L'ONERA sauve in extremis la stabilité de sa subvention publique

Après le coup de gueule du Sénat et des négociations serrées, l'ONERA bénéficiera in fine en 2022 d'une subvention stable à 110 millions d'euros par rapport à 2021. Pour autant, au moment où la France lance de grands programmes dans le militaire et où il faut accélérer dans la décarbonation du transport aérien, le ministère des Armées ne booste pas l'ONERA, pourtant le bras armé technologique de l’État en matière aérospatial.
Michel Cabirol

3 mn

Le niveau de subvention pour charges de service public de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales au titre de l'année 2022 s'élève à 108,9 millions d'euros.
Le niveau de subvention pour charges de service public de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales au titre de l'année 2022 s'élève à 108,9 millions d'euros. (Crédits : ONERA)

L'ONERA sauve in extremis les meubles... Selon nos informations, l'Office national d'études et de recherches aérospatiales ne verra finalement pas sa subvention baissée. Car c'était l'une des très mauvaises surprises du budget des armées 2022. Alors que les défis technologiques (civils et militaires) actuels sont très nombreux, le niveau de subvention pour charges de service public de l'ONERA au titre de l'année 2022 ne devait s'élever qu'à 108,9 millions d'euros. Soit une légère baisse de 1,1 millions d'euros par rapport à la loi de finances initiales de 2021. Mais le coup de gueule du Sénat mi-décembre en faveur de l'ONERA et des négociations serrées en décembre avec la direction générale de l'armement (DGA), les ministères de l'Économie et des Armées ont permis à l'ONERA de retomber sur ses pattes et de disposer d'une subvention stable.

En outre, le bras armé technologique de l'État en matière aérospatial va bénéficier de dotations en fonds propre, qui vont lui permettre de bénéficier en moyenne d'une aide publique annuelle totale d'environ 116 millions d'euros sur la période du nouveau contrat d'objectifs et de performance (2022-2026). Seul hic, ces dotations sont fléchées sur des investissements bien précis, contrairement à la subvention, qui est gérée selon les priorités de l'ONERA et de son PDG, Bruno Sainjon. Enfin, l'ONERA n'a pas complètement obtenu le montant prévu de la subvention publique, qui devait s'élever à 120 millions d'euros. Ce qui donne un mauvais signal pour l'avenir au moment où la France lance des grands projets tels que le Système de combat aérien du futur (SCAF).

Une aide à hauteur de 120 millions d'euros

Pour le Sénat, le montant de la subvention pour charge de service public "doit progresser, a minima, au prorata des charges nouvelles imposées par l'autorité de tutelle. L'ordre de grandeur se situe davantage autour de 120 millions d'euros que de 108 millions d'euros". Il avait alors appelé le gouvernement à "cesser enfin ce contresens stratégique, pour renforcer les moyens de l'Office dans le cadre du prochain contrat d'objectifs et de performances (COP 2022-2026)"En 2022, le budget global de l'ONERA atteindra 237 millions d'euros, dont la moitié provient de contrats commerciaux. Enfin l'ONERA connaît une très légère hausse de son plafond d'emplois afin de pouvoir recruter les personnels lui permettant notamment d'adapter son activité, en cohérence avec les perspectives 2022 (1.914 emplois contre 1.899).

"Dans un contexte où les coopérations demeurent difficiles avec l'Allemagne, il est plus que jamais indispensable de préserver notre souveraineté nationale et le niveau d'excellence de l'ONERA", avait écrit la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, présidée par Christian Cambon.

Pour le président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Christian Cambon, "si on pense que la souveraineté technologique en matière aéronautique et spatiale a du sens, ce n'est pas ici qu'il faut chercher à économiser quelques millions. Nous dénonçons depuis des années la politique à courte vue de l'État sur l'ONERA. C'est une pépite à préserver et encourager". Ainsi, le programme 144 soutient certaines technologies quantiques développées par l'ONERA, principalement dans les domaines de la gravimétrie et de l'inertie.

Michel Cabirol

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Commentaires 8
à écrit le 11/01/2022 à 20:34
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Je ne connais pas cette organisme ,je m'en réfère donc aux commentaires . Si elle est compétente ,espérons qu'elle ne soit pas achetée par les USA et destructurée comme Alcatel car nous avons besoin de matières grises techniques dans ce pays .

à écrit le 11/01/2022 à 18:54
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Une vrai pépite qui, rapporté aux bénéfices (pas commerciaux) qu'elle engendre, est un atout stratégique majeur. C'est pour cela que nos politicards banquiers d'affaires veulent la mettre en vente régulièrement 😁. Ils vont bien y arriver à force.

à écrit le 11/01/2022 à 12:17
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L'ONERA est un excellent outil, qui nécessite peut-être quelques adaptations, mais qui doit être mis en valeur et soutenu dans l'ensemble de ses missions au service de l'aéronautique, du spatial et du militaire. D'autres industries peuvent aussi s'ap...

à écrit le 11/01/2022 à 10:11
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Ils étaient forts ces spécialistes dans le domaine des écoulements dynamiques du bruit... Il faut investir dans la recherche fondamentale.

le 11/01/2022 à 21:03
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Bien sûr qu'il faut modéliser, ce qui se fait déjà mais hors mesures réelles, les modèles sont creux, hors sol. Habituellement y a une rétroaction, calculs mathématiques (vive l'informatique !), mesures, ajustement du modèle théorique pour friser la ...

à écrit le 11/01/2022 à 9:45
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le probleme c est que l onera ca rapporte rien en terme electoral. Il vaut mieux choyer les vieux en leur promettant par ex la grande secu (aka faire payer plus les jeunes enbonne sante afin que les vieux gros consommateurs de soins payent moins)

le 11/01/2022 à 21:10
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"en leur promettant par ex la grande secu" voire en en parlant, pour faire bien. Vous cotisez de la même façon jeune ou vieux (% du salaire) ? Les complémentaires ont des frais élevés (et l'Etat prélève une part des sommes versées par les cotisants) ...

à écrit le 11/01/2022 à 9:20
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La méfiance de politiciens déplorablement faibles envers un corps aussi puissant que le corps militaire n'est pas étonnante ou quand le gringalet regarde avec inquiétude, même si sans raison seulement par peur maladive, une montagne de muscles s'appr...

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