Aéronautique et défense : où sont les patrons au féminin ?

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Monique Legrand-Larroche - DGA (à gauche) et Pascale Sourisse - Thales.
Monique Legrand-Larroche - DGA (à gauche) et Pascale Sourisse - Thales. (Crédits : DR)
Contrairement aux États-Unis, aucune femme n'est encore parvenue à accéder à un poste de patron d'un groupe d'armement. Jusqu'à quand ?

Et les femmes dans l'industrie de l'armement ? Pas une seule encore ne s'est assise dans un fauteuil de patron d'un grand groupe de défense français. Ce qui n'est pas le cas aux États-Unis où deux femmes sont actuellement à la tête de deux géants de l'armement : depuis le 1er janvier 2013, Marillyn A. Hewson est PDG du plus grand vendeur d'armes de la planète, Lockheed Martin ; à la même date, l'ancien officier de la CIA, Phebe Novakovic, a pris les mêmes fonctions de PDG chez General Dynamics, sixième plus grand groupe mondial.

En France, à l'exception modeste d'Anne-Marie Perus, PDG d'Alkan (1996-2005), filiale de MBDA, puis d'EADS Sogerma Services (2006-2007), aucune femme n'a pu accéder à la plus haute fonction d'un groupe de défense. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé pour Pascale Sourisse (Thales), qui a échoué dans la course à la succession de Denis Ranque, puis de Luc Vigneron pour devenir PDG du groupe d'électronique. Retoquée par les actionnaires de Thales (État et Dassault Aviation). Peut-être trop machistes ? Elle surveille aujourd'hui la succession de Jean-Paul Herteman, PDG de Safran.

Une femme à la tête de la direction générale de l'armement ?

Pour autant, les femmes ne sont pas si nombreuses à pouvoir briguer de hautes fonctions dans ce monde d'hommes. Outre Pascale Sourisse, Monique Legrand-Larroche, la première femme officier général 4 étoiles en France, pourrait quant à elle succéder au délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, qui doit quitter son poste en janvier 2016. D'autant que cette passionnée de grosses motos a été nommée en juin directrice des opérations de la Direction générale de l'armement (DGA). Toujours à la DGA, Caroline Laurent pourrait quant à elle très bien se glisser dans le fauteuil de la direction de la stratégie, en charge de la préparation de l'avenir, une direction que pourrait quitter Jean-Pierre Devaux.

D'autres femmes ont réussi à se faire une place au soleil en haut de la pyramide. C'est le cas d'Hélène Moreau-Leroy, PDG d'Hispano-Suiza (groupe Safran) depuis mai 2013. Elle fait partie des « jeunes pousses » pouvant se frayer un chemin jusqu'aux sommets du pouvoir. Veronika Roux (ex-Thales) s'est hissée quant à elle en quatre ans à la tête de Sodexo Défense Services, une activité qui prend de plus en plus d'ampleur grâce à son audace. De son côté, Nathalie Smirnov a quitté les satellites de Thales Alenia Space (TAS) pour prendre la tête de la division services de DCNS, une activité en devenir du groupe naval.

Des femmes vendeurs d'armes

Quelques rares femmes se sont fait une place sur le grand export aux côtés des hommes. C'est le cas d'Anne Tauby, directeur depuis 2010 d'Airbus Group pour la zone Amérique Latine, où le groupe lui doit plusieurs jolis succès à l'exportation (satellites d'observations, hélicoptères...), ou encore de Marie-Laure Bourgeois, en charge de la zone Asie du Sud-Est chez Thales. Et enfin de Laurence Rigolini, chargée des ventes et du support de la gamme d'hélicoptères d'Airbus Helicopters en Russie et dans les pays de la CEI depuis quatre ans. C'est le cas aussi des prometteuses Clarisse Guilmet, directrice régionale Asie de la division Avionics chez Sagem Défense et Sécurité (groupe Safran), et de Clémence Bastien (Airbus Helicopters), qui se bat pour signer des contrats dans les pays de l'ex-URSS.

Enfin, Anne Diaz de Tuesta est responsable du contrôle des exportations et de la conformité du missilier MBDA. À noter aussi Véronique Cham-Meilhac, « Mme Aster » de MBDA, le missile antimissile engagé sur plusieurs fronts à l'export (Turquie, Pologne, Qatar...).

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Commentaires
a écrit le 09/09/2014 à 9:13 :
Encore des idioties de Journaliste.
Les femmes ont le plus beau métier du monde, que les hommes ne pourront jamais leur ravir :
Porter un petit enfant, et le nourrir pendant la phase où il est très faible et très sensible.
Les pousser à aller dans les métiers de l'armement, et faire la gueguerre comme les hommes, ce n'est pas leur rendre service.
Réponse de le 09/09/2014 à 15:54 :
Le genre est un système qui distingue l’humanité en deux catégories étanches, "femmes" et "hommes", et crée en même temps une hiérarchie entre ces catégories. Mais le genre concerne aussi les représentations, symboles et valeurs associés à chaque catégorie. Posez-vous la question: quel adjectif associez-vous aux mots "homme" et "femme"? Lesquelles de ces caractéristiques sont positives? Négatives? Et surtout: lesquelles sont les mieux socialement? Lesquelles sont susceptibles de vous placer dans une situation de pouvoir? Au moment où règne la peur de l’indifférenciation entre les genres, que véhiculent les discours hostiles au féminisme et/ou aux études de genre ("vous voulez que les femmes soient identiques aux hommes"), certaines stratégies visent à assurer cette différence en rappelant les rôles prétendus de chacun. Or cela se traduit, toujours par une différence accentuée du côté du féminin
a écrit le 09/09/2014 à 1:56 :
N'importe quoi ! Ce monde ne tourne plus rond. On veut aller contre la nature, c'est les hommes les gueriers et les chefs et qui vont mourrir au combat...Chacun sa place.
Réponse de le 09/09/2014 à 15:52 :
L’utilisation de l’idée de "nature" permet de présenter la race et le sexe comme des réalités matérielles. L’existence de différences de sexe et de race est présentée comme "un fait avéré et irréfutable"; cela voudrait donc dire que les catégories de sexe et de race constituent, elles-mêmes, des faits avérés et irréfutables. Le sexe et la race ne sont plus des catégories: ce sont des faits, des "réalités". L’idée de nature est donc indissociable de ces notions; elle permet de faire passer le sexe et la race pour des réalités préalables à tout discours, à toute analyse, existant indépendamment du regard porté sur elles – indépendamment, donc, de toute idéologie. L’idée de nature permet par conséquent de masquer la dimension sociale des catégories mêmes de sexe et de race: il ne s’agirait pas de catégories imposées sur la nature, mais de faits naturels qu’on se contenterait de décrire
a écrit le 08/09/2014 à 23:08 :
Peu d'intérêt de nommer une femme à un poste de PDG parce que femme. Idem au masculin. Nommer pour les compétence SVP.
Réponse de le 09/09/2014 à 16:14 :
Durant des millénaires, les sociétés ont été́ dirigées uniquement par des hommes et pas un seul instant la question d’une soi-disant compétence - ou incompétence - liée au genre ne s’est posée. Cette question n’est apparue que depuis que quelques-unes, à force de ténacité́, ont réussi à atteindre les hautes sphères du pouvoir. Quelques-unes en effet, pas énormément en réalité́. Il est d’ailleurs assez étonnant que la question spécifique de la compétence des femmes se pose de manière aussi récurrente dans les débats alors que les quelques femmes qui exercent des responsabilités politiques ou économiques sont une minorité́. Une minorité́ forcement surdiplômée, surmotivée et sur-organisée, notamment pour la garde des enfants. Cette minorité́ aurait donc réussi le tour de force d’être à la fois surentrainée par rapport à ses homologues masculins et par la même occasion moins compétente ? Mystère...
a écrit le 08/09/2014 à 9:36 :
En effet, aucune raison qu'elles ne tiennent pas le manche
a écrit le 08/09/2014 à 9:27 :
"Peut-être trop machistes ?" Peut-être pas assez compétente ? Peut-être un autre candidat plus en accord avec la ligne des actionnaires ? Peut-être qu'elle a oublié que le faire savoir est aussi important que le savoir faire ? Peut-être qu'un candidat meilleur qu'elle l'a emporté ? Peut-être qu'elle n'a pas fait les écoles attendues pour le poste (sachant qu'en France tout ce qui compte c'est le diplôme) ?

Bref, à toujours crier au machisme, vous ne faites pas avancer le débat. Ce n'est pas en se comportant en victime qu'on mange le monde.

Dernier point, on attend toujours qu'une femme créée un grand pôle d'armement ou même une grande entreprise quelconque (industrie, télécom, services en ligne...) depuis rien. Et ne me dites pas que ce n'est plus possible de nos jours, parce que Facebook, Amazon, Free, Twitter, Tesla, Google... Toutes ces sociétés ont à peine une vingtaine d'années.

Par exemple il y a des marges de progression dans les drônes à usage privé, alors si des femmes se sentent véritablement innovantes, et si elles sont compétentes et comptent sur autre chose que la discrimination positive pour réussir, qu'elles le prouvent. Sinon, tout le reste ne sera que blabla politiquement correct et pleurnicherie de militantes pro gender en manque de reconnaissance sociale.
Réponse de le 08/09/2014 à 15:37 :
Il est paradoxal d’accuser une « théorie importée des Etats-Unis », alors que les mouvements qui soutiennent les pétitions contre le genre à l’école sont profondément inspirés de la Science chrétienne et des idéologies fondamentalistes américaines… Les études sur le genre qui se sont développées aux USA s'appuient sur un corpus de travaux empiriques validés au sein de communautés scientifiques internationales dont la rigueur et l'autonomie intellectuelle sont reconnues ; ils ont notamment montré que cette différence biologique sert dans nos sociétés, y compris prétendument développées et éclairées, de justification magique à un certain nombre de discriminations : les femmes participent moins à la vie publique ou politique, elles bénéficient d'une moindre reconnaissance professionnelle dans les déroulements des carrières, elles touchent des salaires inférieurs pour le même travail, elles accomplissent la plus grande part des tâches domestiques (cuisine, ménage, courses, soins aux enfants ou aux personnes âgées)…Leurs choix de métiers sont plus contraints et restreints que ceux des hommes, elles ont des libertés de choix en matière amoureuse ou sexuelle diminuées voire niées… Les études sur le genre ont donc permis de comprendre et de lutter contre les stéréotypes associés aux différences entre les sexes et leurs effets dévastateurs aussi bien pour l'épanouissement des filles que des garçons.
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a écrit le 08/09/2014 à 8:21 :
"Contrairement aux États-Unis"..... et voilà le pays-modèle pour les journalistes français. À quoi bon citer les USA, un pays pas forcément "féministe" (aucune femme président de la République jusqu'à ce jour) quand on sait que dans bien d'autres pays du monde il y a des femmes qui occupent des hauts rangs militaires depuis longtemps ? ah ces Etats-Unis qui font rêver (encore) nos journalistes....
Réponse de le 08/09/2014 à 9:29 :
La France a pris fait et cause pour le militantisme pro gender et à part aux USA, Canada, Suède et Norvège, je ne vois pas bien quels autres modèles les "journalistes" à tendance sociologique pourraient mettre en avant.
Réponse de le 08/09/2014 à 17:42 :
Ouvrez un peu plus large vos égards et allez voir du côté d'Eritrea, Afrique du Sud, Libye (Les Nonnes Vertes), Australia, Brésil, Israel, Nepal Nouvelle-Zélande, Pakistan (l'unique pays islamique où il existe des femmes militaires de haut rang), la Chine, Philippines, Singapour, Sri Lanka, Thaïlande, Russie, Danemark, Finlande, Allemagne, Irlande, Pologne et Turquie.
Réponse de le 08/09/2014 à 17:58 :
eh oui quand on ne voit que des "modèles" anglo-saxons le reste du monde n'existe plus. c'est très intelligent ça (j'ironise)....

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