Sale période pour Naval Group. Une semaine après avoir été éliminé de façon très déroutante de la compétition au Canada pour l'acquisition de sous-marins, le groupe naval français a perdu à nouveau, cette fois-ci en Norvège. Oslo a choisi le britannique BAE Systems, qui propose la frégate Type 26 (T26), pour la construction de cinq navires destinés à la marine royale norvégienne. Les deux autres chantiers navals, qui ont perdu, sont le groupe allemand TKMS (avec la F-127) et l'américano-italien Fincantieri Marinette Marine, filiale de Fincantieri (Constellation). Seule satisfaction de l'été pour le groupe français, la mise en vigueur le 23 juillet dernier du contrat pour la livraison de deux sous-marins Scorpène Evolved à la marine indonésienne.
En dépit de cet échec, la sélection de la frégate britannique T26 n'est pas réellement une surprise tant la marine de surface britannique est extrêmement proche de celle de la Norvège. « La Grande-Bretagne est le grand partenaire stratégique opérationnel en Mer du Nord de la Norvège depuis toujours », rappelle un très bon connaisseur de ce dossier. Ce choix est « essentiel pour la sécurité de la Norvège, du Royaume-Uni et de leurs alliés en cette période d'instabilité mondiale », a d'ailleurs confirmé le Premier ministre, Jonas Gahr Stør, cité dans le communiqué du gouvernement norvégien publié dimanche. Et de rappeler : « la Norvège et le Royaume-Uni entretiennent des liens étroits et durables. Après avoir exploité des navires britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale, la marine d'après-guerre s'est largement construite sur les doctrines, les tactiques et les concepts opérationnels britanniques ».
Pour autant, pour l'État français et Naval Group, qui était un outsider dans cette compétition, la déception est immense au regard de l'investissement et de l'énergie déployés pour gagner cette commande. Bien plus qu'au Canada où la France s'était jusqu'ici peu investie. Naval Group, qui semblait être au coude à coude ces dernières semaines avec BAE Systems, y croyait encore. En vain... Car, il était finalement écrit que la Norvège ne choisirait en aucun cas la France. Comme Oslo l'avait déjà fait en 2017 pour l'achat de sous-marins au profit de TKMS, il a changé les règles du jeu. A chaque fois, au détriment de Naval Group qui, une nouvelle fois, a été roulé dans la farine... Et la France avec.