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Raids aériens contre Daech : "On leur a fait mal" (chef d'état-major des armées)

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Michel Cabirol

Publié le 26 novembre 2015 à 05:56

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Cinq jours après les attaques terroristes simultanées à Paris, le chef d'état-major des armées a fait un point sur les frappes aériennes françaises. Elles ont "obtenu des résultats probants".

"On leur a fait mal".  Les six raids "massifs" de l'armée de l'air française, "dont les deux derniers hier soir (mardi 17 novembre, ndlr), ont donné lieu à des frappes robustes - entre 15 et 20 bombes chaque soir - et ont obtenu des résultats probants", a expliqué le chef d'état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, qui s'est exprimé le 18 novembre  devant les sénateurs de la commission des affaires étrangères et de la défense. Soit cinq jours après les attaques terroristes simultanées, qui ont endeuillé la France (130 morts).

"Je vous garantis que l'intensité de la frappe a eu des résultats sévères et certains" dans le cadre de l'opération Chammal, a assuré le CEMA.

Selon le général Pierre de Villiers, "notre aviation de combat a détruit, depuis la nuit du dimanche 15 novembre, six objectifs importants de Daech : pour l'essentiel des centres de commandement et des centres d'entraînement terroristes situés à Raqqah en Syrie". Pourquoi Raqqah? Parce que "des actions terroristes étaient planifiées et préparées à partir de chacun de ces centres", a assuré le chef d'état-major des armées. Il a également rappelé que l'envoi du porte-avions va procurer en Méditerranée orientale, puis dans le golfe arabo-persique, "une capacité supplémentaire de frappe et une plateforme de renseignement totalement interopérable avec nos alliés américains".

Comment sont identifiées les cibles?

La France a décidé d'intensifier les frappes aériennes sur Daech en Syrie, "non par vengeance mais par détermination", a fait observer le CEMA. Et de noter que la stratégie de l'armée de l'air "d'abord concentrée sur l'Irak, a été réorientée en septembre et s'étend désormais en Syrie". Pour identifier les cibles en Syrie, les vols de reconnaissance de l'aviation française ont permis d'avoir "une fine connaissance des cibles avant de frapper". Ces vols ont "d'abord permis trois frappes, aujourd'hui suivies de frappes massives et efficaces, sur la base des renseignements que les premiers vols nous ont permis d'acquérir puis de confirmer", a précisé le général Pierre de Villiers.

Pour autant, intensification des frappes aériennes ne signifie pas pour l'armée de l'air de faire n'importe quoi. "Nous conservons notre éthique militaire : nos frappes sont ciblées pour réduire au maximum les risques de dégâts collatéraux, a affirmé le CEMA. C'est d'abord une question d'éthique, mais aussi d'efficacité. Car le doute n'est pas tolérable en la matière". Dans ce cadre, "le bombardement intensif et par surprise d'un centre d'entraînement satisfait ces conditions".

Pas question d'une intervention au sol des Occidentaux

Le général Pierre de Villiers défend "ardemment la stratégie basée sur un bombardement aérien par la coalition, relayé par une action au sol menée par les troupes locales". Tout en admettant que "les bombardements ne suffisent pas à gagner une guerre", il se dit également "certain qu'une action au sol des troupes alliées occidentales serait une très mauvaise idée". Car selon lui, "Daech espère nous entraîner sur cette voie pour frapper les opinions publiques en tuant nos troupes au sol".

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Pour le CEMA, la solution passe par l'aide et la formation "de forces modérées" en Irak et en Syrie "luttant contre les fanatiques". Mais, a-t-il averti, "on ne forme pas des soldats comme ça, surtout face à Daech", qui dispose de "gens complètement fanatisés, capables d'actes d'une barbarie inconcevable et qui cherchent à inspirer la peur". Et de rappeler qu' "il ne peut s'agir que d'une opération de longue haleine. Il faut presque 15 ans pour sortir de ce type de conflit. C'est une durée qu'il est difficile de rendre acceptable dans la société de l'instantané qui est la nôtre". Il ne voit donc "pas de solution militaire à court terme".

"Les frappes sont indispensables et efficientes, mais la solution, au final, ne peut être que diplomatique et politique. Et je me réjouis de l'évolution de la situation en Syrie qui voit l'émergence d'une opposition coalisée. La situation reste complexe. Quoi qu'il en soit, la situation est grave. Il faut trouver des solutions politiques et diplomatiques et donner à l'architecture de sécurité locale le temps de se mettre en place, un temps nécessairement long", a-t-il expliqué.

En Irak, l'action diplomatique et politique a permis de rassembler tous les acteurs autour de la table, selon le CEMA. "Ça se fait plus ou moins bien" car "un nombre croissant de milices sunnites se joignent aux chiites pour combattre aux côtés de l'armée irakienne. Mais ce n'est pas très facile".

La France est-elle en guerre?

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Interrogé par le président de la commission, Jean-Pierre Raffarin, pour savoir si la France était en guerre ("Faut-il employer le mot guerre?"), voici la réponse du général Pierre de Villiers :

"Je réfléchis beaucoup à ces questions. La sémantique est importante. Nous avons en face de nous des gens qui s'identifient comme des adversaires, comme nos ennemis. En ce sens, nous pouvons parler de « guerre ». Toutefois, nous demandons aux Français de faire comme s'il n'y avait pas de guerre pour ne pas céder à la panique, pour résister. Il me semble juste de dire que nos adversaires - l'islamisme radical - pratiquent des actes de guerre et que nous, nous sommes dans une lutte contre des terroristes. Toutefois, dans mon quotidien de militaire, dans le cadre de nos opérations extérieures, nous sommes en guerre. On parle de Daech, mais nous affrontons d'autres groupes de fanatiques islamistes pratiquant des actes de guerre et des actes terroristes : Mujao, Ansar Dine, Al-Morabitoune, le front de libération du Macina..."

Michel Cabirol

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