse de le 26/04/2012 à 11:13 :
on pari sur le nombre de plan sociaux qui vont exploser ????
a écrit le 25/04/2012 à 19:22 :
Le peuple ne paiera rien du tout, Airbus étant comme vous devriez le savoir une entreprise privée depuis une douzaine d'années.
Réponse de le 27/04/2012 à 22:00 :
Mais, grande consommatrice de subventions donc de l'argent public.
a écrit le 25/04/2012 à 18:49 :
le peuple vat payer la dette

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