Sur les quatre prochaines années (2024/2028), Safran va être porté par des vents très porteurs aussi bien dans l'aéronautique civile que dans la défense. « Le trafic aérien nous donne de la visibilité : on prévoit la livraison sur les 20 prochaines années de 34.500 avions, dont 80 % de court et moyen courrier (28.000 court et moyen courrier). La dépense mondiale de défense a atteint un niveau record en 2023 et compte tenu des tensions géopolitiques, elle va très probablement continuer à croître », a expliqué jeudi à quelques journalistes le directeur général de Safran Olivier Andriès, peu avant le début de la journée Investisseurs (« Capital Market Day ») organisée par son groupe.
Le motoriste mais aussi équipementier aérospatial et de défense est donc assis sur une croissance extrêmement dynamique, qui va le faire grimper vers des hauts sommets de profitabilité. Ainsi, la génération de cash-flow cumulée sur la période 2024-2028 devrait atteindre 15 à 17 milliards d'euros (après des dépenses de R&D et des investissements d'infrastructures de près de 10 milliards d'euros), selon les projections de Safran présentées jeudi.
Cette génération de cash sera irriguée par un résultat opérationnel courant qui devrait atteindre entre 6 et 6,5 milliards d'euros d'ici à 2028 (contre une estimation d'environ 4,1 milliards d'euros en 2024 et entre 4,7 et 4,8 milliards en 2025). Soit une hausse du taux de croissance annuel moyen de 10 % à 13% à partir de 2024. Ce qui a inexplicablement déçu les marchés qui restent décidément hors sol (- 7,31% à la clôture de la bourse de Paris), les arbres ne montent pas au ciel... Pourtant, ils devraient se réjouir, Safran va redistribuer 70% environ de ce cash-flow sous forme de dividendes et de rachats d'actions (soit près de 12 milliards si on prend le haut de la fourchette). L'équipementier aéronautique va notamment brûler 5 milliards d'euros entre 2025 et 2028 pour annuler 5% des actions du groupe...