Eurêka, Galileo est enfin mis en service... partiel

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La mise en service de Galileo est un achèvement majeur pour l'Europe (...) Aucun pays européen n'aurait pu faire cela tout seul, a estimé la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska.
La mise en service de Galileo "est un achèvement majeur pour l'Europe (...) Aucun pays européen n'aurait pu faire cela tout seul", a estimé la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska. (Crédits : ESA-J. Huart)
La Commission européenne a annoncé jeudi l’entrée en service des premiers services de Galileo, le système européen de navigation par satellite.

L'Europe a lancé jeudi les premiers services de son système de navigation par satellite, Galileo, lors d'une cérémonie officielle à Bruxelles. La Commission européenne assume la responsabilité des programmes de navigation par satellite, en s'appuyant pour la conduite du programme, sur les compétences techniques de l'Agence spatiale européenne (ESA).  en matière de développement et de déploiement des systèmes. La déclaration de services initiaux de Galileo signifie que les satellites et l'infrastructure au sol Galileo sont désormais opérationnels. Le programme Galileo, d'un budget de plus de 10 milliards d'euros, a été lancé en 1999 par l'Union européenne et devrait être totalement déployé et opérationnel en 2020.

"C'est un achèvement majeur pour l'Europe (...) Aucun pays européen n'aurait pu faire cela tout seul", a estimé la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska. "C'est le résultat d'un effort commun pour concevoir et construire le système de navigation le plus précis du monde", s'est-elle félicitée.

L'Europe n'est cependant pas en pole position puisque le GPS américain, le Glonass russe ou encore le Beidou chinois fonctionnent déjà. En pratique, une poignée de privilégiés, possesseurs du seul smartphone compatible avec Galileo - l'Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ - pourra capter le nouveau signal dans la journée de jeudi. Ces pionniers pourront utiliser gratuitement le système européen pour trouver une pharmacie, le meilleur itinéraire pour partir en vacances ou régler leur foulée au marathon. "D'autres fabricants devraient suivre cet exemple", a estimé la commission dans un communiqué publié jeudi.

Indépendance stratégique

Galileo étant désormais opérationnel, c'est pour l'Europe, la garantie d'une indépendance stratégique et économique vis-à-vis des autres dispositifs existants. La Commission européenne s'appuie l'Agence de la navigation par satellite européenne (GSA), basée à Prague, pour l'exploitation de ces systèmes. En effet, avec 18 satellites en orbite (dont seulement 15 sont pleinement opérationnels) sur les 26 que comptera la constellation à partir de 2018, Galileo est aujourd'hui capable de fournir ses premiers services, appelés "services initiaux", avec un engagement de la Commission européenne sur la fiabilité et la disponibilité du signal et l'assurance que les satellites et l'infrastructure sol de Galileo sont opérationnels.

C'est également le signal qu'attendaient de nombreuses entreprises pour développer tout le pan applicatif que permet le système. A partir de jeudi, Galileo offre gratuitement les services suivants : navigation plus précise pour les citoyens avec l'OS (Open Service), pour les utilisateurs déjà équipés d'une puce Galileo sur leur smartphone ou à bord de leur véhicule ; appui aux opérations d'urgence, avec le service SAR (Search & Rescue), le temps de localisation d'un appel de détresse étant maintenant ramené à moins de 10 minutes ; meilleure synchronisation pour les infrastructures critiques, pour permettre une meilleure gestion des transactions financières, des télécommunications et des réseaux de distribution d'énergie ; et, enfin, sûreté accrue pour les pouvoirs publics avec le PRS (Public Regulated Service) et de nouveaux outils, plus précis et sûrs, pour la protection civile, les services d'aide humanitaire, ou encore les douanes ou les forces de police.

Les objets connectés sont également de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le patch qui permet de géolocaliser les patients souffrant d'Alzheimer ou la balise qui permet de retrouver sa place de parking. Une simple mise à jour pour utiliser la nouvelle technologie sera suffisante pour certains appareils, selon la commission.

Service optimal en 2020

Mais pour une arrivée en masse des produits compatibles avec Galileo, il va falloir être un peu patient. Car il ne s'agit bien évidemment que d'un premier pas pour un système qui, en pleine capacité opérationnelle à partir de 2020, offrira des performances totalement autonomes et améliorées en termes de positionnement, de datation et de sécurité du signal. Ce qui veut dire qu'au démarrage, la précision de Galileo ne sera pas optimale et le signal ne sera pas disponible tout le temps.

Il faudra attendre 2020 - date à laquelle une trentaine de satellites (contre une quinzaine actifs aujourd'hui) seront en orbite - pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le globe. Ces signaux seront très précis mais ils ne seront pas disponibles à tout moment. C'est pourquoi, au cours de la phase initiale, les premiers signaux Galileo seront utilisés en combinaison avec d'autres systèmes de navigation par satellite, tels que le GPS.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2016 à 8:34 :
Une bonne nouvelle, même si cela aura été longs, ( très longs à vrais dire) . Bon il me tarde d'acheter un systeme de navigation à Galiléo.... ( un prix resonable bien sur). Bon cela aura été le premier programme conduit par l'union européenne.... Il y aura eux quelque déboires, espérons que la commission sera regler ces probleme.....
a écrit le 15/12/2016 à 21:09 :
Effectivement, aucun pays n'aurait été capable de gaspiller autant d'argent tout seul. Mme la Commissaire a un certain culot. Le seul projet emblématique d'une politique industrielle Européenne, si tant ait que la notion ait un sens, se trouve être une véritable gabegie. Vers la fin des années 90, on nous annonçait un Galileo pleinement opérationnel en 2007 au plus tard pour un coût de 2,4 milliards d'Euros financés par un partenariat public privé dont la Commission était alors le champion. L'industrie spatiale a fait capoter tous ces beaux plans, arguant du faut que les retours sur investissements étaient trop aléatoire pour qu’elle mette la main au pot. Le PPP est donc devenu un partenariat public-public, dans la grande tradition de cette industrie qui n’a jamais conçu d’autre business model que ceux ou le public (vous et moi) finance sans limite, extensions de programme comprises. Entre temps, les 2,4 Mds € sont devenus 10 Mds €, pour un programme retardé de près de 10 ans et qui connaît des avaries techniques récurrentes. La gouvernance du projet réunit l’exploit d’empiler 2 bureaucraties : celle de l’ESA qui n’est pas particulièrement efficace en terme de gestion d’argent public et celle de la Commission qui ne l’est pas plus. Le tout pour un service dont la valeur ajoutée reste à démontrer.
Si on était resté sur l’enveloppe initiale d’environ 3 Mds€ et compte tenu du fait que ce programme dure depuis plus de 20 ans (on peut y faire une carrière quasi complète) on aurait pu développer ce machin pour environ 200 M€ par an. C’était largement à la portée d’un seul pays (le budget du CNES est bien supérieur) ou à la portée de 2 ou 3 pays déterminés, i.e. ceux qui ont une industrie spatiale (F, D, I, E). On a juste un peu manqué d’ambition politique..Dommage.
Réponse de le 15/12/2016 à 21:19 :
On est très mauvais ... Mais vue les salaires du CEA , on est très bon pour payer des incompétents notoires !
Réponse de le 15/12/2016 à 23:12 :
'Le PPP est donc devenu un partenariat public-public, dans la grande tradition de cette industrie qui n’a jamais conçu d’autre business model que ceux ou le public (vous et moi) finance sans limite'
Il arrive cher Monsieur que cette industrie que vous décriez vende à l'exportation des satellites de télécom et d'observation hors de tout partenariat de quelque type que ce soit.....
'Mais vue les salaires du CEA' Les salaires de l'ESA sont certes confortables, pudique euphémisme', mais le CEA n'a rien à voir dans cette histoire.
Ceci étant, la gestion de la commission Européenne est calamiteuse, mais on ne peut pas demander à des industriels d'investir des milliards à risque pour offrir un service gratuit....Il y aura des services payants mais on peut douter que cela suffise à bâtirun business model attractif....
Réponse de le 16/12/2016 à 10:43 :
ESA à domination allemande : tout a été fait pour que soient privilégiés des industriels allemands qui apparemment devaient être moins couteux ; le reste vous l 'avez très bien dit .
La naïveté française est sans limite : 12,5 % de PIB industriel . L'effondrement Pas un candidat pour mettre ce chiffre en tête de son programme !
a écrit le 15/12/2016 à 14:29 :
Il semblerait qu'il y ait quelques problèmes d'horloge sur les satellites, alors la panne c'est pour quand ?
a écrit le 15/12/2016 à 13:08 :
2020 ? Flute l'europe ne tiendra pas d'ici là, bon tant pis, il fallait essayer.

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