S'il n'y avait pas la situation catastrophique des finances publiques françaises, le discours d'Emmanuel Macron au salon aéronautique du Bourget sur le spatial serait parfait en termes d'ambitions et de vision aussi bien sur le plan national qu'européen. Ce discours est un condensé des rêves de toute l'industrie spatiale française, des grands groupes aux acteurs du NewSpace. Face à la Russie qui est devenue « une menace existentielle pour nous Européens, on doit revisiter nos règles aujourd'hui de sécurité, on doit monter l'investissement sur le spatial. On va faire plus vite, plus fort sur le spatial en matière de défense », a lancé le président de la République. D'autant que, selon lui, « le spatial est en quelque sorte une vraie jauge des puissances internationales ».
Au gouvernement Bayrou de dégager des marges de manoeuvre budgétaires... Ce qui n'est pas gagné au regard du manque d'ambition dans la négociation que Bercy a lancé pour la contribution de la France au budget 2026-2028 de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui prépare la conférence ministérielle prévue en novembre. Emmanuel Macron n'a donné aucun chiffrage sur ce que devra dépenser en plus la France, qui finance actuellement la filière spatiale à hauteur de 3 milliards d'euros par an. Le 13 juillet juste avant le défilé du 14 juillet, le président évoquera à nouveau dans les jardins de l'hôtel de Brienne sa vision dans le domaine spatial devant les industriels et les militaires de haut rang. Enfin, il présentera sa nouvelle stratégie spatiale nationale fin octobre.