Les drones de moyenne altitude et longue endurance, les plus polyvalents des petits avions sans pilote, font encore largement défaut au sein de l’armée française. Le drone français Aarok, présenté à Blois fin février à Sébastien Lecornu, pourrait permettre de combler (en partie) ce retard.Guerre en Ukraine, affrontements au Proche-Orient, situation tendue en mer de Chine : face à la menace de plus en plus prégnante de nouvelles offensives, la France, l'un des piliers de l'OTAN, se réarme à tour de bras. Elle tente parallèlement de mettre les bouchées double pour rattraper son retard en matière de drones à moyenne altitude et longue distance (male). La visite le 27 février dernier à l'aéroport de Blois-Le Breuil du ministre des armées Sébastien Lecornu, lors de la présentation du drone Aarok du fabricant Turgis & Gaillard, est venu confirmer le volontarisme français.
Si aucune commande n'a été enregistrée dans le Loir-et-Cher, l'engin sans pilote restant à l'état de prototype et soumis à une batterie d'homologations et de certifications règlementaires, le fabricant français tient la corde vis-à-vis du ministère. Associé à une station au sol fabriquée par Safran, le drone français devrait d'ores et déjà recevoir de la part de Balard un contrat d'aide au développement lors du prochain Salon aéronautique du Bourget du 16 au 22 juin.
Souveraineté, modernité et prix
« L'enjeu pour l'État est double. Il s'agit d'une part de gagner en souveraineté, l'armée étant exclusivement dotée de drones américains Reaper, explique Patrick Gaillard, co-fondateur et co-dirigeant de l'entreprise. D'autre part, ce modèle commence à dater et fait preuve de vétusté dans un domaine où l'innovation est permanente avec l'IA notamment ». Autre atout de l'Aarok par rapport au Reaper, son prix inférieur de 30%, à 20 millions d'euros l'unité, selon le dirigeant.