L'Australie fabriquera des centaines de missiles sur son sol
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Pour Richard Marles, ministre australien de la Défense, il s'agit de développer une industrie souveraine.
Reuters
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Pour Richard Marles, ministre australien de la Défense, il s'agit de développer une industrie souveraine.
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En pleine course à l'armement dans le Pacifique, Australie a annoncé ce jeudi avoir trouvé un accord avec le groupe norvégien Kongsberg Gruppen pour la construction de missiles sur son territoire d'ici à 2027. Un investissement à près de 850 millions de dollars.
Dans le nord de Sidney, où se trouvera la future usine, les travaux débuteront dès cette année avec l'ambition de produire 100 missiles d'ici à 2027, selon un responsable à l'AFP. Les missiles en questions sont des JSM - pour Joint Strike missile, missile d'attaque conjoint en français - les bijoux technologiques du groupe norvégien. Tirés depuis des avions de chasse F-35 américains, ces missiles de croisière sont déjà entre les mains de la Norvège, du Japon, de la Finlande et des Etats-Unis.
La gourmandise de l'Oncle Sam pour ces vecteurs à la portée de presque 600 kilomètres a profité à son constructeur. Le groupe norvégien Kongsberg Gruppen a même dû ouvrir une nouvelle usine en Norvège en juin dernier afin d'assurer les délais de son carnet de commandes. Fin 2023, son revenu d'exploitation avait même augmenté de 21% par rapport au second trimestre de la même année, dopé par les commandes américaines.
En plus des missiles JSM derniers cris, l'Australie a également passé commande pour la fabrication des NSM - version navale du JSM. En juillet dernier, les destroyers australiens avaient testé avec succès leur utilisation.
Cette commande s'inscrit dans la nouvelle doctrine militaire australienne promulguée au printemps 2023 dans la continuité du livre de la défense publié en 2016.
En rupture avec toutes les logiques militaires précédentes, l'Australie avait alors acté qu'elle n'était « plus aussi protégée par sa géographie » qu'auparavant et que dans le contexte de tensions croissantes avec la Chine dans le Pacifique, elle devait augmenter ses capacités de dissuasions.
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Habitué aux expéditions à l'étranger (Timor, Irak, Afghanistan etc.), le ministre de la Défense avait alors pris la décision de concentrer la majeure partie des efforts militaires dans la région Pacifique.
En conséquent, le budget de l'armée avait subi d'importantes évolutions. Le programme d'investissement dans la défense devrait bénéficier de 330 milliards de dollars australiens (200 milliards d'euros) au cours de la décennie. D'ici 2034, l'Australie devrait consacrer l'équivalent de 2,4% de son produit intérieur brut à sa défense, contre 2% actuellement.
Toutefois, comme dans de plus en plus de pays, le recrutement reste un frein aux ambitions de l'armée australienne. Cette dernière ambitionne d'avoir une force de 101.000 soldats d'ici à 2040, malgré un déficit actuel de 4.000 membres.
En parallèle de ces augmentations budgétaires, le pays s'est engagé dans d'importantes alliances. L'accord tripartite de défense Aukus, entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie continue de prémunir les Etats du Pacifique d'un hypothétique conflit avec la Chine. L'accord, prévoit de doter l'Australie d'une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à partir de 2040.
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L'Australie est aussi membre du Quad, une alliance informelle avec les Etats-Unis, l'Inde et le Japon qui comprend des rencontres diplomatiques et des exercices militaires conjoints. Lors de leur dernière rencontre fin juillet, ils ont appelé dans une déclaration commune à une région Asie-Pacifique « libre et ouverte ».
(Avec AFP)
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