Safran : quand Herteman lance sa campagne pour être renouvelé

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Jean-Paul Herteman a fait passer Safran dans une autre dimension
Jean-Paul Herteman a fait passer Safran dans une autre dimension
Fort d'un bilan satisfaisant, Jean-Paul Herteman se verrait poursuivre sa mission à la tête de Safran.

Le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman (64 ans), a semble-t-il commencé sa campagne pour être renouvelé à la tête du groupe aéronautique en pleine forme financière et économique. En avril 2015, il doit achever son actuel mandat à la tête de la success-story Safran. Et selon des sources concordantes, il briguerait un nouveau mandat. Plusieurs candidats en interne ainsi qu'en externe en rêvent également le matin en se rasant... Mais la course au Graal est encore longue.

A la fin de la présentation des résultats 2013 et avant les traditionnelles questions des journalistes, Jean-Paul Herteman a fait le bilan des années 2007-2013. Clairement depuis son arrivée à la tête du directoire en 2007, une fonction remplacée depuis par celle de PDG. Il a présenté un bilan à son avantage. Un bilan en trois temps qui se sont "enchaînés et emboités" et qu'il a intitulé "la dynamique du succès". Ce qui n'est pas faux non plus tant le groupe affiche de bons résultats depuis plusieurs années. Notamment en 2013 où Safran a enregistré des performances record. Plus le groupe accroît son parc de moteurs en service, plus il a des chances de récupérer leur support, une activité très, très lucrative. La marge opérationnelle de l'activité propulsion s'élevait en 2013 à 17,4 %. 

Une capitalisation boursière qui a multiplié par 3

2007-2009, le temps des "chantiers et des réformes de fonds", une période au cours de laquelle Jean-Paul Herteman a pacifié, comme l'exigeaient l'Etat et les actionnaires, un groupe déchiré par une "fusion mal engagée et mal partie". Une période au cours de laquelle Safran a mis de l'ordre dans les activités de Sagem, a anticipé la succession du best-seller le moteur CFM56 avec le LEAP et a donné à "la pépite Morpho une dimension mondiale". Le tout en construisant "un vrai groupe". Avec recul, Jean-Paul Herteman réussi dans sa mission. A partir de 2010, c'est le temps de la "confiance retrouvée" symbolisé par le cours de bourse de Safran, qui a grimpé de 187,3 % depuis son entrée dans le CAC 40 (50,51 euros) mais aussi par dix accords syndicaux signés ainsi qu'un actionnariat salarié à 15 %.

Puis est venue la "croissance partagée" : un résultat opérationnel multiplié par 2,2 entre 2007 et 2013, une capitalisation boursière multipliée par 2,9. Le groupe a versé sur cette période 1,6 milliard de dividendes aux actionnaires et 1,5 milliard d'intéressement et participation aux salariés. Safran a également investi, a rappelé Jean-Paul Herteman, 2,7 milliards d'euros, dont 1,7 milliards en France (notamment à Bordes et Commercy) et 9,6 milliards dans la R&D. Enfin, le groupe a créé en France 3.700 emplois nets (10 %) des effectifs et 8.900 à travers le monde au cours des trois dernières années. Sans compter les emplois indirects. Bref un bilan à faire pâlir tous les politiques de gauche comme de droite.

Et les résultats 2013 ? Record

Le groupe a dégagé l'an dernier un résultat opérationnel courant de 1,788 milliard d'euros, en hausse de 23,8 %, un résultat net part du groupe en progression de 22 % à 1,193 milliard et un chiffre d'affaires en augmentation de 8,4 % à 14,695 milliards d'euros. Safran a aussi enregistré des commandes record de 20,8 milliards d'euros en 2013, portant le carnet de commandes à 56,2 milliards. Bref tous les voyants sont au vert avec un bémol sur les activités défense et sécurité en recul.

Et en 2014 ? Safran a annoncé compter sur l'accélération des cadences de production des avions pour soutenir sa croissance en 2014, après avoir dépassé ses objectifs en 2013 grâce à une hausse deux fois plus forte que prévu des services pour moteurs civils. Le motoriste aéronautique, présent également dans la défense et la sécurité, vise pour 2014 une hausse d'environ 5 % de son chiffre d'affaires ajusté et une progression légèrement supérieure à 10 % de son résultat opérationnel courant ajusté.

"Forts de notre réussite en 2013, nous sommes particulièrement confiants quant à la croissance de nos résultats" en 2014 "grâce à l'accélération des cadences de production des avions et la maturité croissante de notre base installée de moteurs d'avions civils", a expliqué Jean-Paul Herteman. Un nouvel exercice qui s'annonce bien pour le groupe et son PDG...

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Commentaires
a écrit le 22/02/2014 à 14:43 :
Bravo. Voilà un bon.

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