Commandes d’avions : Airbus aurait encore coiffé Boeing sur le fil

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Pour rester devant Boeing, Airbus devait engranger 400 commandes supplémentaires sur le seul mois de décembre.
Pour rester devant Boeing, Airbus devait engranger 400 commandes supplémentaires sur le seul mois de décembre. (Crédits : reuters.com)
Alors que Boeing a publié des prises de commandes d'avions historiques en 2014, Airbus aurait dépassé son rival qui avait la course en tête tout au long de l'année selon l'agence Reuters. Un scénario qui s'est plusieurs fois produit ces dernières années.

Un air de déjà vu. Si la palme du plus grand constructeur mondial en 2014 était déjà acquise à Boeing en raison d'une production d'avions long-courriers supérieure à celle d'Airbus, l'avionneur européen a, semble-t-il, une nouvelle fois remporté la bataille des prises de commandes en coiffant sur le poteau son rival américain qui avait pourtant fait la course en tête toute l'année.

Un gros mois de décembre pour Airbus

Alors que Boeing a annoncé ce mardi avoir la meilleure performance commerciale de son histoire avec 1.550 commandes brutes et 1.432 commandes nettes (en tenant compte des annulations), Airbus, qui publiera son bilan commercial le 13 janvier, aurait fait mieux selon l'agence Reuters, en termes de commandes brutes et de commandes nettes.
L'avionneur européen a donc terminé l'année au sprint car, fin novembre, il ne totalisait «que» 1.328 commandes brutes et 1.031 commandes nettes.

Pour rester devant Boeing, Airbus devait engranger 400 commandes supplémentaires sur le seul mois de décembre. Celles-ci ont pu provenir de la signature de nouveaux contrats (l'AFP avait totalisé 140 commandes nettes supplémentaires le 26 décembre, à 1.170) et de la transformation en commande ferme de protocoles d'accord signés plus tôt dans l'année. Par exemple, la concrétisation de l'énorme commande de la compagnie indienne Indigo annoncée en octobre, peut permettre de gonfler les compteurs d'Airbus de 250 appareils.

Boeing produit des avions comme des petits pains

Quoi qu'il en soit, le millésime 2014 est une nouvelle fois extraordinaire après celui de 2013 qui est jusqu'ici, la meilleure performance commerciale de l'histoire de l'aéronautique (1.619 commande brutes, 1.518 commandes brutes).

Du côté des livraisons, Airbus aurait également dépassé son record enregistré l'an dernier (626 appareils), sans toutefois atteindre les 723 avions livrés par Boeing l'an dernier (soit deux avions par jour), là aussi un record

Doublement de la flotte d'ici à 20 ans

Les performances d'Airbus et de Boeing traduisent l'énorme potentiel du marché des ventes d'avions. Selon tous les industriels, la flotte d'avions dans le monde est appelée à doubler au cours des vingt prochaines années, pour atteindre, selon les dernières prévisions de Boeing, plus de 40.000 avions d'ici à 2033. Près 37.000 appareils neufs (avions régionaux, de plus de 100 sièges, tout cargo) devraient être livrés d'ici à 2033, pour une valeur de 5.200 milliards de dollars au prix catalogue. Ce boom s'explique notamment par les prévisions de hausse du trafic de passagers, qui devrait croître en moyenne, durant cette période, d'environ 5% par an. De 3,4 milliards de passagers en 2014, le trafic devrait doubler avant vingt ans.

Lire ici : Deux fois plus de passagers d'ici à 20 ans, comment fait-on?

La baisse du prix du carburant, un frein au renouvellement des flottes

Pour l'année en cours, la baisse de l'euro face au dollar (la monnaie de transaction dans l'aéronautique) est un atout pour Airbus puisqu'elle lui permet de gagner en compétitivité. En revanche, la baisse du prix du pétrole peut avoir un effet négatif sur les prises de commandes destinées au renouvellement des flottes. Les compagnies peuvent en effet  être tentées de ne pas renouveler immédiatement des appareils qui, s'ils n'étaient plus rentables avec un baril à 100 dollars, le redeviennent avec un baril deux fois moins cher..

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Commentaires
a écrit le 08/01/2015 à 8:03 :
a quand la baisse des billets d'avion qui devrait etre indéxé sur le prix du baril????????
a écrit le 07/01/2015 à 17:56 :
La méga-commande d'Air Asia signée dans le bureau de M Hollande a forcément du plomb dans les ailes, même sans l'affaire de Surabaya, c'était difficilement tenable. Ca risque de faire du -200 au compteur.
a écrit le 07/01/2015 à 9:29 :
Airbus renouvelle le coup des commandes bidons de dernière minute.

Boeing conçoit et construit les meilleurs jets commerciaux.

Airbus essaye depuis longtemps sans succès.
Réponse de le 07/01/2015 à 10:18 :
C'est vrai qu'Airbus ne produit rien et ne vend rien ! Les clients essaient d'acheter mais n'y arrivent pas. Heureusement que Philippe Cauchi connait La Verité
Réponse de le 07/01/2015 à 10:26 :
Votre commentaire n'est pas manichéen biensûr ..
Réponse de le 07/01/2015 à 12:51 :
Philippe, votre commentaire est très intéressant. Je souhaiterai vous inviter à diner mercredi soir, ce sera entre spécialiste.
Réponse de le 07/01/2015 à 13:47 :
il n'est pas question de parler de commandes bidons mais on peut remarquer deux choses d'abord pourquoi mettre tant de temps pour publier des chiffres simples , cela fait suspecter un ajustement par rapport au concurrent , ensuite pourquoi comme par hasard, et tous ans, engranger tant de commandes entre le 26/12 et le 31/12 ( à moins que ce ne soit un peu plus tard tout le monde sait arrêter les pendules ce qui expliquerait qu'il faille attendre le 13/01 pour avoir les chiffres); quant aux livraisons là il n'y a pas d'effet de dernière minute c'est de l'industrie pas du commerce, il y aura 15% d'écart entre les deux protagonistes et c'est cela qui compte dans le bilan ( CA et marges)
Réponse de le 07/01/2015 à 22:18 :
il faudrait regarder du coté des bonus du directeur commercial d'airbus, et se demander pourquoi l'objectif n'est que du volume et pas des marges, car la rentabilité de la société reste bien modeste au regard de ses performances économiques, surtout pour des avions qui ne sont pas disponibles avant au mieux 7 ou 8 ans !!
a écrit le 07/01/2015 à 9:01 :
Une flotte ne se renouvelle pas en 5 minutes et les gestionnaires ne travaillent pas sur le court terme. La baisse du prix du pétrole leur permet d'assurer la jonction à bon coût.

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