Le programme « Middle of the Market » (MOM) sur lequel travaille Boeing excite tous les équipementiers et motoristes de l'aéronautique. Le directeur général de Safran, Philippe Petitcolin l'indiquait récemment à La Tribune : censé succédé au B757, cet avion de 200 à 300 sièges, avec son cœur de marché sur le segment du 220-250 sièges, est « la priorité des motoristes ».
L'équipementier aéronautique français Latécoère ne dit pas autre chose. Le MOM est au cœur de son programme stratégique « Transformation 2020 », présenté en juin dernier. Au point même d'en dicter le tempo.
Une période dont l'enjeu pour les fournisseurs (il est de taille) est essentiellement de répondre à la hausse des cadences des versions remotorisées de l'A320 ou du B737.
Agacé par le succès de l'A321, Boeing travaille sur une réponse à apporter sur le marché du « Middle of the market ». En juillet, son PDG, Dennis Muilemburg, indiquait qu'un tel avion pourrait voir le jour en 2024.
L'objectif de Latécoère est clair :
Ce qui passe donc par la nécessité d'avoir un outil industriel en mesure l'être à cette échéance. D'où le plan de transformation industrielle lancé en juin dernier.
Ce sera donc à Yannick Assouad, qui arrivera en novembre de chez Zodiac pour diriger Latécoère, de mener à bien cette stratégie.
Déjà entamée, la stratégie d'accroître l'empreinte industrielle à l'étranger n'est pas remise en cause (aujourd'hui la moitié des effectifs du groupe travaille à l'étranger). Elle permet de se rapprocher de certains clients et/ou de produire en zone dollars et dans des pays à bas coûts. Déjà présent en République tchèque, au Mexique, en Tunisie et au Maroc, l'équipementier toulousain va ouvrir un site en Bulgarie pour soulager son usine de Prague, qui peine à embaucher.
« C'est le chemin que nous avons pris mais avec l'objectif est de garder nos compétences spécifiques (bureaux d'étude et les programmes d'usinage, de tôlerie) en France », a indiqué Olivier Regnard, précisant que « la partie aérostructures était elle aussi majoritairement basée dans l'Hexagone ». Le prix du transport jusqu'au site assemblage compense en effet le gain apporté par une production dans un pays low-cost.
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« Nous maintenons le champ de décision à Toulouse, notre ADN est toulousain », fait valoir Olivier Regnard. S'il ferme l'usine près de Tarbes, Latécoère va investir une vingtaine de millions d'euros dans la création d'un nouveau site de production dans la région de Toulouse, lequel sera spécialisé dans l'usinage et la chaudronnerie.
Le recentrage sur ses points forts se fera sans Latécoère Services, en cours de session. Un choix qui a surpris certains observateurs dans la mesure où cette activité est très rentable.
«Nous nous sommes aperçus que les synergies entre les bureaux d'étude et l'activité de services étaient beaucoup plus faibles que nous le pensions, et que et le carnet de commandes et les perspectives apparaissaient moins favorables », a indiqué Olivier Regnard.
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Ce dernier a fait état d'une plus-value « significative », supérieure à 30 millions d'euros, « couvrant les coûts de restructuration ». Le groupe a passé une provision de 31 millions pour financer le plan de sauvegarde pour l'emploi (PSE) lié à la fermeture du site près de Tarbes qui prévoit plus de 200 suppressions de postes. Cette provision a impacté les comptes du premier semestre. Latécoère en effet affiché une perte de 18,6 millions d'euros contre 400 000 euros l'an dernier.
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