Lutte anti-drones : Entre 10 et 15 systèmes arriveront dans les armées avant la fin de 2022
Natasa Laporte
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Cela aurait pu être un drame : avant le coup d'envoi d'un récent match entre la France et l'Allemagne à l'Euro 2021, un ULM a failli s'écraser en tribune dans l'enceinte de l'Allianz Arena, et a fait deux blessés. Si cela avait été un drone, aurait-il pu être abattu ? La question devient brûlante, d'autant plus que le championnat mondial du rugby, en 2023, puis les Jeux Olympiques, en 2024, se profilent. Pis, la menace ne cesse de croître : perturbations, en 2018, dans les aéroports d'Oslo et à Gattwick (Londres) en raison des drones, attaque de drones sur les installations pétrolières d'Aramco en 2019, et, plus récemment, utilisation de drones kamikaze dans le Haut-Karabakh, pour ne citer que quelques exemples.
La lutte anti-drones est aujourd'hui devenue l'une des priorités du ministère des Armées dans le cadre de l'actualisation de la revue stratégique. D'autant que « la menace est de plus en plus courante », analyse Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées. Elle est fugace. Et avec le boom des drones à usage commercial, « il est de plus en plus difficile de discriminer s'il s'agit d'un drone commercial à usage civil ou d'un drone potentiellement malveillant », estime-t-il. De quoi rendre compliquée la lutte contre ces engins, qui repose sur la détection, la caractérisation puis, le cas échéant, la neutralisation. Pas facile, en effet, de détecter un drone de la taille d'un oiseau et éventuellement de le neutraliser à distance...
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Pas question non plus, pour le ministère des Armées, de rester « bras ballants, assure Hervé Grandjean. Nous avons un certain nombre de systèmes, qui sont opérationnels et nous avons déjà sécurisé des événements comme le G7 à Biarritz ». Outre BASSALT et MILAD (Moyens Mobiles de Lutte Anti-Drones), dont il s'est équipé, le ministère prépare la suite. « Nous avons un appel d'offres en cours pour nous doter d'ici à la fin 2022, avant l'échéance de la Coupe du monde du rugby et des JO, de 10 à 15 systèmes qui seraient à même de répondre à nos besoins », indique le porte-parole du ministère des Armées. « Ces systèmes s'appuieront sur les trois piliers de la lutte anti-drones : la capacité de détection, donc des senseurs, un "command and control" (C2) et des effecteurs », précise-t-il.
Natasa Laporte
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