En cinq ans, Euronext a singulièrement consolidé sa place de leader sur les marchés actions en Europe et planche désormais sur son prochain plan stratégique, qui sera présenté en novembre 2024. Pour La Tribune, Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext esquisse les grandes lignes des priorités de l'opérateur de marchés et livre ses réflexions sur les principaux enjeux d'un groupe de plus en plus intégré dans des nouveaux environnements concurrentiels mais aussi géopolitiques. Sans oublier qu'Euronext est aujourd'hui un groupe largement diversifié dans la donnée et les services aux entreprises et dans lequel les marchés actions ne représentent plus que 15 % des revenus.
LA TRIBUNE - A l'occasion de la semaine du développement durable d'Euronext, vous annoncez toute une série de nouvelles initiatives pour accompagner les entreprises dans leur politique ESG, notamment dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne. Est-ce bien le rôle d'un opérateur de marché ?
Stéphane BOUJNAH - Depuis toujours, notre rôle consiste à connecter les entreprises avec les marchés, en tenant compte de l'évolution des attentes des investisseurs. Leurs priorités ont longtemps été la liquidité et la performance. Cela reste vrai aujourd'hui, mais ils souhaitent désormais aussi investir dans des projets qui contribuent à limiter les émissions de gaz à effet de serre, à créer un meilleur environnement social, et à promouvoir une meilleure gouvernance, plus inclusive, plus transparente. C'est ce que l'on regroupe sous l'acronyme ESG. Pendant longtemps, la performance ESG a été un moyen pour les émetteurs de diversifier leur base d'actionnaires. Aujourd'hui, c'est une condition pour conserver leurs actionnaires. Nous devons proposer aux entreprises cotées des outils nouveaux face à la densification des attentes ESG exprimées par les investisseurs.
N'existe-t-il pas cependant une certaine lassitude des entreprises ou même des investisseurs à l'égard de l'ESG ?