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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Echec de la fusion EADS-BAE Systems: les plats ne repassent jamais

Fabrice Gliszczynski

Publié le 11 octobre 2012 à 14:20 - Mis à jour le 11 octobre 2012 à 14:28

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Après l'échec des négociations avec BAE Systems, EADS craint une offre d'un concurrent sur le groupe britannique. Et quand bien même l'Allemagne reviendrait un jour sur sa position, les conditions de rachat ne seraient pas forcément les mêmes que celles de la négociation avortée.

Après l'échec des négociations entre EADS et BAE Systems, certains observateurs, optimistes, n'excluent pas qu'une deuxième opportunité se présente pour les deux groupes. Selon le droit boursier britannique, impossible certes de relancer un processus pendant les six mois qui ont suivi l'annonce de l'échec. Mais qu'un jour après cette échéance, pourquoi ne pas imaginer un revirement de l'Allemagne qui aurait eu le temps d'ici là de comprendre son erreur historique. A ces optimistes, un acteur de l'opération BAE dans le camp d'EADS répond de manière pragmatique. "Les plats ne repassent pas", explique-t-on chez EADS.

Elections législatives allemandes en 2013

Et quand bien même ils repassaient, l'Allemagne, après les élections législatives 2013, revenant sur sa position : les plats risquent de ne pas avoir la même saveur. L'opération aurait peu de chances de se faire dans les conditions prévues dans le projet qui vient d'avorter. Rien ne dit en effet, que le prix relatif du rachat - avec cette parité 60 %-40 % retenue en faveur d'EADS - qui n'avait jamais été aussi favorable depuis 2004 se retrouve à l'avenir.

Certes, de nouvelles coupes dans les budgets militaires des Etats-Unis ou du Royaume-Uni réduiraient d'autant la valeur du groupe de défense britannique, dont 45 % de son chiffre d'affaires sont réalisés outre-Atlantique. Pour autant difficile de présager l'avenir. "Aujourd'hui, la tendance est en effet à la baisse des commandes dans la défense, explique une source impliquée dans le deal avec BAE Systems. Pour autant, cette tendance peut s'inverser". L'hypothèse d'un conflit en Iran ou ailleurs par exemple pousserait probablement Washington a repassé des commandes massives, ce qui augmenterait probablement le cours de bourse de BAE Systems. A l'inverse, la position d'EADS n'est pas acquise. "Faut-il rappeler que l'aéronautique est une activité cyclique ? Si on ne vend plus un avion parce le trafic aérien chute à cause d'un baril à 150 dollars, ou parce que l'euro s'envole, ou encore parce que le ralentissement de l'économie chinoise calme l'appétit des compagnies chinoises", le cours d'EADS pourrait en souffrir fait-on remarquer dans le camp d'EADS. Aux oubliettes donc une parité faisant que BAE vaut deux tiers d'EADS.

La crainte de voir BAE se rapprocher d'un concurrent

En outre, dans l'hypothèse où BAE Systems fasse l'objet d'une offre et que EADS décide de surenchérir (le groupe peut le faire même dans les six mois qui suivent la fin des négociations selon la règlementation boursière), l'addition risque d'être salé. Se faire coiffer par un concurrent européen ou américain constitue une réelle menace. "Nous craignons ce scénario", confie une autre source également impliquée dans l'opération BAE Systems.

En effet, l'un des enseignements des négociations avec EADS met en lumière un élément crucial : BAE Systems est en vente. "Ses administrateurs ont fait officiellement le choix stratégique de s'adosser car ils sont allés aussi loin qu'ils pouvaient dans leur stratégie en solo. Aujourd'hui le groupe britannique doit rééquilibrer son portefeuille d'activités avec du civil", précise-t-on chez EADS. Si demain un groupe concurrent d'EADS lance une opération sur BAE Systems, le groupe européen aura dû mal à riposter tant que la cicatrice ne sera pas complètement refermée. Cela prendra du temps. Car les négociations complexes et difficiles ont "laissé des traces" entre les entourages des deux groupes, de la France d'un côté et celui de l'Etat allemand. Du coup, un concurrent d'EADS a tout intérêt à lancer une offensive éclair sur BAE Systems.

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En Europe, un rapprochement entre BAE Systems et Finmeccanica a du sens, même s'il faudrait au préalable que le groupe italien se déleste de certains actifs, notamment dans les transports. A l'étranger, c'est du côté des Etats-Unis évidemment que la crainte est la plus importante. "Si Boeing bouffe la moitié de BAE, tout le monde le savait. Tout le savait que les plats ne repassent pas", s'emporte un négociateur. "L'Europe a raté une occasion historique".

Fabrice Gliszczynski

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