New York - Paris sans CO2, c'est pour juin 2015

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L'aviation verte, un combat que pourrait gagner Raphaël Dinelli avec son aéronef Eraole./ DR
L'aviation verte, un combat que pourrait gagner Raphaël Dinelli avec son aéronef Eraole./ DR (Crédits : DR)
Le premier vol transatlantique sans empreinte carbone pourrait se faire à bord de L’Eraole, un avion propulsé grâce à l'énergie solaire et à un carburant à base... d’algues vertes.

Le vol devra durer deux jours et deux nuits. Soit une cinquantaine d'heures. Avec pour seul mode de propulsion, l'électricité fournie grâce à l'énergie solaire captée par les panneaux photovoltaïques recouvrant la structure de l'aéronef (25%) et un combustible propre élaboré à base d'algues vertes (75%). « C'est tout l'enjeu », résume Raphaël Dinelli, initiateur de la fondation Océan Vital et du projet Eraole, engagé cette fois dans une course en faveur de l'aviation verte.

« La règle d'or, c'est : pas de carburant fossile et pas d'émission de CO2. »

Passionné par le développement durable, ce marin chevronné, qui s'est illustré en effectuant plusieurs transatlantiques, des tours du monde et le Vendée Globe (2008), a construit sa maison bioclimatique avec des matériaux sains en 1998.

Avant de créer, dix ans plus tard, la fondation Océan Vital, dédiée à la recherche d'énergies renouvelables, aux Sable-d'Olonne, et d'embarquer éoliennes et panneaux solaires à bord de son 60 pieds pour le Vendée Globe de 2008. C'est ainsi qu'est progressivement née l'idée de l'Eraole, un biplan hybride de 750 kg, capable d'atteindre une vitesse de pointe de 140 km/h, sans émission de CO2.

Lancé en 2009, ce projet réunit une dizaine d'autres passionnés, experts, ingénieurs et techniciens et de nombreux soutiens, dont les centres d'études techniques et d'ingénierie dans l'aéronautique et l'aérospatiale, l'Onera et Andheo qui ont cherché à limiter la traînée dans l'air et validé les performances aérodynamiques de cette innovation volante.

De son côté, la fondation a mis au point et breveté des panneaux flexibles encapsulés de cellules solaires incrustées dans un matériau composite, offrant un taux de rendement très élevé. En cours de certification, ce procédé, testé sur des bus (Renault) et le train Rayon vert (SNCF), fournira 25% de l'énergie nécessaire à la propulsion et renforcera la résistance mécanique de la structure de l'aile sans trop augmenter le poids de l'appareil.

« Pour parcourir une distance aussi longue, une batterie serait trop lourde, estime Raphaël Dinelli. Il faut donc fabriquer l'énergie à bord. »

S'il fut un temps question d'utiliser l'hydrogène, les équipes ont dû se résoudre à l'abandonner en juin dernier. Outre les dangers de ce gaz, sa stabilité dans les réservoirs rendait la navigation difficile. D'où un plan B : les algues vertes.

Menées depuis l'an 2000 par le laboratoire GEPEA (Génie des procédés environnement et agroalimentaire), à Saint-Nazaire, les études sur les micro-algues auraient déjà permis de mettre au point un dérivé de souches d'algues qui, associé à du gas-oil, permet de faire tourner un moteur diesel. Reste à trouver une solution fiable fonctionnant avec une substance 100% verte pour faire tourner une génératrice d'électricité.

« En cours de développement, la production du laboratoire pourrait permettre de fournir les 150 à 200 litres de carburant nécessaire », assure Raphaël Dinelli, qui devra alors tester et valider la motorisation avec l'École centrale de Nantes.

Plus que quinze mois pour trouver 2,4 millions

Une course contre la montre alors que le projet, labélisé par les pôles de compétitivité Tennerdis (Rhône-Alpes) et tout récemment EMC2 (Pays de la Loire), cherche à s'entourer de partenaires industriels pour financer et concevoir l'outillage nécessaire à la réalisation du fuselage de l'Eraole. Il permettra, notamment, de valider l'ergonomie de l'engin.

« L'avion n'est pas vraiment le problème, assure Laurent Manach, directeur général d'EMC2. Le projet présente une rupture technologique et une vraie vision d'avenir. Une démarche grandeur nature sur l'association de nouvelles technologies (matériaux composites, algues vertes, encapsulation, etc.). Grâce à de faibles émissions de carbone, on peut imaginer des débouchés sur les marchés de l'aviation de tourisme dans le Pacifique, par exemple. »

Sur un budget global de 5,7 millions d'euros, il manque aujourd'hui 2,4 millions, dont 800000 pour réaliser la vingtaine de pièces et de moules. Face aux risques de se faire griller la politesse par les multiples projets d'aviation verte en cours de chantier dans le monde, Raphaël Dinelli estime que les quinze mois restants correspondent au temps nécessaire à la préparation d'un Vendée Globe. Sur les traces de Charles Lindbergh, il a déjà commencé les cours de pilotage. Objectif : être fin prêt pour la fenêtre météo du solstice d'été 2015.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2014 à 20:07 :
Et les émissions de méthane de ma belle-mère, c'est réglé. On a utilisé les bouchons de champagne des fêtes pour y remédier :-)
a écrit le 03/01/2014 à 10:20 :
Aujourd'hui, nous inaugurons l'année des "reportages" sans intérêt, ou en tous cas pas suffisamment approfondis pour qu'ils restent dans les annales journalistiques sauf pour n'être que marronniers hors saison………..
a écrit le 02/01/2014 à 19:19 :
Moi je vous dirais même plus: c'est pour le premier trimestre de 2014 déjà !!!
a écrit le 30/12/2013 à 2:04 :
Un grand Bravo à Raphaël Dinelli et entre autres à cette fondation qui ont de très bons projets comme cet avion en cours.
a écrit le 23/12/2013 à 21:31 :
"Le projet présente une rupture technologique"
Euh, y nous prendrait pas un peu pour des imbéciles là non ? Elle est où la "rupture technologique" dans tout ça ??!!
a écrit le 23/12/2013 à 21:30 :
"Le projet présente une rupture technologique"
Euh, y nous prendrait pas un peu pour des imbéciles là non ? Elle est où la "rupture technologique" dans tout ça ??!!
a écrit le 20/12/2013 à 15:15 :
Faire un long courrier avec des passagers que pédaleraient à tour de rôle!
Réponse de le 20/12/2013 à 17:26 :
Parce que si non ne recherche pas dès aujourd'hui des solutions pour se passer du pétrole, on n'aura pas d'autre choix que de pédaler lorsqu'il n'y aura plus de pétrole ;)
Réponse de le 07/01/2014 à 20:10 :
@suanik: faut être Frigide Barjot pour croire qu'on va manquer de pédales dans notre pays. On arrête pas uen tendance aussi importante :-)
a écrit le 20/12/2013 à 12:22 :
A moins de faire pousser cet avion dans un champ sans engrais et sans pesticides/fongicides, je ne vois pas comment sa fabrication pourrait ne pas être polluante ... Mais bon on peut quand même saluer les efforts de ces équipes pour imaginer et concevoir des solutions ne se basant pas sur le tout pollution.
Réponse de le 02/01/2014 à 12:08 :
Jusqu'à plus ample informée la combustion d'un carburant diesel même mélangé avec un carburant à base d'algues vertes produit du CO2. Quelqu'un aurait il une explication pour justifier l'affirmation 0 CO2? et encore on ne parle que de l'utilisation, pas de la production....
Réponse de le 07/01/2014 à 9:45 :
C’est simple en fait.
Il y a du CO2 partout sur terre, dans l’atmosphère, dans les végétaux, dans les animaux, dans la croute terrestre, etc… Ce CO2 fait partie d’un cycle en constante évolution ; par exemple, le CO2 contenu dans l’atmosphère est absorbé par les plantes qui le transforment en composés organiques, eux-mêmes digérés par des animaux, etc… le CO2 de l’atmosphère se dissout également dans l’eau de mer, et retombe au fond sous forme de sédiments.
Ceci dit, une grande partie du CO2 dans le monde est enfouie sous terre (carburants fossiles, entre autres), et ne participe donc pas à ce cycle ; il est simplement stocké là, et ne bouge pas.
Quand vous brulez du pétrole, vous relâchez dans l’atmosphère du CO2 qui n’était pas dans le cycle. Vous augmentez donc la quantité de CO2 en circulation dans le cycle, et s’en suit l’effet de serre, le réchauffement climatique, etc…
Si maintenant vous brulez du colza, ou des carburants issus de la fermentation des algues, vous relâchez également du CO2 dans l’atmosphère, mais dans ce cas, ce CO2 était déjà dans le cycle, donc vous n’augmentez pas la quantité de CO2 en circulation – donc pas d’effet de serre, etc…
Dans l’article ci-dessus, on dit que cet avion fonctionnera à l’énergie solaire (25% - pas de rejets de CO2) et avec un combustible élaboré a base d’algues (75% - la non plus, pas de CO2 ; il s’agit probablement d’un alcool obtenu par fermentation de ces algues, pas de diesel ni de super). Donc effectivement, pas de CO2.
La dernière clarification nécessaire ici et que l’article parle d’un trajet « sans CO2 », et il faut en fait comprendre « sans CO2 additionnel ».

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