Soumis à une pression politique et médiatique très forte, Euronext a dû renoncer à exclure Airbus, Safran et Thales de l'indice vertueux, le CAC 40 ESG.Tout au long de la soirée de mercredi à jeudi et de cette journée, la pression politique, jusqu'au plus plus haut niveau de l'État, a été assez forte pour faire reculer Euronext, qui souhaitait initialement sortir Airbus, Safran et Thales du CAC 40 ESG en raison de leurs activités dans la défense. La décision avait même été annoncée mercredi aux trois groupes, qui étaient très agacés et avaient alors alertés les pouvoirs publics de ce coup du sort au moment où tous les pays ont besoin de plus de défense et de sécurité. En outre, les géants de l'aéronautique civile et militaire ne souhaitent surtout pas négliger cet indice qui permet de privilégier davantage les investissements responsables très à la mode.
Cette décision d'Euronext arrivait d'ailleurs au plus mauvais moment, la veille d'une rencontre médiatique à l'Élysée entre Emmanuel Macron et les sept plus grands patrons du secteur (Airbus, Dassault, KNDS France, MBDA, Naval Group, Safran et Thales) afin de trouver des solutions d'accompagnement à l'augmentation du budget de la défense en France. De plus, Bercy a invité le 20 mars toute l'industrie de l'armement française pour rechercher le meilleur moyen de financer cet effort de défense.
Euronext renonce
La décision d'exclure Airbus, Safran et Thales du CAC 40 ESG a donc été sagement suspendue : « A la suite de la consultation sur l'indice menée du 27 novembre 2024 au 31 décembre 2024 et des évaluations en cours concernant la méthodologie de l'indice, le comité scientifique a décidé de maintenir la composition de l'indice CAC 40 ESG dans l'attente d'éventuelles nouvelles modifications des règles qui feront l'objet d'une consultation avec le marché », a expliqué jeudi soir Euronext. La principale place boursière pourrait ainsi revoir les critères d'adhésion au CAC 40 ESG.
La décision initiale se basait sur de nouveaux critères pris en compte par le nouveau prestataire d'Euronext en matière d'ESG, le cabinet de conseil américain Institutional Shareholder Services. Pour autant, a expliqué Euronext dans son communiqué, le comité scientifique se réserve encore et conformément à la pratique habituelle, « le droit de modifier la sélection publiée jusqu'à la publication des données finales après la clôture du mercredi 19 mars 2025 ». De façon plus générale, la composition du CAC 40 ESG est révisée tous les trimestres. Prochain examen par le comité directeur du CAC, le 12 juin 2025.