Boeing nomme un nouveau boss à la tête du programme 737 MAX

 |   |  512  mots
(Crédits : Joshua Roberts)
Le responsable du programme 737, Eric Lindblad, va quitter Boeing. Il sera remplacé par Mark Jenks, jusqu'ici responsable du projet de futur avion de milieu de marché (New Midsize Aircraft ou « NMA »).

Embourbé dans la crise du B737 MAX, cloué au sol depuis le 10 mars dernier à la suite de deux accidents mortels qui ont fait 346 morts dans lequel l'appareil est impliqué, Boeing coupe des têtes. Le responsable du programme 737, Eric Lindblad, va quitter le groupe aéronautique. Entré chez Boeing il y a 34 ans, il occupait ce poste depuis seulement un an. Il va partir à la retraite dans quelque semaines a indiqué dans une lettre interne adressée aux salariés  le patron de la division aviation civile Kevin McAllister.

Le responsable du NMA pour redresser le 737 MAX

Boeing va confier le programme 737 à Mark Jenks, jusqu'ici responsable du projet de futur avion de milieu de marché (New Midsize Aircraft ou « NMA »). Cet ingénieur, qui travaille chez Boeing depuis 36 ans, a également dirigé le programme 777X, le dernier dérivé du B777, un gros porteur d'une capacité de 350 à 400 sièges selon les versions. Mark Jenks est crédité d'une partie du succès du programme 787 Dreamliner et sa nomination à la tête du « NMA » était perçue comme un élément favorable en vue du lancement rapide du futur avion de milieu de marché du groupe américain, que d'aucuns ont déjà baptisé le B797.

La tâche s'annonce immense pour Mark Jenks et il lui reviendra désormais de gérer le stock de 737 MAX non livrés, de relancer et d'accroître la production de cet appareil et d'achever le développement des 737 MAX 10, le plus gros monocouloir de Boeing, ont déclaré à Reuters certaines sources. L'enjeu est d'autant plus important que le 737 est l'avion le plus vendu du groupe et que les bénéfices qu'il génère servent à des nouveaux projets comme le « NMA ».

Le "NMA" lancé en 2020?

Ce dernier n'est pas remis en cause a insisté Kevin McAllister. Mike Sinnett, vice-président du développement des produits et du développement des futurs avions chez Boeing Commercial Airplanes, prend désormais la tête du programme « NMA ». Alors qu'avant la crise du MAX, le lancement du "NMA" semblait prévu en juin, il ne sera probablement pas lancé avant le printemps ou l'été 2020, selon des sources de l'agence Reuters. S'il est lancé.

Dans une interview accordé à La Tribune, Philippe Petitcolin, le directeur général de Safran indiquait :

« La priorité numéro un de Boeing, c'est la remise en vol du 737 MAX, même si je pense que les travaux de pré-développement du « NMA » continuent. En tant que motoriste potentiel sur ce programme, il est clair que nous avons un peu moins de pression qu'en début d'année. La pré-sélection du moteur aurait déjà dû avoir eu lieu. Elle a été retardée et tout le monde comprend pourquoi ».

Le remplacement d'Eric Lindblad est le deuxième remaniement en quatre mois dans la direction de Boeing. Boeing a annoncé en mars que John Hamilton, ancien vice-président et ingénieur en chef de la division aviation commerciale, allait se concentrer uniquement sur le rôle d'ingénieur en chef.


Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/07/2019 à 17:40 :
Il devraient aussi virer le Directeur de la Qualité, garant de la qualité des taches de certification.
a écrit le 12/07/2019 à 14:11 :
Ce n'est pas en coupant des têtes que le 737 Max volera plus sûrement ! Tout extrapolation d'un matériel existant pour en faire un plus gros ne consiste pas à faire des multiplications, aussi sophistiquées soient elles. Une base peut servir de point de départ et permettre de gagner un peu de temps, mais sinon ne respecte pas les phases essentielles de développement, de contrôles, de validation, alors la catastrophe est assurée. J'ai l'impression que c'est ce qui est arrivé à Boeing, à vouloir aller plus vite que la musique pour dépasser Airbus...et satisfaire son actionnariat. A moyen terme, sans le soutien du gouvernement américain, Boeing pourrait disparaitre. Il n'en sera rien, mais ça va coûter des fortunes aux Américains.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :