... Une remontée en puissance qui reste encore insuffisante
Promesse tenue par Florence Parly ! Le ministère des Armées va franchir en 2022 le fameux seuil de 1 milliard d'euros pour les crédits d'études amont (901 millions en 2021). Une barre aussi symbolique qu'importante mais une barre certainement insuffisante au regard des enjeux cruciaux dans l'innovation pour donner aux armées la supériorité opérationnelle, notamment dans la robotique, l'intelligence artificielle, l'informatique quantique, la cryptographie, la génération d'énergie, les armes à effet dirigé, la furtivité, l'hypervélocité, la cyberdéfense et les neurosciences. Des investissements extrêmement vitaux pour que la France garde une certaine autonomie de décision, une des clés majeures de sa souveraineté. L'innovation reste donc la clé pour gagner la guerre avant la guerre. Cinq ans après l'arrivée de Florence Parly à l'Hôtel de Brienne, la France n'a semble-t-il pas décroché mais les prochaines années seront cruciales pour qu'elle continue à tenir son rang.
Cette course à la technologie de rupture dans l'armement implique de plus en plus un effort massif dans la recherche mais aussi dans toutes les formes d'innovations (de rupture, incrémentales, etc...) et dans les entreprises qui innovent. On peut toutefois regretter la frilosité du ministère à investir plus fortement dans l'ONERA, qui devrait être un acteur majeur de la politique de R&T dans la défense. Ce n'est pas le cas, comme l'a encore déploré la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat. En 2022, le ministère va consacrer dans le cadre de son budget annuel 7 milliards d'euros au total dans la R&D ( Recherche et Développement). Le ministère fera un effort au profit de la cyberdéfense, du domaine spatial (646 millions), de la défense NRBC et des études pour les programmes en coopération européenne, dont notamment le Système de combat aérien du futur (SCAF). Il renforce ses moyens (231 millions d'euros) dans le domaine de la cyber avec un coup d'accélérateur dans les ressources humaines (376 nouveaux postes en 2022).