Les drones français Reaper capables désormais de frapper l'ennemi

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Chaque drone aura la capacité d'emporter quatre bombes guidées laser de 250 kg (GBU-12).
Chaque drone aura la capacité d'emporter quatre bombes guidées laser de 250 kg (GBU-12). (Crédits : Armée de l'air)
L'armée française a réalisé avec succès des tirs d’expérimentation de drones armés depuis la base aérienne de Niamey au Niger, dans le cadre de l’opération Barkhane.

La France est prête. Grâce à une nouvelle capacité, elle est désormais capable de frapper ses ennemis avec des drones américains MALE (Moyenne altitude, longue endurance) Reaper, armés de bombes guidées laser de 250 kg (GBU-12). L'armée française a réalisé avec succès des tirs d'expérimentation de drones armés depuis la base aérienne de Niamey (Niger) dans le cadre de l'opération Barkhane. "Les drones armés amélioreront considérablement la sécurité de nos militaires sur place et renforceront nos moyens face à un ennemi toujours plus fugace", a estimé le ministère des Armées dans un communiqué publié jeudi. Désormais opérationnels, les drones armés, qui sont déployés dans le Sahel, peuvent tirer. Ces tirs dépendront bien sûr du rythme des opérations et du besoin du commandant de l'opération.

"L'arrivée des drones armés sur le théâtre de Barkhane traduit notre engagement constant à construire des armées modernes et efficaces", a assuré le ministère des Armées. Les drones armés permettront également "de raccourcir le délai entre l'identification de l'ennemi, la prise de décision et son éventuelle destruction. Un avantage décisif dans des zones immenses comme le Sahel".

Aujourd'hui, l'Armée de l'air dispose de deux systèmes de drones Reaper (3 drones chacun). L'un d'eux est déployé en permanence au Sahel depuis 2016. Deux systèmes Reaper supplémentaires seront livrés en deux temps à compter de début 2020. Chaque drone aura la capacité d'emporter quatre bombes guidées laser de 250 kg, des GBU-12 déjà employées par les avions de chasse. Les dernières livraisons de drones Reaper (standard Block 5) disposeront dès la fin 2020 d'une capacité d'armement complète : bombes GBU-12, mais aussi missiles air-sol Hellfire (fin 2020) et bombes GBU-49 (en 2021).

Une décision de Florence Parly

En septembre 2017, la ministre des Armées Florence Parly avait décidé d'armer lors de son discours de clôture de l'université d'été de la défense, les drones de renseignement et de surveillance, les Reaper de l'armée de l'air. "Les drones armés permettront d'allier en permanence la surveillance, l'endurance dans la discrétion et la capacité de frappe, au moment le plus opportun. Ainsi, nous gagnons en efficacité et nous limitons le risque de dégâts collatéraux", avait-elle expliqué. Deux ans après sa décision, les Reaper sont enfin armés dans le cadre des orientations fixées par le Président de la République.

"En plus de la pression permanente exercée sur l'ennemi, les drones armés présentent plusieurs avantages, notamment leur discrétion, leur endurance et la capacité offerte à nos forces de réagir et décider avec plus de rapidité et d'efficacité", a expliqué le ministère des Armées.

Au-delà des missions traditionnelles de surveillance et de renseignement des Reaper, elles pourront être étendues aux frappes "dans le respect des règles d'engagement, si l'opportunité se présente : la pression sur les groupes terroristes armés n'en sera que plus grande". "La réduction de la boucle des missions de frappe permettra d'obtenir une plus grande efficacité dans le cas de cibles susceptibles de se dissimuler rapidement ou de se déplacer vers des zones densément peuplées", avaient estimé en mai 2017 les auteurs du rapport sénatorial Cédric Perrin et Gilbert Roger, "Drones d'observation et drones armées : un enjeu de souveraineté".

Comment ces drones seront-ils utilisés?

En 2017, la ministre des Armées avait souhaité désamorcer les débats éthiques sur l'utilisation des drones armés. "Je veux par avance réfuter de possibles amalgames et dissiper d'éventuelles craintes. Non, un drone armé n'est pas un robot tueur. Ce sont deux systèmes qui n'ont rien de semblable", avait-elle expliqué. Le ministère a donc rappelé que "l'homme est au centre. Il le restera. C'est lui qui décide. Que ce soit lors du travail de surveillance, de caractérisation des cibles et surtout de la prise de décision d'engagement. Le choix de la France est clair : la décision de tir d'un drone armé doit relever d'une décision humaine". La connexion permanente au processus décisionnel (C2 : command and control) de l'opération (qui relève du commandant de l'opération), renforce la perception en vue de la bonne décision, a précisé le ministère.

Par ailleurs, les drones seront pilotés par des personnels déployés sur le théâtre d'opérations extérieures. Au-delà du fait que les opérateurs seront toujours impliqués (choix de la cible, moment et façon de délivrer l'armement, guidage de l'arme), ils sont ainsi imbriqués, dès la préparation de la mission et jusqu'à son débriefing, avec les forces avec lesquelles ils agissent lors de la mission. Les conditions d'emploi des drones armés respecteront évidemment le principe de proportionnalité énoncé dans le droit international humanitaire (principes de distinction, nécessité, proportionnalité, précaution et humanité).

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Commentaires
a écrit le 23/12/2019 à 13:15 :
Tout ca sent le remake de la guerre d'Algérie en préparation, non? Avec cette résistance qui résiste d'un coté et cette accumulation de moyen de destruction de l'autre, on va avoir de quoi faire repentir et culpabiliser les prochaines générations de jeunes français.
a écrit le 23/12/2019 à 12:53 :
On prend sur les retraite comme ca on va faire la guerre aux paysans en djellaba depuis un bureau avec ces drones a 200 millions.
a écrit le 23/12/2019 à 12:48 :
Rigolam! Quand ils ont introduit ces engins en France, ils disaient mais oui mais heu, on les armera pas, c'est juste pour de la surveillance. blabla... Je sais pas pourquoi ils se justifiaient d'ailleurs. Mais bon tout ca était tellement ridicule. Cela étant préparons nous a une augmentation des dommages collatéraux et ses conséquences pour notre "sécurité."
a écrit le 22/12/2019 à 9:47 :
Ces drones armes sont bienvenus, ils eviteront les accidents comme celui qui a eu lieu le mois dernier (14 soldats francais morts), evitent les IEDs, permettent de controler des tres grandes zones, sont particulierement efficaces et dissuasifs.
Pourquoi ne pas construire des Reapers sous license ?
Les tentatives franco-francaise de Safran sont in-conclusives, n'ont pas de resultat.
a écrit le 21/12/2019 à 20:41 :
Quand je pense que les armées de nos voisins anglais et italiens ont des drones armés depuis très longtemps enfin mieux vaut tard que jamais
a écrit le 21/12/2019 à 9:49 :
Des tirs "d'expérimentation" ? j'espère qu'on leur a fourni aussi des cobayes, ça ne manque pas là-bas.
a écrit le 20/12/2019 à 13:28 :
La France criminel de l'humanité
Réponse de le 21/12/2019 à 9:40 :
Il nous faut au moins ça pour lutter contre l'EI etc... Aidons nos braves soldats gardiens de Notre République
Réponse de le 21/12/2019 à 10:45 :
Ce sont les musulmans radicalisé les terroristes.
Si vous les soutenez c'est que vous etes un des leurs.
a écrit le 20/12/2019 à 11:12 :
Enfin ! Nous n’avons que 15 ans de retard, mais consolons-nous : mieux vaut tard que jamais ! Nous en avons enfin terminé avec cette forme de pudeur politicienne et philosophique sur l’armement des drones, au profit d'une forme de réalisme dans la recherche du meilleur rapport coût/efficacité dans nos interventions. Excellente nouvelle pour nos soldats... et pour les contribuables ! Faisons bon usage de cette nouvelle capacité au Sahel, où je pense que les premiers tirs opérationnels ne devraient pas tarder…
a écrit le 20/12/2019 à 10:41 :
Des drones Reaper "Français" !? Je ne savait pas que General Atomic était une société ...Française. A ma connaissance la France n'a fait que gaspiller des milliards pour des drones qui sont toujours en...papier !!!
a écrit le 20/12/2019 à 10:21 :
Macron se prend pour Napoléon et nous conduit tout droit à un Waterloo interventionniste . Revenons à la France hexagonale , à nos intérêts .
a écrit le 20/12/2019 à 9:18 :
Ah enfin on va attaquer la finance !? IL était temps !
a écrit le 20/12/2019 à 8:15 :
On avait le fusil, on a fini par aller jusqu’au bout se dotant cartouches... ça sera bien utile dans le Sahel en autorisant la frappe à distance!
a écrit le 19/12/2019 à 23:51 :
Je suis étonné que ces merveilles soient destinées à protéger nos militaires; il s'agit plus probablement d'armes offensives; du moins, je l'espère.
Réponse de le 20/12/2019 à 5:12 :
Denommer ces armes destinees a tuer "des merveilles", vous en avez de bonnes.
On a vu les degats "colateraux" en Afghanistan, Irak, Lybie et autres contrees sur des civils qui n'avaient a se reprocher sinon d'etre la au mauvais moment.
Applaudissons donc, joyeux Noel.

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