Caracal d'Airbus Helicopters : Varsovie droit dans ses bottes

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Alors que la France prépare des mesures de rétorsion vis-à-vis de la Pologne après l'abandon des négociations exclusives pour l'achat de 50 hélicoptères Caracal d'Airbus, Varsovie persiste et signe, dans la mauvaise foi dira-t-on à Paris. Antoni Macierewicz, le ministre polonais de la Défense, qui montré son hostilité à ce contrat, a accusé samedi Airbus d'être à l'origine de l'abandon du contrat.
"Je voudrais que se soit complètement clair, ce n'est pas la partie polonaise qui a rompu ces négociations", a-t-il ajouté.
La partie polonaise reproche à Airbus de ne pas avoir offert de compensations industrielles (offset) d'une valeur suffisante.
Selon Paris en revanche, l'industriel - dont l'Etat français est actionnaire - a été "extrêmement loin dans son offre" en alignant des "offset" équivalents à 100% du montant du contrat, "du jamais vu" dans ce type de négociations, a insisté une source proche du dossier.
"La partie française avait une autre estimation de ses obligations. Du point de vue des intérêts et des besoins polonais, c'étaient des chiffres qui sous-estimaient la valeur de l'offset compte tenu de nos propositions, de nos attentes et de nos besoins. (...) Malheureusement, les deux parties avaient des points de vue différents sur ce paquet" (offset, ndlr), a encore dit Antoni Macierewicz.
La différence d'estimation était de "plusieurs milliards de zlotys. Le gouvernement polonais ne pouvait pas accepter un tel écart", a dit le vice-ministre de la Défense Bartosz Kownacki.
Le responsable polonais a également estimé que la partie française avait laissé entendre qu'il pourrait y avoir des retards dans les livraisons des machines.
Le ministre Macierewicz a pour sa part encore déclaré que la Pologne chercherait à acheter "le plus rapidement possible" de nouveaux hélicoptères multirôles pour son armée sans toutefois préciser si le gouvernement pencherait pour un nouvel appel d'offres ou des négociations directes avec un constructeur. "L'affaire est urgente", a-t-il déclaré.
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La nouvelle procédure d'acquisition (...) "sera ouverte à tous les constructeurs", a-t-il souligné.
La rupture, mardi, du contrat sur 50 hélicoptères multirôles Caracal d'Airbus, contrat estimé par Paris à 2,4 milliards d'eurios et par Varsovie à 3,1 milliards d'euros, a jeté un froid dans les relations franco-polonaise. Le président français, François Hollande, a reporté vendredi une visite prévue le 13 octobre en Pologne pour des consultations intergouvernementales.
Le gouvernement polonais conservateur, en place depuis novembre 2015, a, dès le début, contesté le choix de l'équipe libérale précédente en faveur d'Airbus, au nom de la défense des usines polonaises de ses concurrents, l'américain Lockheed Martin et AgustaWestland, division du groupe italien Leonardo-Finmeccanica.
Depuis l'arrivée du PiS (Droit et Justice) au pouvoir en octobre 2015, les jours du Caracal, fabriqué par Airbus Helicopters, étaient comptés. La décision de Varsovie de rompre les négociations avec le constructeur européen n'est donc pas à proprement parler une surprise. D'ailleurs le vice-président du PiS, Antoni Macierewicz, devenu quelques semaines plus tard ministre de la Défense, avait jugé en septembre 2015 cet hélicoptère dépassé. Il avait précisé à l'époque que l'industrie de la défense polonaise ne tirerait aucun profit de ce marché parce qu'elle en perdrait des emplois. Devenu ministre de la Défense, Antoni Macierewicz a continué son travail de sape contre Airbus Helicopters, en négociations exclusives avec Varsovie depuis avril 2015.
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