OTAN, dissuasion nucléaire, coopérations européennes, exportations d'armes, budget et base industrielle et technologique de défense (BITD). Quelles sont les différences entre les deux programmes des deux candidats en finale de l'élection présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, sur les questions de défense ? Deux visions très différentes (OTAN, dissuasion et coopérations) s'affrontent même si sur certains des thèmes évoqués (budget et BITD), il existe néanmoins quelques points de convergence.
Marine Le Pen veut sortir dès 2022 du commandement intégré de l'OTAN pour rendre à "la France sa liberté de pensée et d'action" ; Emmanuel Macron veut réformer l'Alliance atlantique de l'intérieur pour créer les conditions d'une émergence d'une Europe de la défense sans effrayer les pays européens complètement "addict" au parapluie américain très confortable mais qui rend dépendant. Autant en emporte l'OTAN : quand Marine Le Pen revendique marcher dans les pas du général de Gaulle, lequel avait annoncé le 3 novembre 1959 le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, Emmanuel Macron avait quant à lui estimé en novembre 2019 que l'Alliance était en état de "mort cérébrale". La guerre en Ukraine l'a néanmoins "ressuscitée".
La question de l'OTAN interpelle vraiment les deux candidats. Très clairement, ils ont deux visions à l'opposé de la place de la France dans l'OTAN. Pour Jean-Michel Jacques, le député LREM ayant participé aux travaux du programme défense 2022 du candidat Macron, la vision de Marine Le Pen est "une France qui s'isole et qui se replie sur soi". "Il est donc imprudent de quitter" le commandement intégré. Il permet à la France de mieux peser au sein de coalitions militaires d'autant que l'OTAN est "une alliance complémentaire à l'Europe de la défense", estime-t-il. Au Rassemblement national, un expert des questions de défense rejette en bloc le terme "d'isolationnisme" mais on veut plutôt "reconfigurer la relation stratégique de fond que la France entretient avec les États-Unis". D'autant que le RN estime que la stratégie de défense antimissile de l'OTAN menée en Europe est contraire aux intérêts de la dissuasion nucléaire française.