Spatial : Airbus et Safran veulent plus d’argent public pour exploiter Ariane 6
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Nouvelles tractations pour réévaluer le soutien à l'exploitation d'Ariane 6
Arianespace
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Nouvelles tractations pour réévaluer le soutien à l'exploitation d'Ariane 6
Arianespace
lorsqu'ils ont annoncé vouloir prendre le contrôle du programme Ariane 6,
Airbus et Safran avaient clamé haut et fort qu'ils n'avaient pas besoin d'aides publiques à l'exploitation du futur lanceur lourd européen, ce n'est plus le cas. C'est là le péché originel des deux industriels, qui pour « privatiser » à tout prix Ariane 6, ont promis monts et merveilles aux États membres de l'Agence spatiale européenne (ESA), notamment à la France, qui assure depuis toujours le leadership européen dans le domaine des lanceurs.Et François Hollande, séduit par les promesses pourtant très incertaines des deux industriels sur la foi d'un simple projet monté à la hâte pour torpiller le projet d'un lanceur PPH du CNES (deux étages de base à poudre et un étage cryogénique), leur a offert les clés d'Ariane 6. Aujourd'hui réunis dans une filiale commune ArianeGroup, Airbus et Safran avaient également promis de développer et de concevoir un lanceur low-cost qui devait être opérationnel dès 2020. Un objectif raté dans les grandes largeurs : le lanceur lourd européen doit en principe voler pour la première fois en 2024, avec trois ans et demi de retard.
Laminée par la concurrence de SpaceX, qui lance des satellites comme des petits pains (68 lancements depuis le début de l'année, contre trois pour l'Europe spatiale depuis la Guyane) et éreintée par la crise du Covid-19 et les retards répétés d'Ariane 6, ArianeGroup a réussi dès 2021 à convaincre les États membres de l'ESA de lui octroyer un soutien financier à l'exploitation d'Ariane 6 évalué à environ 140 millions d'euros par an. Deux ans plus tard, le constructeur européen revient à la charge en raison de l'hyperinflation qui sévit depuis deux ans.
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A quelques semaines d'un sommet spatial qui va se dérouler le 7 novembre à Séville, il est en train de négocier une très nette réévaluation du soutien à l'exploitation d'Ariane 6. Il demande 350 millions d'euros par an aux Etats membres de l'ESA. Soit une hausse incroyable de 150%. « On ne veut pas d'une non décision à Séville », insiste-t-on en France. Cette aide lui permettrait de rester compétitif sur le marché commercial sur lequel SpaceX se montre extrêmement agressif. Le constructeur américain profite entre autre des commandes extrêmement généreuses du Pentagone et de la NASA pour baisser ses prix sur le marché commercial et signer une flopée de contrats avec des opérateurs privés.