Grâce à Sodern et Safran, l'armée de l'air sera capable de mener des missions sans GPS
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Campagne d'essais au sol du viseur d'étoiles diurne (Sodern et Safran Electronics & Defense) au Pic du Midi
Sodern
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Campagne d'essais au sol du viseur d'étoiles diurne (Sodern et Safran Electronics & Defense) au Pic du Midi
Sodern
C'est un peu ça, le génie français. Avec peu de moyens et cette volonté d'autonomie stratégique, l'industrie de défense française, soutenue par le ministère des Armées via la direction générale de l'armement (DGA), parvient de temps en temps à développer des systèmes uniques au monde. C'est le cas pour ce système de visée stellaire diurne et nocturne pour avions militaires développé par Sodern, leader mondial des viseurs d'étoiles pour satellites, et Safran Electronics & Defense, un des leaders européens dans les centrales inertielles. "La France est pionnière de cette technologie et pourrait être, à terme, la première nation disposant d'une telle capacité opérationnelle, explique à La Tribune le directeur de la stratégie et de l'innovation chez Sodern, Jean-Marc Espinasse. On croit vraiment à son apport capacitaire, qui va donner une vraie supériorité opérationnelle à nos forces lors de combat à haute intensité".
Sélectionnés en 2016 par la DGA et par l'Agence d'Innovation défense (AID), les deux filiales de grands groupes (respectivement ArianeGroup et Safran) ont réussi à fabriquer un démonstrateur, qui fonctionne d'ores et déjà au sol après une campagne d'essais réalisée fin 2019. Une campagne d'essais en vol est prévue à l'automne. Ce système très complexe à produire et à qualifier pourrait être opérationnel sur un avion de l'armée française (Rafale, A400M, MRTT...) d'ici à cinq ans, selon Jean-Marc Espinasse. Outre les avions, d'autres porteurs comme les navires, les drones voire les véhicules terrestres sont envisageables. Pour autant, ce type de système au sol ne permettra pas de franchir les couches nuageuses par mauvais temps. A terme, Sodern, qui s'est développé sur une stratégie de produits duaux, espère également adresser le marché civil, notamment aéronautique.
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Principal avantage pour les armées françaises, c'est de s'émanciper des systèmes de positionnement par satellites (GNSS), les systèmes américain GPS et européen Galileo, qui peuvent être brouillés et leurrés dans des zones de combat à haute intensité. "Un tel système permettra aux forces armées françaises de s'affranchir de toute dépendance au GNSS", explique Jean-Marc Espinasse. Et surtout de lancer ponctuellement une mission militaire en toute indépendance sans utiliser le GPS américain, donc sans forcément avertir les États-Unis. "Cette alternative consiste à se doter de systèmes autonomes pour les forces armées françaises n'utilisant pas les signaux GNSS", confirme-t-il. Ce système reste toutefois moins précis que le GNSS mais assez pour mener à bien les missions de combat.
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