"Notre objectif est de garder les start-up en France" (Emmanuel Chiva, Agence de l'innovation défense)
Propos recueillis par Michel Cabirol
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Agence de l'Innovation de Défense
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La Tribune : A quoi faut-il s'attendre au Forum Innovation Défense ?
Emmanuel Chiva: Nous allons présenter les 25, 26, 27 novembre à l'Espace Champerret plus de 110 projets futuristes. Nous les avons classés en cinq quartiers : gagner la guerre avant la guerre ; accompagner les armées grâce au soutien ; innover pour transformer le ministère ; anticiper les ruptures technologiques et, enfin, fédérer l'écosystème autour de l'innovation de défense.
Quels sont les projets phares du Forum ?
Le programme Centurion est l'un des projets les plus intéressants. C'est le futur du fantassin débarqué. Il est innovant à la fois dans ses objets et dans sa façon de procéder. Nous allons montrer par exemple le casque qui permet de filtrer le bruit ambiant et d'éviter les traumatismes auditifs tout en assurant d'autres fonctions pour le combat. En outre, nous avons fait en sorte que ce contrat-cadre important confié à Safran et Thales, puisse intégrer des start-up, qui pourront proposer des innovations à l'intérieur de ce projet.
Le projet Centurion fait-il appel au concept de l'homme augmenté ?
Naturellement, oui. Le soldat équipé du programme centurion sera indéniablement un soldat augmenté. Nous montrerons les équipements et les nouvelles technologies qui équiperont le combattant du futur. Mais je rappelle qu'il n'y aura pas d'augmentation invasive, ni puces implantées dans le corps des soldats français. En revanche, des textiles intelligents récupéreront les constantes vitales des pilotes par exemple. Mais ils pourront bénéficier de la réalité augmentée comme l'aide à la localisation de tirs.
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D'autres projets ?
Dans le quartier « Gagner la guerre avant la guerre », le programme Helma-P développé par CILAS est extrêmement spectaculaire. Cette PME développe une arme laser pour neutraliser des drones et des systèmes d'observation. Dans le soutien aux combattants en matière de santé, le projet hPBES portant sur des greffes de peau autologue pour les grands brûlés, constitue une avancée majeure. C'est un brevet que nous avons pu récupérer du monde civil, et en particulier de l'industrie cosmétique. Nous avons financé un projet d'accélération de l'innovation pour pouvoir utiliser ce brevet. Les grands brûlés font partie de la traumatologie qu'on trouve sur les théâtres d'opérations. La fabrication additive, notamment via le projet OPTIFAB, permettra par exemple de remplacer un certain nombre de pièces en opération. Nous travaillons avec Nexter et Arquus sur cette piste de travail. Enfin, nous allons montrer des horloges atomiques quantiques, et plus particulièrement nous montrerons que nous atteignons un certain degré de miniaturisation aujourd'hui dans les capteurs quantiques grâce à la start-up bretonne Syrlinks.
Propos recueillis par Michel Cabirol